Communiqué

Le travail aliène et tue, émancipons-nous et construisons l’anarchie !

publié le : 01-05-2024 par Secrétariat aux relations extérieures

LIEN PERMANENT : https://federation-anarchiste.org/?g=Lien_Permanent&b=1_247

Pour le 1er mai 2024, la Fédération Anarchiste réaffirme sa solidarité et sont engagement au sein du mouvement social. Formons des cortèges libertaires, multiplions les initiatives solidaires, organisons l’action, faisons vivre partout l’autogestion !


Nous ne nous leurrons pas sur l’importance réelle du moment. Mais nous pensons que nous devons être là, aujourd’hui pour ne pas laisser cette date aux réformistes en tout genre car le 1er mai est profondément anarchiste :


Au 19ème siècle, la révolution industrielle et le développement du capitalisme ont fait naître la classe ouvrière qui n’a cessé de lutter pour conquérir des droits et garantir sa dignité. En 1886 aux États-Unis, les syndicats ouvriers appellent à défiler pour revendiquer la journée de travail de 8h. Le 1er mai 1886, 340 000 travailleurs.euses défilent à travers le pays. La police, à la botte d’une élite capitaliste, mafieuse et corrompue, disperse violemment les manifestant.e.s faisant deux morts et de nombreux.ses blessé.e.s.


Les murs se recouvrent alors d’appels à la révolte. Le 4 mai, le mouvement se poursuit sur la place Haymarket à Chicago, foyer de la contestation anarchiste. A la fin de la manifestation, une bombe explose au milieu des flics et tue des agents.


 A tort et pour l’exemple, plusieurs dizaines de militant.e.s anarchistes sont arrêtés et huit d’entre eux sont condamnés à mort. Il sera confirmé plus tard que le chef de la police de Chicago avait tout organisé et même sans doute commandité l’attentat à la bombe du 4 mai pour justifier la répression, le massacre et pour tenter d’étouffer le mouvement.


Cet évènement tragique provoquera la colère des exploité.e.s du monde entier. Le 1er mai devient alors la Journée internationale de lutte des travailleurs et des travailleuses, des classes populaires, de celles et ceux qui galèrent.

Il est plus que temps que la peur et le défaitisme changent de camp !


Aujourd’hui, nous le savons, c’est tout un système qu’il faut abattre, car tant que le capitalisme fera sa loi, aidé par les États et leurs flics qui les protègent, nous sommes condamné.e.s à lutter pour conserver les miettes. Il est impératif de mettre en place un rapport de force plus large et plus puissant, par tous les types d’actions que nous pensons nécessaire.


Face au mépris et à la violence des grands patrons, face aux attaques étatiques anti-sociale et raciste, il nous faut nous réapproprier nos existences. Cela implique de nous auto-organiser localement pour faire vivre, ici et maintenant, des alternatives concrètes, telles que les coopératives alimentaires et cantines autogérées, les lieux d’accueil, les caisses de solidarité internationale et bien d’autres initiatives encore, à consolider ou construire avec celles et ceux qui luttent contre l’oppression.


Les luttes locales et ces alternatives répondent à des besoins immédiats. Elles sont au plus près de la réalité quotidienne vécue, permettent de sortir du marasme et ainsi d’entrevoir le monde futur.


Alors assez de leur « valeur travail », le 1er mai n’est pas une journée à la gloire du travail comme l’a instauré le régime de Vichy en 1941 ! Le 1er mai reste le symbole de la libération sociale par la voie de l’action directe, comme peut l’être la grève générale, expropriatrice et autogestionnaire.


Nous voulons créer une société libre sans classe ni frontières, où chaque personne peut se définir et circuler comme elle le souhaite sans contrôle ni discrimination.

Alors rendez-vous le 1er Mai dans la rue, les lieux de luttes, les initiatives… !



Que vive le 1er Mai et que vive l’anarchisme !




La Fédération Anarchiste

International

URGENCE IRAN : « NOUS VIVONS DANS UN LIEU HORRIBLE ». Communiqué de SOUTIEN À TOOMAJ SALEHI

publié le : 25-04-2024 par Secrétariat aux relations internationales

LIEN PERMANENT : https://federation-anarchiste.org/?g=Lien_Permanent&b=1_246

« Nous nous lèverons jusqu’en haut de la pyramide ».
« Ici, les gens sont seulement vivants. Ils n’ont pas de vie ».
(Textes de Toomaj Salehi, 33 ans, rappeur, condamné à mort en Iran en avril 2024)

Déjà arrêté et condamné à six mois de prison pour « diffusion de propagande contre l’État » en septembre 2021 en raison de ses textes contre le régime théocratique islamiste, puis arrêté en octobre 2022 pour « incitation à la sédition » lors de la révolte « Femme, vie, liberté », Toomaj Salehi est finalement condamné à six ans et trois mois de prison en juillet 2023 avec interdiction de pratiquer la musique. L’artiste est à nouveau arrêté peu après sa sortie de prison en novembre 2023 et vient d’être condamné à mort le 24 avril 2024 pour « corruption sur Terre ». Il avait déclaré, comme Bakounine :

« Je pensais que la situation la plus triste pour une personne était d’être seule sous la torture, maintenant je comprends qu’être seul à être libéré tandis que les autres sont toujours en prison, est encore plus amer ».


En novembre dernier, Toomaj avait pu rencontrer la militante contre le port du voile obligatoire, Sepideh Rashnu, qui doit purger une peine de quatre ans de prison. Puis, à la prison d’Evin (Téhéran), en janvier de cette année, il s’était joint à la grève de la faim de Narges Mohammadi, militante pour les droits humains, prix Nobel de la paix 2023, condamnée pour avoir dénoncé la dictature religieuse et ses oppressions à l’encontre des femmes.


Le 24 avril au soir, une banderole représentant Toomaj Salehi a été suspendue d’un pont de l’autoroute Modares - Téhéran pour protester contre le verdict.


L’art peut être un vecteur formidable d’expression et de résistance face à la répression, le pouvoir essaye vainement de faire taire Toomaj en le condamnant à mort, ses chansons continueront à vivre et à rassembler !  


Contre les exécutions, toujours plus nombreuses en Iran, pour la libération de Toomaj et de toutes les personnes qui payent de leur liberté et de leur vie, leur militantisme pour la vie et la liberté de toutes et tous,

 


DIFFUSONS L’APPEL A SOLIDARITE DE LA FEDERATION ANARCHISTE.

MOBILISONS-NOUS PARTOUT CONTRE L’EXECUTION DE TOOMAJ SALEHI !

 

Relations Internationales de la Fédération anarchiste

International

Communiqué des relations internationales de la Fédération Anarchiste

publié le : 08-04-2024 par Secrétariat aux relations internationales

LIEN PERMANENT : https://federation-anarchiste.org/?g=Lien_Permanent&b=1_245

APPEL DE LA FA À RASSEMBLEMENT
SOLIDARITÉ AVEC NOS COMPAGNES ET COMPAGNONS DE ROME
CONTRE LEUR EXPULSION PROGRAMMÉE PAR LE POUVOIR NÉO-FASCISTE



Le groupe Carlo Cafiero de la Fédération Anarchiste Italienne FAI à Rome appelle à un rassemblement le 17 avril dès 7h00 du matin au Spazio Anarchico 19 Luglio (Via Rocco da Cesinale 16) pour résister à leur expulsion ce jour de leur local par les forces du désordre.

RÉSISTONS À UNE EXPULSION PROGRAMMÉE PAR LE PARTI NEO-FASCISTE ITALIEN AU POUVOIR.

RÉSISTONS À UNE EXPULSION HISTORIQUE LOURDE DE CONSÉQUENCES POUR L’ANARCHISME.

Cette expulsion signifierait la disparition du point de ralliement des anarchistes du monde entier dans la première ville d’Italie, comme si nous perdions Publico !

En 2025, le Groupe Carlo Cafiero FAI Rome créé en août 1945, après la libération du nazi-fascisme, le 25 avril 1945, célèbrera bien tristement son 80 anniversaire.
Le groupe occupe cet espace anarchiste ouvert, le Spazio Anarchico 19 Luglio depuis 2011, afin de pouvoir réaliser un projet de bibliothèque populaire et d’archives anarchistes. Cet espace de plain-pied occupe l’angle d’une rue et comprend une belle terrasse-trottoir sur la rue, il accueille des réunions, des conférences-débats, présentations de livres, projections de films, initiatives théâtrales, musicales, projets de solidarité locaux et internationaux, ateliers de pédagogie libertaire, ateliers d’art, expositions, marchés de troc du quartier, etc.  
En 2016, une amnistie a été proposée aux très nombreux squatters des logements ATER en échange d’une régularisation. Mais, en juillet 2023, le commissaire nommé à sa direction a été démis de ses fonctions par le nouveau président de la région, Francesco Rocca, du parti Fratelli d’Italia de Giorgia Meloni. Le groupe avait fourni les documents requis et, après plusieurs réunions, rendez-vous était pris pour finaliser le contrat de location le 10 avril 2024. Mais fin mars 2024, le bureau du patrimoine a décommandé et l’expulsion a été signifiée.  

SOLIDARITÉ INTERNATIONALE AVEC LE GROUPE CARLO CAFIERO FAI ROMA !
SOLIDARITÉ PARTOUT en écrivant à  cafierofairoma@inventati.org

La Fédération Anarchiste francophone exprime son soutien au groupe Carlo Cafiero de la FAI et appelle à un rassemblement solidaire à PARIS.



RDV À LA LIBRAIRIE PUBLICO
145 RUE AMELOT - 75011 PARIS
LE 17 AVRIL 2024, 19 HEURES

Communiqué

La Librairie Publico attaquée par l’extrême droite

publié le : 09-03-2024 par Secrétariat aux relations extérieures

LIEN PERMANENT : https://federation-anarchiste.org/?g=Lien_Permanent&b=1_244

Ce vendredi 1er mars, sur les coups de 18h30, une personne a dégoupillé puis lancé un fumigène à l’intérieur de la librairie Publico à Paris en criant une phrase incompréhensible, puis a pris la fuite à vélo. Heureusement personne n’a été blessé et même si le fumigène a enfumé toute la librairie, il n’a causé aucun dégât.

Un sticker du groupuscule « Les Natifs », groupuscule parisien qui s’est monté après la dissolution de « Génération Identitaire » a été retrouvé juste après collé sur la façade, ce qui est clairement une signature.

Mais cela ne s’arrête pas là. Ce mercredi 6 mars, sur les coups de 18h, alors qu’un camarade tournant le dos à la rue pour fermer la porte de la librairie, un projectile jeté à quelques mètres de lui qui s’est brisé sur le trottoir. Heureusement il n’a pas été touché, mais cela nous fait penser que cet incident est lié au précédent.

Ces attaques revendiquées par ce groupuscule identitaire parisien ne doivent pas nous duper. Ces évènements arrivent alors que les discours d’extrême-droite en France sont décomplexés et plus que présents dans le débat public. Les chaînes de télé comme Cnews, BFM, C8… déversent discours racistes, propagandes antisociales et réactionnaires à longueur de journée.

Le RN, ennemi des travailleurs.euses et des classes populaires est complètement dédiabolisé pour être considéré comme un parti « normal » sur le spectre politique. Récemment, l’ignoble loi « immigration », le projet de réforme sur le droit du sol, ou encore l’interdiction de l’abaya à l’école, participent à légitimer et ouvrir la voie aux courants fascisants. Et tout cela s’accompagne évidemment d’un renforcement des inégalités sociales.

La Fédération Anarchiste affirme sa solidarité avec les compagnes et compagnons attaquées à la librairie Publico cette semaine mais également tient à réaffirmer sa solidarité avec toutes les personnes qui subissent les violences de l’extrême-droite et/ou des politiques racistes de l’Etat, en particulier les personnes racisées et les migrant.e.s.

La Fédération Anarchiste réaffirme sa volonté et son action de renforcer la lutte antifasciste notamment à travers ses groupes locaux et sa campagne fédérale antifasciste !

Partout où il le faudra, organisons-nous pour l’autodéfense et la lutte collective face aux politiques réactionnaires et identitaires !


Les Relations Extérieures de la Fédération Anarchiste

Communiqué

Loi Darmanin : une loi raciste, inhumaine, votée par la majorité de l’assemblée

publié le : 21-12-2023 par Secrétariat aux relations extérieures

LIEN PERMANENT : https://federation-anarchiste.org/?g=Lien_Permanent&b=1_243

L’espoir a été de courte durée. Après un premier rejet à l’assemblée, Macron a fait le choix de céder à son chien de garde et a choisi de s’allier au RN. Une fois de plus les logiques électoralistes et les tractations de bas étages entraînent le reniement de leurs soi-disant valeurs républicaines : liberté réprimée, égalité bafouée, fraternité reniée.

Avec des mesures telles que : la fin du droit du sol, les restrictions d’accès au titre de séjour « étranger malade », la remise en cause du titre de séjour « étudiant », le rétablissement du délit de séjour irrégulier, le durcissement du regroupement familial, le conditionnement des prestations sociales…, ce texte est l’un des plus racistes que la France aie adopté et passe outre les droits les plus fondamentaux.

Nous, anarchistes, observons depuis 2002 que les prétendus votes « barrage » ont fait le jeu du FN puis du RN, contribuant ainsi à sa « dédiabolisation », et lui permettant d’entrer dans le jeu parlementaire et d’y faire acter ses idées. Cette loi immonde illustre une fois encore que la démocratie parlementaire est une farce aux mains d’une élite prête à tous les compromis pour défendre le capital, y compris draguer l’électorat le plus nauséabond. Seules les solidarités concrètes et la mobilisation peuvent arrêter cette dangereuse dérive autoritaire préparant une démocrature populiste fascisante.

La Fédération Anarchiste sera présente dans la rue pour lutter contre ces lois iniques mais aussi au jour le jour pour soutenir et développer les solidarités nécessaires avec les personnes qui en subissent les conséquences.
La Fédération Anarchiste appelle à rejoindre toutes les mobilisations contre cette loi et son racisme d’état, pour la régularisation de tous.tes les sans-papiers et l’accueil inconditionnel des réfugié.e.s !


Plus que jamais, soyons solidaires et renforçons les luttes antifascistes !



La Fédération Anarchiste d’expression francophone

International

COMMUNIQUÉ IFA issu du CRIFA Athènes du 5 Novembre 2023

publié le : 22-11-2023 par Secrétariat aux relations internationales

LIEN PERMANENT : https://federation-anarchiste.org/?g=Lien_Permanent&b=1_242

Le Comité de Relations de l’Internationale des Fédérations Anarchistes s’est réuni à Athènes les 4 et 5 novembre 2023 pour discuter et partager les réflexions et les pratiques de nos Fédérations. Actuellement, nous sommes particulièrement actifs dans les activités antimilitaristes, dans une période caractérisée par l’intensification des guerres, dont les plus connues, comme les conflits de Gaza, d’Ukraine ou du Soudan, ne doivent pas faire oublier la globalité du problème.

La guerre n’est jamais une solution, mais un moyen pour le capitalisme et l’État de reproduire des formes de domination, d’exploitation, de patriarcat et d’oppression. La guerre est l’exacerbation de la violence du pouvoir et de la hiérarchie. Beaucoup de gens parlent de crimes de guerre, nous disons que la guerre est toujours un crime.

Toutes les guerres sont contre le peuple et utilisent des arguments tels que le nationalisme, en opposant les peuples opprimés les uns aux autres, en essayant de créer l’illusions des intérêts communs de toutes les classes afin de saper les conflits sociaux par la propagande de guerre.

Nous, anarchistes, nous nous opposons à tous les États, frontières, armées et au principe même de souveraineté territoriale. Nous proposons nos idées de solidarité internationale, en soutenant activement toutes les victimes des guerres et tous ceux qui refusent les guerres de tous côtés : objecteurs, déserteurs, saboteurs et personnes qui fuient les guerres.

Nous soutenons toutes les actions antimilitaristes qui sont en accord avec nos principes anarchistes, de même que les groupes, individus et collectifs qui résistent à la guerre en faisant du travail social, en aidant les gens, en promouvant les luttes sociales et en continuant à propager nos idées anti-autoritaires malgré la guerre.

En plus de diffuser internationalement ces activités antimilitaristes comme un travail de contre-information devant la propagande de guerre à travers leurs journaux, radios et médias, nos fédérations promeuvent des activités telles que les « Journées mondiales d’action contre toute guerre et tout militarisme » du 17 au 25 novembre 2023 https://de.indymedia.org/node/306630, la quinzaine antimilitariste de Publico à Paris du 5 au 26 novembre http://www.librairie-publico.info/?p=8835 et l’Assemblée antimilitariste en Italie  https://umanitanova.org/event/milano-assemblea-antimilitarista-4/, juste pour donner quelques exemples.

Pas de guerre entre les peuples, pas de paix entre les classes.

Comité de relations de l’Internationale des Fédérations Anarchistes – IFA, Athènes 5 novembre 2023

[Texte original posté le 20 novembre 2023 par IFA]
https://i-f-a.org/2023/11/20/ifa-statement-from-crifa-athens-5-nov-2023




International of Anarchist Federations
IAF-??A-IFA

International

SOLIDARITÉ AVEC LES SQUATS ANARCHISTES EN GRÈCE, DE HÉRAKLION À ATHÈNES

publié le : 21-10-2023 par Secrétariat aux relations internationales

LIEN PERMANENT : https://federation-anarchiste.org/?g=Lien_Permanent&b=1_241

Communiqué des Relations Internationales de la Fédération Anarchiste  

Le 25 août à Athènes, deux espaces occupés anarchistes était expulsés par la police : Ano-Káto-Patíssia et Zizania, place Viktoria. Ces lieux mettaient en œuvre une organisation non hiérarchique et anti-patriarcale de la vie de quartier et soutenaient activement les migrant.e.s. D’autres lieux autogérés étaient dans le collimateur du pouvoir. Le communiqué des relations internationales de la Fédération Anarchiste francophone du 1 septembre alertait : "D’autres squats anarchistes sont menacés dans le pays".

Un mois plus tard, c’est à Héraklion, sur l’île de Crète, que cette nouvelle expulsion a eu lieu, visant l’une des plus grandes occupations anarchistes en Grèce : le squat Evangelismo. L’opération de police a débuté aux premières heures du samedi 30 septembre (à la fois des motards DRASI et DIAS, des MAT, des OPKE et l’unité antiterroriste TEKAM), et s’est soldée par des arrestations d’une rare violence contre nos compagnes et compagnons.

Le bâtiment occupé depuis 2002, officiellement propriété de la Faculté de Médecine de l’Université de Crète, abandonné depuis 1985, était en ruines. Depuis 21 ans, c’est devenu un lieu de réunion et d’actions solidaires pour les groupes anarchistes et antiautoritaires, mais aussi les collectifs de contre-information. Jusqu’au 30 septembre dernier, ce squat, restauré par l’assemblée occupante autogérée de 2017 à 2023, proposait des hébergements, cuisinait des repas gratuits et organisait de nombreux événements dans la quatrième ville de Grèce.

A., un jeune étudiant anarchiste de troisième cycle, traîné par les cheveux puis frappé par les forces de police spéciales sur le toit de l’immeuble, a fait une chute de douze mètres menotté. Un autre compagnon, Yannis Stefanis, menotté face contre terre au moment de la chute de A., a reçu un coup de pied dans la tête, d’un policier de l’unité spéciale qui lui a crié : « Ferme-la, sinon toi aussi tu finiras à la morgue ». Notre compagnon A. a survécu à chute, mais il est hospitalisé depuis trois semaines, encore gravement blessé, avec des fractures aux jambes et à la colonne vertébrale, dans un hôpital d’Athènes. Onze résidents du squat ont été arrêtés et sont en attente de l’acte d’accusation, dont notre compagnon anarchiste Yannis Stefanis, membre de l’Association des chercheurs d’Héraklion. Ce dernier a reçu d’autres menaces de mort de la part de policiers dans la rue, dans les jours qui ont suivi.

La Fédération Anarchiste exprime sa solidarité avec les centres sociaux anarchistes qui œuvrent sans attendre pour la révolution sociale et libertaire, ce qu’a bien compris leur ennemi à trois visages : État, capitalisme, autoritarisme.  

Nous soutenons les manifestations qui se poursuivent à Héraklion avec l’objectif de reprendre le squat, comme ce fut le cas en 2019 à Chania, à l’ouest de la Crète, quand la mobilisation massive du mouvement social a permis de rouvrir le squat Rosa Nera, alors que les policiers de garde prenaient la fuite. Nous soutenons les autres squats anarchistes en Grèce, à commencer par ceux qui résistent encore à Exarcheia : le squat de réfugié.e.s et migrant.e.s Notara 26 (qui vient de fêter son huitième anniversaire malgré les menaces et attaques), la structure autogérée de santé du quartier (ADYE), le K*Vox tenu par le groupe anarchiste Rouvikonas depuis dix ans, sans oublier deux des plus anciens squats anarchistes d’Athènes : Antipnoia à Petralona, depuis 2007, et Lelas Karagianni 37 à Kipseli, qui tient bon depuis 1988 ! Et bien d’autres !

À l’heure où le gouvernement grec montre sa volonté d’en finir avec les squats anarchistes (et que, simultanément, des organisations fascistes de toute l’Europe se préparent à se réunir le premier novembre à Athènes), il est important de leur manifester notre soutien indéfectible.

La solidarité internationale est notre arme.

Fédération Anarchiste

International

LES ANARCHISTES CONTRE LA GUERRE

publié le : 14-10-2023 par Secrétariat aux relations internationales

LIEN PERMANENT : https://federation-anarchiste.org/?g=Lien_Permanent&b=1_240

Communiqué des Relations Internationales de la FA sur le Moyen-Orient

De nombreuses guerres sont en cours, économiques et sociales, environnementales, de religion. Toutes traversent le génocide contre les femmes, et ce plus particulièrement dans les théocraties islamiques. Cependant les seules guerres largement médiatisées et suscitant des communiqués tous azimuts dans l’heure, sont celles qui intéressent le capitalisme et ses pouvoirs, des conflits militarisés qui mettent en jeu les nationalismes et les découpages de frontières, et donc le contrôle de richesses exploitables, les intérêts de la finance, les ventes d’armes et de logistique, les enjeux industriels de la reconstruction, etc., bref les guerres menées par les États, leurs armées et leurs milices.  

La guerre au Moyen-Orient oppose l’impérialisme et le colonialisme d’un gouvernement d’extrême-droite qui défend l’État d’Israël, à la dictature d’un mouvement armé, à Gaza, le Hamas, qui aspire à créer un État islamiste, une théocratie dont les Palestien.ne.s seront les premières victimes.

La Fédération Anarchiste, anticapitaliste, antiétatique, antinationaliste, antimilitariste, antisexiste, antiraciste, anticléricale, dit non à la guerre. Les anarchistes sont du côté des victimes civiles, des prisonnier.e.s d’opinion, en Israël ou ailleurs, qui refusent de servir dans l’armée, des femmes et des hommes réservistes israéliens qui refusent la guerre, des femmes et des hommes qui à Gaza subissent la double peine (le Hamas et le gouvernement Netanyahou), des athées des deux côtés du mur.

La Fédération Anarchiste francophone rend hommage aux compagnes et compagnons d’Israël, "Anarchistes contre le mur", qui seraient, selon les premiers témoignages, au nombre des victimes de l’attaque sanglante du Hamas, le 7 octobre dernier, contre un festival pacifique de musique à l’air libre "de l’autre côté".

La Fédération Anarchiste soutient les groupes israéliens résistants à la guerre (organisation de manifestations contre la guerre, équipes civiles d’intervention directe de désescalade, etc.).
La Fédération Anarchiste est pour une résistance palestinienne libertaire non inféodée comme aujourd’hui à un mouvement politique unique et à un diktat religieux.

Plus que jamais "Ni dieu ni maître !" 

Fédération Anarchiste

Communiqué

Communiqué et positions anarchistes sur la situation en Palestine

publié le : 12-10-2023 par Secrétariat aux relations extérieures

LIEN PERMANENT : https://federation-anarchiste.org/?g=Lien_Permanent&b=1_239

La Fédération anarchiste francophone dénonce et condamne les agressions militaires qui embrasent depuis le 6 octobre le Moyen-Orient ou Asie du Sud-ouest pour être plus juste, relançant une guerre qui n’a jamais réellement cessé depuis 75 ans sur les territoires de Palestine.

La Fédération anarchiste francophone exprime sa solidarité avec les populations arabes et juives qui subissent la violence et la guerre car une fois de plus, ce sont les populations civiles, toujours aux premières loges, qui paient de leurs sangs, de leurs conditions de vie et de leurs libertés les affrontements aux logiques nationalistes, capitalistes, militaires, et religieuses.

Le Hamas, ses alliés du Djihad Islamique et du FPLP, arrivés au pouvoir en 2006 par les urnes en profitant de la corruption et du discrédit du Fatah de Yasser Arafat et de la déliquescence de l’OLP, tirent profit de la colère, de la frustration de la majorité palestinienne en transformant ainsi le combat contre l’oppression colonialiste en combat religieux, le Jihad, avec ses dérives antisémites. Dans le même temps, la colonisation et les violences contre les palestinien.ne.s ont atteint cette année un niveau jamais atteint depuis plus de 10 ans multipliant vols de terres, destructions de maisons, expulsions, emprisonnements, meurtres et intensifiant sa politique de suprématisme ethnique.

Les gouvernements israéliens ont toujours cherché ce conflit religieux, et ont donc favorisé la montée d’un courant islamiste intégriste, cherchant ainsi à légitimer aux yeux des pays occidentaux leur politique de colonisation, de domination, et de ségrégation ethnique. L’arrivée de l’extrême-droite au pouvoir empêtrée dans des affaires de corruption a exacerbé l’autoritarisme et la politique antisociale du gouvernement mobilisant la jeunesse et les travailleurs.euses dans des manifestations massives comme en mai 2023.

Le Hamas qui n’a plus organisé d’élections depuis 17 ans voit son pouvoir et sa légitimité contestés par des mobilisations populaires massives et régulières qu’il réprime férocement comme la dernière en date du 30 juillet 2023 quand des dizaines de milliers de gazaouis ont manifesté au slogan de « nous voulons vivre » pour réclamer de meilleures conditions de vie, le retour des libertés publiques et de nouvelles élections pluralistes. Les Palestinien.ne.s ne sont pas dupes et savent bien que le programme réactionnaire et antisémite du Hamas n’est en rien une solution mais que la résistance et les révoltes des populations contre le colonialisme et le sionisme sont légitimes.

Sur le plan international, le rapprochement et la reconnaissance de l’État israélien par de nombreux États arabes, l’Égypte d’abord puis après les accords d’Abraham de 2020 par les Émirats-Arabes-Unis, le Bahreïn, le Soudan et le Maroc se poursuivent avec l’influent Qatar et l’Arabie-Saoudite, gardienne des lieux saints et ennemie farouche des Frères musulmans dont le Hamas est une ramification. La coopération diplomatique, économique et sécuritaire d’Israël avec les pays sunnites constituerait un arc anti-chiite contre la menace iranienne et marginaliserait la centralité de la question palestinienne dans la géopolitique de la région.

Le Hamas pense pérenniser son pouvoir et sa domination sur la société palestinienne. L’extrême-droite israélienne au pouvoir, obéit à la même logique et veut éliminer la contestation sociale en décrétant l’état de guerre et l’union nationale. Depuis plusieurs jours la bande de Gaza subie un siège et le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a affirmé vouloir tués et faire le plus de dégâts possible, évidemment sans se soucier des deux millions de palestinien.ne.s à Gaza.

En tant qu’anarchistes nous savons que les États séparent les peuples par l’établissement de frontières. Tout comme la création de l’État d’Israël n’a rien réglé pour cette région, et pour les juifs exilés, eux aussi à une autre époque dans une situation désespérante. La création d’un véritable État palestinien ne peut nous satisfaire car où est l’émancipation sociale là-dedans ? La haine entre des peuples, réfugiés derrière d’éventuels barbelés dans leurs États respectifs, se cristalliserait sur des communautés nationales, concept diffus, trompeur et interclassiste.

Les anarchistes proposent le fédéralisme libertaire, fondamentalement égalitaire et adapté à cette région constitué de mosaïques de peuples, préconisant la libre association et l’égalité économique et sociale. La répartition des richesses ainsi que l’autogestion généralisée sont des étapes incontournables dans cette région comme ailleurs, où il existe des pauvres et des riches, des États qui convoitent l’accès à la mer, à l’eau, aux terres fertiles, et au pétrole.

Une alternative peut voir le jour si les peuples israéliens et palestiniens s’unissent pour mettre fin au colonialisme, et contre leurs ennemis communs, les pouvoirs politique, économique, religieux et militaire, pour construire ensemble les bases d’une société assurant la paix et l’harmonie.

L’existence de collectifs d’individus palestinien.ne.s et israélien.ne.s soutenant les luttes des femmes et minorités, des déserteurs et des opposant.e.s aux militarismes et aux intégrismes religieux prouve encore une fois que ce qui nous unit, l’entraide et la solidarité, est plus fort que ce qui nous divise.
La Fédération anarchiste francophone appelle toutes les forces du mouvement social comme tous les individus épris de justice, de paix, et de liberté à protester par tous les moyens possibles et montrer notre solidarité internationale, pour que cesse au plus vite cette situation désastreuse et ce massacre !


Pour l’auto-détermination des peuples ! A bas toutes les frontières et les armées ! A bas les religions et les États ! A Bas le colonialisme !


La fédération anarchiste d’expression francophone,

Communiqué

Rencontres anti-autoritaires de Saint-Imier 2023 : remettre les pendules à l’heure

publié le : 25-09-2023 par Secrétariat aux relations extérieures

LIEN PERMANENT : https://federation-anarchiste.org/?g=Lien_Permanent&b=1_238


Les Rencontres Internationales Anti-autoritaires se sont déroulées à Saint Imier du 19 au 23 juillet dernier. Ces rencontres ont rassemblé près de 6000 personnes venues de tous les coins d’Europe et bien au-delà. La Fédération anarchiste s’est fortement mobilisée dans l’organisation de ces journées, par l’implication de nombreuses personnes fédérées dans l’organisation générale, et par un important soutien financier. Divers incidents sont survenus aux cours de ces journées. Ce texte reviendra uniquement sur ceux qui se sont déroulés autour de la table de presse tenue par le groupe Kropotkine, pour la Fédération anarchiste, et qui ont retenu l’attention et suscité de nombreux commentaires. Il convient d’en faire le récit. La relation des faits qui suit a été établie à partir des témoignages des membres de la Fédération anarchiste présent.e.s sur le stand, membres de l’organisation des RIAA.

Enfin, avant d’entrer dans le vif du sujet, signalons que d’autres textes concernant les événements survenus à Saint Imier ont déjà été publiés sur le net. Certains sont remarquables par la mauvaise foi dont ils témoignent, inversant la culpabilité des agressions, livrant un argumentaire a posteriori sur les deux livres incriminés et justifiant des méthodes autoritaires (autodafés, censure et agressions physiques et verbales).


Vendredi 21 juillet 2023.

Le vendredi 21 juillet, en fin de matinée, une personne est venue dire à la table de presse du groupe Kropotkine, seul stand de la Fédération anarchiste présent au salon du livre des RIAA 2023, que le livre de René Berthier Un voile sur la cause des femmes, publié aux Éditions du Monde Libertaire (2009), la dérangeait et qu’elle exigeait son retrait. Le principal argument évoqué était que l’auteur était un « homme blanc cisgenre » et qu’il n’était pas légitime pour écrire sur un tel sujet. Son interlocuteur, un des compagnons de la Fédération anarchiste tenant la table de presse, a proposé de faire de la place et de mettre à côté de l’ouvrage de R. Berthier un autre livre sur le sujet que la personne mécontente considérait comme acceptable, quand d’un coup, la personne a pris les exemplaires du livre et est partie en courant. Un camarade l’a rattrapée et n’a pu récupérer qu’un seul exemplaire déchiré. À partir de ce moment, il n’y avait donc plus d’exemplaire de l’ouvrage de R. Berthier sur la table de presse.

En début d’après-midi, plusieurs personnes sont venues inspecter, de façon systématique et policière, la table de presse en s’arrêtant et en posant des questions sur un second livre, L’impasse islamique d’Hamid Zanaz publié aux Éditions libertaires (2009). Cela a débouché sur une deuxième attaque de quelques personnes argumentant qu’il était inacceptable d’avoir sur la table de presse de la Fédération anarchiste un livre préfacé par Michel Onfray, personnage devenu complètement en phase avec les idées d’extrême droite. Bien que plusieurs membres de la Fédération anarchiste aient poursuivi le dialogue (...de sourds!), en rappelant notamment que le préfacier en question était, à l’époque de la parution de l’ouvrage (2009), plutôt proche des idées libertaires, (il est vrai qu’une note de contexte aurait pu être apposée sur l’ouvrage pour les lecteurs non avertis), mais les représentants de la “police de la conscience” ne voulaient rien entendre.

Un peu plus tard, alors que les discussions tendues sur le choix des livres continuaient, plusieurs personnes, dont certaines cagoulées, sont arrivées précipitamment, sans chercher le dialogue, ont renversé une partie de la table de presse, ont souillé quelques ouvrages en jetant du café dessus et en ont volé d’autres. Une vingtaine de membres de la Fédération anarchiste, venus en renfort pour protéger la table de presse, ont décidé de ramasser le plus calmement possible la centaine d’ouvrages qui jonchaient le sol. Ils et elles ont été aidés par de nombreux.ses sympathisant.e.s, simples visiteurs ou militant.e.s d’autres stands du salon. Au cours de ce ramassage d’urgence, une des agresseuses qui trônait au milieu du tumulte a crié à l’agression sexuelle après qu’un compagnon de la Fédération anarchiste l’ait soi-disant touchée en se baissant pour récupérer les livres à terre. Cela a provoqué une série de slogans scandés haut et fort par une dizaine de personnes qui désignaient les membres de la Fédération anarchiste comme étant des masculinistes qui agressaient les femmes.

Quand nous nous sommes adressés à l’organisation du Salon du livre, espérant un véritable arbitrage et un désamorçage des tensions, il nous a été répondu que les ouvrages en question dérogeaient à la charte du Salon du livre et que le mieux était de les retirer de la table de presse. Aucun membre de la Fédération anarchiste n’avait pu prendre connaissance de cette charte, et l’organisation était incapables de la fournir. En fin de journée, un compagnon de notre organisation a retrouvé dans un pré ce qui restait des exemplaires volés et brûlés de L’impasse islamique.


Samedi 22 juillet.

Le lendemain, nous avons exposé, sur notre table de presse, les restes d’un ouvrage aux deux tiers calciné (le bruit commençait à courir qu’aucun livre n’avait été brûlé), accompagné d’un texte résumant les évènements de la veille, tels que nous les avions vécus. En fin de matinée, nous n’avions plus aucun exemplaire de L’impasse islamique. Tous avaient été détruits, volés ou vendus. A partir de ce moment là donc, il est important de préciser que les deux livres incriminés ne sont plus présents sur la table de presse. Par ailleurs au cours des différents échanges entre les membres de la FA et leur agresseurs.euses, à la question "avez vous lu le ou les livres?", il a toujours été répondu "Non". A la question souhaitez vous les lire, même réponse. Aucun argument n’a jamais été présenté. Il fallait obtempérer à l’injonction. Les livres devaient être retiré.

Lors d’un échange assez confus, la Team care a reconnu qu’il n’y avait pas de charte du Salon du livre, mais qu’ ils se référaient à leur propre charte et allaient vérifier si ces livres n’y dérogeaient pas. L’argument retenu par la Team care était le caractère raciste des deux ouvrages sans qu’elle soit en mesure de préciser en quoi ils l’étaient. La Team care a alors proposé de repasser pour communiquer sa position sur ce qui s’était passé la veille, et pour indiquer quels passages des livres contrevenaient à la charte, ce qu’ils n’ont jamais fait en deux jours. Suite à notre demande de protection des tables de presse par l’organisation des RIAA, la Team care a reconnu qu’ils et elles n’en avaient pas les moyens.

Vers 19h deux personnes sont venues à la table de presse. Très agitées et mécontentes du petit texte accompagnant le livre brûlé, elles ont commencé à nous invectiver. Un des membres de la Fédération anarchiste présent à la table a aussitôt prévenu la Team care pour éviter que la situation ne dégénère : il nous a été répondu qu’il fallait ouvrir le dialogue… bien que cela fît plus de 24h qu’il l’était ! D’autres personnes sont arrivées et se sont attroupées devant la table de presse en se remettant à crier, à invectiver. Des compagnes et compagnons se sont alignés devant la table de presse pour éviter qu’elle soit à nouveau renversée, d’autres ont essayé à nouveau de dialoguer. Une camarade de la Fédération anarchiste avait même réussit à apaiser les tensions et trouvé un moment de discussion commune sur les livres le lendemain matin à 11h. Simultanément d’autres personnes se sont rapprochées de notre table par solidarité ou par curiosité. Très vite une trentaine de personnes étaient attroupées devant la table et la Team care était débordée. Alors que le niveau sonore était de nouveau en hausse constante, une assiette en fer a été lancée violemment par un des agresseurs dans la figure d’un membre de la Fédération anarchiste qui s’est mis à saigner abondamment du nez. Des compagnons et compagnes, alignés devant la table de presse pour la protéger, ont été brutalement bousculés par un individu qui voulait s’emparer des restes du livre calciné.

Un membre de la Fédération anarchiste a pris un bâton, toujours présent sous la table de presse du groupe Kropotkine pour se protéger des groupuscules d’extrême-droite, nombreux en région picarde. Rappelons qu’il y avait eu des menaces de la part de l’extrême droite contre les RIA de Saint Imier en 2012. À aucun moment ce bâton n’a été brandi. Un agresseur s’en est saisi et plusieurs compagnon.e.s de la Fédération anarchiste l’ont immobilisé pour le reprendre.

La personne, après avoir été raccompagnée en dehors de l’attroupement par la Team care, est revenue très agressive. Elle a à nouveau été repoussée hors de l’attroupement par des compagnon.e.s de la Fédération anarchiste. Des insultes ont fusé et enfin, la tension est doucement retombée jusqu’à la fermeture du Salon du livre.

Vers 22h30, des compagnon.e.s de la Fédération anarchiste ont été contactés par la Team Care qui, en accord avec l’organisation du Salon du livre, a demandé à la FA de quitter le Salon du livre, sans quoi il serait fermé le lendemain pour son dernier jour. La réponse devait être immédiate. Nous avons appris plus tard que cette décision avait été prise sans en avertir les autres personnes de l’organisation générale des RIAA, constituée entre autres de plusieurs compagnons de la Fédération anarchiste. Il s’agissait donc d’une prise de pouvoir, pour expulser du Salon du livre une organisation qui participait activement aux rencontres (Trash team, organisation des concerts, gestion des bénévoles, communication, etc.), et faisait partie des principaux financeurs de ces rencontres.

La Fédération anarchiste refusant de répondre à un ultimatum dans ces conditions, ses membres ont décidé d’attendre la réunion du lendemain matin au Salon du livre qui devait rassembler tous les membres de la Fédération anarchiste présent.e.s aux RIAA afin de décider collectivement de la marche à suivre.

Dimanche 23 juillet.

 La Fédération anarchiste a décidé de maintenir sa table de presse et de ne pas céder aux menaces des agresseuses et agresseurs, ni au chantage de la Team Care et de l’organisation du Salon du livre (à distinguer de l’organisation générale des RIAA, non consultée).

Vers 10h, les portes de la patinoire où se tenait le Salon du livre n’étaient toujours pas ouvertes au public. Une assemblée générale, qui rassemblait tous les stands du Salon, la Team care et l’organisation du Salon du livre, a décidé qu’en tant qu’anarchistes, les exposants autogèreraient la situation, puisque l’organisation du Salon du livre et la Team care ne pouvaient en assurer la sécurité. Le Salon du livre a donc pu ouvrir, avec l’ensemble des exposants ; il était recommandé d’être vigilant et de s’entraider en cas de nouvelle agression. À la fin de la réunion, un membre de l’organisation générale des RIAA est venu pour redire que cette situation était le résultat du refus du groupe Kropotkine d’enlever les deux livres. Il a de plus prévenu l’AG des exposants qu’un millier de personnes était en train de se préparer dehors pour sortir la Fédération anarchiste du Salon du livre. Il s’agissait d’un mensonge, la ficelle était tellement grosse que la plupart des exposant.e.s n’y ont pas cru et la décision d’ouvrir le Salon a été maintenue.

Malgré quelques “perturbateurs” déjà repérés les jours précédents aux alentours de notre table de presse, il n’y a eu aucun incident le dernier jour. La forte présence des militant.e.s de la Fédération anarchiste, ainsi que celle de quelques sympathisant.e.s devant et derrière notre table de presse était sans doute dissuasive. À 16h, nous avons pu remettre en caisse les livres et recharger le camion sans encombre. Environ une heure plus tard, nous avons été prévenus que les participant.e.s d’un atelier sur le thème du racisme, qui s’était tenu à la ZAF, avaient décidé d’organiser une manif antiraciste pour « virer les racistes de la FA » et pour attaquer certaines personnes de l’organisation. Tous les membres de la Fédération anarchiste ont alors été prévenus. Un certain nombre ont anticipé leur départ, lequel était de toute façon imminent, d’autres se sont réunis dans des lieux plus sûrs que le Salon du livre.

En quittant Saint-Imier par la route principale, certain.e.s membres de la Fédération anarchiste ont effectivement croisé une soixantaine de personnes, qui marchaient d’un bon pas en direction du centre-ville, avec une pancarte « Le racisme tue ».

Une question reste - heureusement - en suspens : après ces autodafés, ces insultes et ces heurts violents, que se serait-il passé si, le dernier jour, cette troupe avait réussi à coincer un ou une ou plusieurs militant.e.s de la Fédération anarchiste avant leur départ anticipé ? Un lynchage ?

D’autres problèmes plus ou moins graves ont émaillé ces Rencontres internationales dites anti-autoritaires (qui étaient devenu plus un festival que des rencontres anarchistes). Ils ne sont pas relatés ici, mais leur dynamique était la même. Celle-ci est le reflet d’une volonté d’imposer, par la force si nécessaire, certains points de vue, tentative de prise de pouvoir à laquelle s’est aggloméré un manque de réflexion et de boussole politique de plusieurs participant.e.s.

Compte tenu des invectives adressés aux membres de la Fédération anarchistes lors des Rencontres internationales anti-autoritaires de Saint-Imier, il apparaît très clairement que les deux livres incriminés, qui n’étaient pas du tout mis en avant, ont servi de prétexte pour mener un ensemble d’attaques contre la Fédération anarchiste avec la complicité a minima passive de plusieurs personnes organisatrices des Rencontres internationales anti-autoritaires. L’objectif était d’exclure du Salon du livre la Fédération anarchiste.

En tant qu’organisation anarchiste, la Fédération anarchiste a pour principe politique essentiel la recherche du consensus. Si ses militants et ses militantes partagent des idées et des pratiques qui constituent un ensemble cohérent, l’anarchisme, ils et elles ne sont pas toujours unanimes sur certains sujets. Ainsi, le débat a toute sa place à la Fédération anarchiste, qui est une organisation politique vivante et qui ne tombe pas dans des stigmatisations ou raccourcis qui ne sont pas les siens.

Pour conclure nous renvoyons vers notre motion « Ni religion ni racisme ni xénophobie » adoptée au 67ème Congrès de la Fédération Anarchiste réuni à Rennes les 22, 23 et 24 mai 2010, trouvable ici : https://www.federation-anarchiste.org/?g=FA_motions


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