Contre les lois répressives, liberticides et autoritaires, organisons-nous et luttons !

20-10-2017

Après seulement deux mois entre l’écriture, la présentation et les « négociations » entre député-e-s et sénateurs/trices, la loi « anti-terroriste » a été adoptée définitivement ce mercredi 18 octobre par le Sénat suite à son adoption par l’Assemblée nationale le 11, pour une entrée en vigueur le 1er novembre et la fin du régime d’exception de l’état d’urgence. Concrètement, les mesures liberticides et autoritaires contenues dans ce dernier passent dans le droit commun. On n’aura jamais vu un gouvernement aller aussi vite pour faire voter une loi attentant autant aux libertés individuelles : perquisitions administratives, assignations à domicile, agrandissement des zones frontalières pour augmenter les contrôles sans l’approbation d’un juge, instauration d’un périmètre de protection, écoutes des communications hertziennes (en plus des numériques), mises sous surveillance facilitée, mise en place du fichier des passagers aériens. On notera que la plupart de ces mesures seront prises sous l’autorité des préfets ou du ministre de l’intérieur, tous nommés par l’État, et non plus sous la tutelle des juges.


Après 2 ans sous le régime d’exception de l’état d’urgence et un bilan plus que mitigé, le gouvernement utilise encore et toujours la peur pour entraver les libertés des personnes. Ainsi, alors que ces mesures n’ont nullement empêché de nouveaux actes terroristes, elles ont, à l’inverse, permis à l’ État d’accentuer sa répression, et de fait, son autoritarisme, contre les mouvements contestataires (anti-cop21, contre la loi El Kohmri, contre la loi travail 2...).


L’État, ayant, par ailleurs, bien retenu la leçon des précédentes tentatives de lois répressives, a instauré une « clause d’autodestruction » de sa nouvelle loi « anti-terroriste » (date de fin prévue le 3 décembre 2020, si le gouvernement ne trouve plus les mesures « nécessaires »). En vertu de cette même clause, ces mesures prennent un caractère expérimental et n’ont donc plus besoin d’être présentées devant le Conseil constitutionnel. Ce dernier, rappelons-le, avait interdit certaines des mesures de la loi instituant en 2015 l’état d’urgence jugées contraire aux libertés publiques.


Ce sont donc ces mesures interdites, qui sont réintroduites dans la nouvelle loi et se retrouvent, de fait, dans le droit commun sans recours possible. On ne peut malheureusement pas douter que l’État trouvera toujours une bonne « raison » pour renouveler tout son petit arsenal autoritaire et liberticide dès l’approche de la date butoir d’autodestruction.


Dans le même temps, le gouvernement multiplie les attaques sociales (déconstruction/destruction du Code du travail facilitant les licenciements, la précarité et la suppression des CHSCT -Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail- dans le secteur privé, plafonnement des indemnités de licenciements, baisse des aides aux logements, gel des salaires des fonctionnaires, augmentation de la CSG - Contribution Sociale Généralisée - pour les retraité-e-s et les fonctionnaires ...), engendrant une grogne grandissante de la population et nombre de mouvements sociaux, et se protège par la mise en oeuvre de mesures particulièrement autoritaires et liberticides pour mater et museler toute opposition à un État exerçant sa toute puissance au service des plus riches.
Contre les lois répressives, liberticides et autoritaires, organisons-nous et luttons !

 

Fédération Anarchiste

20 octobre 2017

Nouvelle vague de répression à Bure

23-08-2017

La Fédération Anarchiste soutient les initiatives prises depuis longtemps à Bure contre l’enfouissement, dans des conditions inopérantes pour des dizaines de milliers d’années, de déchets nucléaires en « couche profonde ».

Depuis toujours, la Fédération Anarchiste dénonce la société nucléarisée, qui nécessite un système autoritaire, opaque et militarisé. Imposée aux populations par des États désirant posséder la bombe atomique, l’énergie nucléaire entraine désastres financiers et catastrophes humaines et laisse à des milliers de générations la gestion de déchets radioactifs mortifères

Le week-end du 15 août a été l’occasion d’un rassemblement militant contre la mise en place de ce puits de la mort. Assez rapidement, les affrontements sur les lieux ont éclaté, suite aux provocations des forces du désordre au service d’un État policier, trop contentes de pouvoir user de leurs armes : les lanceurs de grenades assourdissantes. Qui, nous le savons, se transforment rapidement en outils de mutilation.

Lors de ces affrontements, Robin, militant, a été blessé au pied par une de ces grenades. Blessure très grave comme il en témoigne lui-même : « Mon pied est dans un sale état, la grenade l’a creusé sur une profondeur de 3 cm et un diamètre de 13 cm. Les os sont pour la plupart brisés. Certains ont même disparus, pulvérisés. La chaussure a été explosée, le plastique a fondu et s’est engouffré dans la plaie, si bien qu’une infection est probable, ce qui nécessiterait l’amputation des 5 orteils » (1)

La Fédération Anarchiste apporte tout son soutien à Robin dans cette épreuve, et plus largement à toutes celles et ceux qui luttent contre l’état et son monde nucléaire.

 

 

Fédération Anarchiste
23 août 2017
(1) Source : https://nantes.indymedia.org/articles/38357

Charlottesville, l’extrême droite tue … une fois de plus

14-08-2017

Une fois de plus, l’extrême droite nous montre son vrai visage de haine.

Samedi 12 août 2017 à Charlottesville, aux États-Unis, une voiture conduite par un participant à la « marche des suprémacistes blancs » a foncé sur la manifestation anti-raciste, tuant Heather Heyer, 32 ans, et blessant 34 personnes.

La veille au soir, déjà, lors d’une marche au flambeau rassemblant au cours de laquelle s’étaient rassemblés des groupuscules néonazis, identitaires, suprématistes blancs sur le campus de la ville,ils avaient ouvert les hostilités en attaquant étudiant-e-s et habitant-e-s de la ville qui s’opposaient à ce rassemblement.

Le 12 au matin, plusieurs centaines d’extrémistes de droite se sont rassemblés pour protester contre le déboulonnement prévu d’une statue glorifiant un général esclavagiste sudiste. Certains d’entre eux, pour l’occasion, étaient habillés en tenue paramilitaire, armes semi-automatiques en bandoulière, d’autres étaient armés de boucliers et matraques en tout genre. Des affrontements ont éclaté un peu partout autour du lieu du rassemblement avant même son commencement entre extrémistes de droite et militant-e-s anti-racistes. Suite à cela, ce même rassemblement fut enfin interdit et évacué. C’est peu de temps après l’annonce de l’annulation que l’extrémiste de droite a décidé de foncer délibérément sur la foule anti-raciste.

Aux USA, comme en France, les groupuscules d’extrême droite décomplexés se sentent tout-puissants grâce notamment aux victoires électorales, n’hésitant plus à attaquer et tuer des militants anti-racistes.

Rappelons que Trump a été élu grâce à cette Amérique blanche raciste des États du Sud. On peut noter qu’à l’annonce de l’assassinat la première allocution de Trump visait à condamner la violence qu’il y avait eu de part et d’autre, sans faire mention de l’assassinat et tentative de meurtre volontaire sur les manifestants anti-racistes, comme si la défense des libertés était du même ressort que son attaque.

Ce n’est que deux jours plus tard et sous la pression populaire et internationale, que Trump décide à contre- cœur de condamner cet acte et de sembler reconnaître que « le racisme, c’est mal ». Mais encore deux jours plus tard, le 15 aout, Trump ré-affirme sa première vision des choses, rejetant dos à dos les nervis d’extrême droite et les anti-racistes, joutant même qu’un des deux camps (celui des fachos) était venu manifester pacifiquement. La nouvelle intervention du président des États-Unis a été aussitôt saluée par un ancien responsable du Ku Klux Klan, David Duke, qui a vanté son "courage" pour avoir mis en cause selon lui "le terrorisme gauchiste" du mouvement Black Lives Matter né en réaction contre les violences policières subies par les Afro-Américains. On voit nettement où vont les préférences du nationaliste raciste Trump.

Le gouverneur de l’Etat (la Virginie), le démocrate Terry McAuliffe a condamné en revanche clairement et immédiatement l’attentat, déclarant les suprématistes indésirables : « Nous ne voulons pas de vous ici. « Vous n’êtes pas les bienvenus dans ce grand État. Vous êtes la honte. » Il avait déjà appelé à ne pas participer à ce rassemblement Unite The Right aux idées "abjectes". Même ce catho de droite, qui le 7 juillet dernier a refusé la grâce à William Morva malgré sa soi-disante conviction contre la peine de mort, a fait mieux que la classe politique française dans son ensemble dont on notera sans surprise le silence assourdissant s’agissant de condamner cet acte clairement raciste et attentatoire à la liberté.

La Fédération anarchiste tient a apporter tout son soutien aux victimes et aux familles de cet acte raciste, barbare et rappelle que la lutte contre tous les racismes doit continuer plus que jamais partout dans le monde.

Solidarité anti-raciste internationale !

 

 

 

Fédération Anarchiste

14-08-2017

SECOND TOUR DES ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES - Changer le monde ne passe pas par le changement des dirigeants

27-04-2017

Plus de 8 millions d’électeurs se sont exprimés en faveur d’une politique libérale floue et démagogique ; plus de 7 millions ont plébiscité un programme basé sur la xénophobie et le mensonge ; 7 millions ont fait confiance à un voleur réactionnaire ; près de 7 millions ont opté pour l’aventure d’un populisme de gauche, et beaucoup se sont contentés d’être fidèles à de vieilles convictions...


La Fédération anarchiste n’attendra pas de progrès social à l’issue du second tour des présidentielles, quel que soit le vainqueur, même s’il est aussi permis de faire le pronostic que cette issue n’est pas forcément équivalente quant aux libertés individuelles et collectives dans une époque où de plus en plus de dictateurs sont élus.


Nous savons cependant qu’il n’y aura d’émancipation que grâce aux luttes sociales et environnementales et aux constructions d’alternatives.


Les années qui viennent seront encore des années de luttes contre la xénophobie, contre les reculs sociaux partout où le patronat, avec l’aide du prochain gouvernement, tentera toujours d’imposer sa volonté, et contre toutes les mesures liberticides qui s’accumulent depuis trop longtemps.


Changer le monde ne passe pas par le changement des dirigeants.


27 avril 2017

Fédération anarchiste

Viol policier

12-02-2017

Halte aux violences policières

 

À la suite du viol de Théo par un policier avec sa matraque, qui s’enchaîne aux nombreuses agressions policières arbitraires et fréquemment à caractère raciste, la police des polices a cru bon de communiquer beaucoup plus rapidement qu’à son habitude pour affirmer qu’il s’agissait d’un «accident».


Cette affirmation dans la précipitation ne peut être comprise que comme une provocation — idéale pour provoquer des émeutes. Elle intervient dans un contexte de campagne électorale où la question de l’identité française est le prétexte de l’idéologie xénophobe pour conquérir le pouvoir.


La Fédération anarchiste, tout en dénonçant non seulement les bavures mais aussi le fait que l’État les assume froidement, entend ne pas être dupe d’une
manœuvre qui fait dégringoler la «démocratie» toujours plus bas.


Fédération anarchiste
12 février 2017

Soutien aux camarades de « La plume noire »

20-11-2016

 

Ce samedi 19 novembre 2016, aux alentours de 18h, la librairie libertaire « La plume noire » à Lyon a subi une attaque en règle en marge d’une manifestation d’extrême-droite. Un commando d’une quinzaine de nervis casqués ont brisé la devanture et blessé, fort heureusement légèrement, quelques personnes qui ont eu le malheur de se trouver là.

 

La Fédération anarchiste tient à dénoncer ces violences contre un lieu de culture. Il s’agit là d’exactions clairement préméditées pour terroriser, à l’identique des fous de dieu qui sévissent aujourd’hui et des nazis des années 1930-40, ceux  et celles qui ont à coeur la solidarité internationale et la lutte contre toutes les formes d’exploitation et d’oppression.

 

La Fédération anarchiste tient à assurer de son entière solidarité les personnes qui ont été victimes de ces violences ainsi que les animateurs et animatrices de la librairie La Plume noire. Nous invitions tous ceux et celles pour qui la liberté d’expression n’est pas un vain mot, à participer aux mobilisations de soutien qui auront lieu dans les jours qui viennent.

 

 

No pasaran

A propos du 28 octobre

11-11-2016

Le 28 octobre était organisé au local militant « Mille Bâbords » à Marseille   un débat sur le racialisme qui a été perturbé par un groupe de militant-e-s opposé-e-s à son 
déroulement. Il s’en est suivi un déchaînement de violence inouïe (vitrine cassée, militant.es  jeté.es au sol ...).


Il est inadmissible que des actes de violence et d’intimidation empêchent de débattre sur un sujet qui interroge l’ensemble du mouvement social.

Une discussion critique sereine sur l’articulation du racialisme et de la lutte des classes est nécessaire puisque ce débat traverse les milieux libertaires et révolutionnaires.

 

La fédération anarchiste apporte son soutien à l’équipe de Mille Bâbords qui est un lieu accueillant des débats et des événements engagés dans une critique et  une lutte contre les différentes formes d’exploitation, d’oppression, d’injustice, d’aliénation physique et morale.

Vers un état d’urgence permanent ?

24-07-2016

Vers un état d’urgence permanent ?

 

Suite à la tuerie de Nice et pour la quatrième fois, l’état d’urgence est prolongé. Pourtant ce massacre prouve, hélas, son inefficacité à protéger la population. La classe politique, déjà engagée dans une surenchère sécuritaire depuis de nombreux mois, n’ayant en tête que l’ouverture du cirque électoral présidentiel.

Le parlement a décidé le prolongement de 6 mois de l’Etat d’urgence, annonçant :

- le retour des perquisitions administratives

- le droit, lors de ces dernières, pour la police de copier toutes les données informatiques (ordinateurs, disques durs, téléphones portables, ...). Un acte jugé jusqu’alors illégal par le conseil constitutionnel.

- le droit pour les forces de l’ordre de fouiller les bagages et voitures sans approbation d’un procureur.

 

En réalité, l’état d’urgence mis en place contre le terrorisme, sert  au gouvernement à faire taire et réprimer les quartiers populaires et toute contestation.

 

Le gouvernement de son propre aveu en janvier, et après plus de 3000 perquisitions, a comptabilisé 25 infractions directement liées au terrorisme, la majorité concernant des délits d’apologie du terrorisme (discours de François Hollande à l’occasion de ses vœux aux forces de sécurité le 7 janvier 2016).

 

Cependant, certains parlementaires voudraient aller au-delà de cet état d’urgence en mettant en place un "état de siège". Au lieu de répliquer aux terroristes en protégeant nos libertés, ils vont dans le sens de ce que veut DAECH : des sociétés sécuritaires, divisées et liberticides.

 

Nous ne pouvons que nous opposer à la nouvelle prolongation de cet état d’urgence inefficace, toujours plus répressif et sécuritaire, n’ayant comme réel but que de faciliter les opérations répressives de l’État.

 

Face à l’état d’urgence et ses lois sécuritaires, ne lâchons rien, soyons unis et ripostons !

 

 

Fédération Anarchiste

Au service de l’Etat, la police réprime, opprime !

16-06-2016

Depuis le début du mouvement social contre la loi El Khomri dite « loi travail », nous assistons à une provocation systématique des forces de l’ordre, non seulement à Paris mais dans toutes les grandes villes. Les scénarios sont toujours les mêmes, les cortèges démarrent, la police provoque, lance quelques grenades lacrymogènes et/ou de désencerclement et donne quelques coups de matraques. Les manifestants répliquent et nos braves journalistes au cœur de l’action ne retiennent que les affrontements entre méchants manifestants et gentille police dans leur journal (pouvions nous attendre autre chose de leur part ??? non).

 

Le pouvoir – car ne nous voilons pas la face, ce n’est pas la police qui attaque de son propre chef les manifestations – mise sur une impopularité des grèves, déclenchant à chaque mouvement social des heurts et de fait essaie de criminaliser les manifestants en ne retenant que les attaques faites contre la police. Nos chers journalistes en mal d’image à sensation n’en rate pas une miette et servent sur un plateau au pouvoir une image bien sombre des manifestants. Mais, problème, la « loi travail » continue d’être impopulaire, pourtant le gouvernement à tenté bien des choses en remettant sur le tapis le fameux discours selon lequel les grévistes prennent en otages les braves gens qui travaillent, se retrouvant sans essence, sans train, … (rappelons-nous quand même que l’expression de « prise en otage de la population par les grévistes » a été sortie pour la première fois par le F-haine pour les grèves de 1995).

 

A coté de cela, le gouvernement envoie des CRS pour tabasser les piquets de grève devant les raffineries. Mais là, Ô magie ! les journalistes n’était pas présents pour voir les travailleur-e-s en grève se prendre de gros coups de matraque, hé oui, comment justifier le tabassage de personnes lambda en grève devant l’opinion publique ?

 

On a pu aussi avoir la mauvaise surprise de revoir l’apparition des Voltigeurs (sur Paris, Toulouse et Lyon) pourtant interdits depuis qu’ils ont tué Malik Oussekine le 6 décembre 1986. Mais la police a aussi profité de ces mouvements sociaux pour essayer tous ces nouveaux jouets de répression, le Flashball étant dans les mois à venir destiné à disparaître car trop dangereux. On a pu voir donc l’apparition progressive d’armes encore plus dangereuses ces dernières années (surtout utilisées par les forces de l’ordre depuis le début du mouvement social) comme le « LBD » (LANCEUR DE BALLES DE DÉFENSE), que la police affectionne particulièrement en tir tendu, et les grenades de désencerclement (DBD : DISPOSITIF BALISTIQUE DE DISPERSION). A elles deux, ces armes offensives sont responsables de la plupart des blessé-e-s.

 

A cela on peut ajouter l’utilisation massive de lacrymogènes et de la matraque « traditionnelle » et télescopique. Depuis peu, un nouveau genre d’arme apparaît (Paris, Nantes et Lyon), le fameux riot-gun Penn Arms « lance-grenades multi-coups » ou « à répétition » qui peut envoyer 6 projectiles d’affilée (balle en caoutchouc ou lacrymo).

 

 

 

La liste des blessé-e-s durant les manifestations ne cesse de s’allonger, même les médics deviennent des cibles (Paris, Lyon), arrestations, tabassages, confiscation de matériel médical. Mais les seuls chiffres pour les journaleux et les politiques qui comptent sont ceux de ces pauvres policiers blessés bien que suréquipés.

 

Lors de la manifestation massive du 14 juin à Paris, la police n’a pas boudé son plaisir dans la répression à grande échelle, ainsi on a pu assister à des tabassages/arrestations faites sur des personnes avant même la manifestation. Une fois de plus, la police a rapidement inondé la tête de cortège dans des nuages de fumigènes et joué de la matraque tous azimuts. On a pu constater aussi le stratagème mis en place devant l’hôpital Necker par les autorités afin que des affrontements se produisent à cet endroit précis : pour cela le gros bataillon de crs déployé sur place a chargé la tête du cortège dès son arrivée. Les manifestants étant bloqués à ce carrefour, d’un coté par un canon à eau et de l’autre par les crs, les affrontements étaient inéluctables.

 

Certes, certaines vitres de l’hôpital ont été brisées par des projectiles mais l’établissement n’était pas la cible des manifestants, on peut en dire que c’était une connerie, des erreurs de trajectoires de projectiles… Quoi qu’il en soit, le responsable dans cette histoire est le pouvoir d’avoir choisi ce lieu (devant un hôpital public pour enfants) pour organiser et concentrer des affrontements. Tout cela dans le but de pouvoir l’utiliser contre les manifestants qui luttent contre la « loi travail » depuis 3 mois.

 

Ainsi depuis le 14 juin, les politiques se succèdent sur les plateau TV et inondent les ondes de communiqués, d’interviews visant à dénoncer la prétendue attaque d’un hôpital pour enfants par de méchants casseurs. Ils iront même jusqu’à instrumentaliser les enfants malades (et notamment l’enfant des 2 policiers abattus la veille) et leurs familles pour criminaliser le mouvement social. Provocation systématique de la police : attaquer, tabasser, blesser, arrêter les manifestants, dire que les grévistes prennent en otage la brave populace qui, elle, travaille (car c’est vrai que les grévistes ne sont pas des travailleur-e-s, c’est bien connu), utiliser l’état d’urgence pour ficher, assigner à résidence des militants, utiliser des armes offensives contre les manifestants, mettre en place des guet-apens, poster des crs devant un hôpital afin d’y faire éclater des affrontements, voilà comment l’Etat répond à la légitime contestation de cette loi dite « travail » qui n’a pour but que la fin du code du travail et des syndicats.

 

Nous ne pouvons qu’être solidaires avec les camarades blessé-es, interpellé-e-s et toutes les personnes se mobilisant contre cette loi, quelle que soit leur stratégie de contestation (grèves, blocages, piquet de grèves, occupations, manifestations sauvages et déclarées) en passant par l’autodéfense contre les forces de répression étatiques.

 

Toutes et tous unis dans l’action contre la loi travail, contre l’Etat et le capital !
A bas le salariat.

Fédération Anarchiste
16-06-2016 -

Lille : Saccage d’un local syndical par la police

21-04-2016

Alors que la mobilisation contre le gouvernement et son projet de loi Travail ne désarme pas, la répression n’a de cesse de s’intensifier. Ce mercredi 20 avril 2016, les forces de police ont forcé l’entrée, puis saccagé le local de l’Union locale des syndicats CNT de Lille avant d’interpeller deux camarades. La Fédération anarchiste affirme sa solidarité et son soutien plein et entier à la CNT et aux syndicalistes victimes de ce nouveau coup de force d’un État acculé par un mouvement social qui s’amplifie.

Fédération anarchiste

Communiqué de la Fédération anarchiste

09-04-2016

La Fédération anarchiste dénonce les violences commises par les forces de police lors des manifestations tenues aujourd’hui notamment à Rennes, Nantes et Paris.

Ces violences policières renouvelées ne doivent rien au hasard. Elles répondent aux ordres donnés au plus haut niveau de l’Etat pour réprimer la mobilisation légitime contre la loi Travail et plus globalement contre l’injustice sociale grandissante.

Cette répression ordonnée politiquement n’y arrivera pas. Elle ne fait que rendre, toujours et encore, plus visible l’action d’un gouvernement aux abois, qui n’a aujourd’hui que la violence pour imposer toujours plus de régression sociale, toujours plus de profits pour les patrons, toujours plus d’injustice.

Aujourd’hui comme hier, l’Etat est le bras armé du capital.
Aujourd’hui comme hier, le mouvement social affronte l’un et l’autre.

Fédération anarchiste

NOUVEAU MONDE LIBERTAIRE EN LIGNE !

16-03-2016

http://monde-libertaire.net

 

Nouvelle maquette, nouveau logo, nouveau découpage éditorial, nouveaux types de contenus... nous vous avions annoncée l’arrivée prochaine d’un Monde libertaire en ligne, le voici !

 

Et ce que vous découvrirez sur le net, ce n’est pas, comme auparavant, la version électronique du journal papier. C’est un journal spécifique proposant, avec la même liberté de ton, la même ouverture d’esprit et la même exigence critique, des contenus différents du journal papier répartis en fonction des rythmes différents d’information, pour mieux répondre à nos nouvelles pratiques de lecture de la presse.

 

Vous le savez, l’évolution des conditions de diffusion de la presse a mis en difficulté beaucoup de journaux militants ces deux dernières années. Nous n’avions pas échappé à la règle : mal diffusés au gré des caprices des messageries privilégiant les grands groupes de presse, et ce pour un prix exorbitant absorbant la totalité du produit des ventes en kiosques, nos journaux étaient mis à mal ; et il était temps d’envisager un changement.

 

Après avoir retiré l’hebdo des kiosques pour une distribution aux seuls abonnés (mais perdu, du même coup, la visibilité qui était la principale raison d’être du journal), nous n’avons pas voulu changer de périodicité sur un coup de tête, pour "sortir quelque chose à tout prix ", mais au contraire prendre le temps de la réflexion pour bâtir un projet tout à la fois pérenne et évolutif, qui tienne compte tout autant de la réalité de nos moyens humains et financiers que de notre ambition à être présents sur tous les terrains de l’information et de la militance.

 

Le trimestre dernier a donc été une période charnière, durant laquelle seul le Hors-série, plus quelques numéros spéciaux gratuits, ont été édités, ce qui nous a permis de bâtir les bases d’un projet dont ce Monde libertaire en ligne dévoilé aujourd’hui n’est que la première étape.

 

Très bientôt, il trouvera une première complémentarité avec un magazine papier nouvelle formule, à découvrir en kiosques dès le printemps, relooké, plus étoffé, plus ouvert... celui-ci vous sera bien sûr présenté en détails dès sa sortie.

 

Mais quoi de neuf sur ce Monde libertaire en ligne ?

 

Côté contenu, il nous offre évidemment, mieux encore qu’un hebdo, la possibilité de coller à l’actualité "chaude" et d’être plus réactifs sur les luttes en cours, sans délaisser pour autant notre souci de conserver un regard analytique et une critique construite sur le recul par rapport aux événements.

 

Côté organisation, les militants mobilisés avec le CRML autour du site pour animer les rubriques et coordonner l’information ont d’ores et déjà renforcé notre équipe, y compris pour la réalisation du magazine papier, ce qui nous ouvre de nouvelles perspectives pour mener notre projet à bien.

 

Côté pratique, le site est réalisé en responsive design : c’est à dire que la maquette s’adapte automatiquement à tous les supports de lecture, fixes et mobiles. Et pas selon un modèle tout préparé-prémâché avec des CMS automatiques – et limitatifs – qui font que tous les journaux récemment se ressemblent, et ressemblent à des blogs... Nous avons usé nos dix doigts pour tout coder à la main, et pour intégrer les fonctionnalités les plus malignes sans s’astreindre aux carcans de modes... qui trop souvent dictent un mode d’utilisation unique pour tous.

 

Par exemple, nous avons créé

 

les "Unes hebdomadaires" du Monde libertaire en ligne.

Oui, vous avez bien lu, des "unes" hebdomadaires. Nous sommes d’incorrigibles sentimentaux : nous accordons de la valeur à l’écrit, et nous avons donc voulu proposer une formule où les articles ne disparaissent pas dans les poubelles de l’oubli sitôt remplacés par d’autres, transformant l’actualité en flux continu où, tout défilant au même rythme, plus rien n’a d’importance.

Nous avons donc décidé de vous offrir la possibilité d’une périodicité sur le web, comme sur un vrai journal : chaque semaine nous réalisons une "une" à partir d’une sélection d’articles, véritable point de repère hebdomadaire fixe dans le flot des nouveautés. Comme la "une" d’un hebdo papier, quoi.

C’est la page d’accueil sur laquelle vous arrivez lorsque vous vous connectez.

 

Et dans la colonne de droite, dans le chapitre Fouiller autrement, vous avez accès aux précédentes "unes" réalisées, classées par date : une "time-machine" qui vous permettra, d’un clic, de retrouver le contexte sociétal global de la période de votre choix.

 

Cela dit, évidemment, vous avez aussi la possibilité d’accéder en un clic [note] à l’ensemble des nouveaux articles au fur et à mesure de leur mise en ligne... comme sur le site d’un journal d’information standard, quoi.

 

Dans la même logique, nous avons imaginé



des dossiers thématiques évolutifs

Sur le modèle des dossiers du désormais « ex » Monde libertaire Hors-Série, nous avons imaginé des dossiers de fond permettant de fouiller les différents aspects d’une thématique donnée.

 

A la différence du papier, ces dossiers seront, grâce au web, évolutifs. Ils s’enrichiront de nouveaux articles au fil des évolutions sociétales, conjoncturelles, de l’apport de nouvelles analyses... de quoi constituer, nous l’espérons, une véritable mémoire de l’épistémée libertaire sur les thématiques abordées.

 

Et puis, nous avons également voulu



Des clefs d’accès multiples
 

Le Monde libertaire en ligne propose un contenu articulé selon deux logiques de consultation : vous choisissez votre clef de lecture pour explorer le journal hors de l’actualité immédiate...

 

- La première logique de consultation est le classement par grandes rubriques reflétant les différents champs d’action de la militance révolutionnaire : détruire l’existant, expérimenter pour bâtir une société nouvelle, se cultiver pour s’émanciper, réfléchir et remettre en cause... Notre monde – libertaire évidemment – est donc ainsi composé de terrains de combat, de zones de chantiers, de domaines cultivés, de secteurs à explorer ... espaces dans lesquels nous agissons selon les différentes sensibilités de notre militance...

 

- La seconde logique de consultation est liée au traitement journaliste du contenu : entretiens, brèves, dossiers, chroniques, éditoriaux...

 

Ajoutons à cela

un moteur de recherche qui explore en un temps record jusque dans les recoins des archives du journal (plus de 60 ans d’articles !), la possibilité de retrouver les articles par auteur...

 

… Ah, oui, mais peut-être vous demandez-vous pourquoi nous n’avons pas intégré tous les gadgets "modernes" de liens avec les réseaux sociaux "modernes" et autres moteurs "modernes" d’indexation de contenus ? Là encore, c’est un parti pris... je vous invite à lire la page de nos conventions de confidentialité pour comprendre notre point de vue à ce sujet.

 

Cela dit, si vous avez des questions, des remarques, des suggestions, les commentaires sont ouverts sur le site du ML en Ligne : http://monde-libertaire.net

Loi El Khomri : Les prolétaires peuvent bien crever, l’Etat les digère

04-03-2016

Les principales mesures du projet de loi de la ministre du travail, Myriam El Khomri

- Durée du temps de temps de travail fixée au sein de l’entreprise soit par accord des syndicats majoritaires, soit par tenu d’un référendum

- Maximum légal du temps de travail: 60h par semaines et 12h par jours (contre 10h aujourd’hui)

- Limitation des possibilité de recours au Prud’hommes en cas de licenciement économique

- Division par 2 du montant maximum des indemnités de licenciement (15 mois de salaires, pour les personnes ayant plus de vingt ans d’ancienneté).

- Possibilité pour les directions d’entreprise de moduler le temps de travail et les salaires durant cinq ans. Si refus des salariés, ils pourront être licenciés « pour causes réelles et sérieuses » (moins avantageux que pour cause économique).


Voilà la nouvelle salve du gouvernement contre les prolétaires. C’est ainsi donc que se pose les choses : l’Etat est là pour garantir aux plus riches de le rester, et que celles et ceux qui bossent le fassent toujours plus, pour toujours moins, et avec le sourire !
Il semble qu’il n’y ait pas mieux que la gauche pour mener une politique de droite ! Elle fait en tout cas aujourd’hui de lit de sa petite sœur d’hémicycle. Préparant le terrain pour l’avenir.
La contre révolution violente que nous subissons aujourd’hui n’est pas nouvelle, mais le manque de réponse sociale en face fait que les petits laquais des possédant.e.s s’en donnent à cœur joie.
Dans le monde entier les quelques nantis dictent leurs lois, demandent de faire plier les plus pauvres. Cette guerre n’est pas un petit phénomène national, mais c’est bien une guerre internationale contre les plus démunis qui est lancée depuis des années !


En ce moment, en France,  patronat exige, les ministres exécutent ! 60 heures par semaines ? Oui oui oui crie El Khomri ! Des journées de 12 h ? Encore oui ! Des apprentis qui remplacent des emplois ? Ho que oui ! Des conditions de travails qui se dégradent ? Mais oui mon bon patron ! Des licenciements encore facilités ? Oui, cent fois oui !


Soyons clairs : si la Fédération Anarchiste est pour l’abolition du salariat et du travail, elle n’en reste pas moins convaincue que les avancées, même soumises à ce statut, sont importantes et doivent être conquises !
La réaction face à cette contre révolution ne peut être la passivité. Tout ce que nous avions gagné par le passé, nous sommes allé.e.s le chercher par la lutte, la grève, l’insurrection. Et dans l’union la plus large possible des prolétaires.
Ne laissons pas les nantis et leurs affiliés (états, religions, nationalistes, etc…) jouer encore avec nos vies.


La seule réponse qui vaille aujourd’hui est la même qu’hier : l’unité face aux nantis, l’unité dans la grève et l’action. Une utopie ? Peut-être. Une nécessité ? Sans aucun doute possible ! Et ce jusqu’à la mort du salariat ! Et que vive l’autogestion !


Fédération Anarchiste

Appel à mobilisation générale sur la ZAD de Notre Dame Des Landes le 27 Février !

22-02-2016

Le 25 Janvier le tribunal a ordonné l’expulsion des habitants dits « historiques » de la ZAD de NDDL et leur a donné deux mois pour quitter leurs maisons ou exploitations agricoles. L’État veut expulser la ZAD alors que certains recours juridiques, notamment ceux relatifs à la loi sur l’Eau et les Espèces Protégées, sont encore en appel. Dès début janvier, dans la perspective de ce procès, de nombreuses actions directes (ralentissements de circulation routière, rassemblements de rue, construction de cabanes sur la voie publique, engins de travaux publics incendiés, inscriptions murales...) se sont déroulées dans toute la France et même au-delà. Le 11 Février, le chef de l’État, toujours aussi retors, a déclaré vouloir un référendum local. Mesure à double tranchant qui évacue la question de fond : quelle société voulons-nous ? Car c’est bien ce sujet central qui anime la plupart des composantes de la lutte... mais aussi les pro-aéroport !


Face aux différentes menaces d’expulsion qui pèsent sur la ZAD de NDDL, un grand appel à mobilisation a été lancé afin de montrer à la puissance publique (gouvernement, conseils départementaux et régionaux...), ainsi qu’à la multinationale Vinci et à une partie du patronat régional, que l’aéroport ne se fera jamais, et que la ZAD perdurera.


De nombreuses personnes s’organisent sur la ZAD mais aussi partout en France de manière anti-autoritaire, horizontale et collective, montrant que la lutte se fait bien contre l’aéroport et SON MONDE : le système économique et politique qui impose SON aménagement de nos territoires et de nos vies. La ZAD, lieu d’expérimentations sociales, politiques, écologiques en autogestion, nous a montré qu’il était possible d’agir collectivement pour vivre autrement et reprendre nos vies en main ! Au sein de la Zad de NDDL, comme de celle de Roybon, commence à se remarquer la référence à la Commune de Paris (1871), comme imaginaire d’émancipation : aux valeurs d’autonomie et de fédéralisme s’ajoute l’internationalisme, une partie des zadistes provenant de différents pays.


Un rassemblement le 27 février en fin de matinée aura lieu là où doivent débuter les travaux, afin de montrer au Pouvoir notre capacité à le bloquer, puis nous convergerons vers une grande fête pour l’avenir de la ZAD.


Dans le contexte actuel où l’État veut affirmer son autorité, et ayant utilisé des moyens décuplés de forces sécuritaires grâce à l’état d’urgence, nous devons nous montrer déterminé-e-s à défendre cette zone où un changement radical de société est créé et en cours d’expérimentation. Il faut que le gouvernement comprenne que les actions de blocages et de mobilisations qui ont eu lieu avant le procès du 25 Janvier, sur Nantes et dans toute la France, n’étaient qu’une mise en bouche. S’ils ne veulent pas nous laisser rêver, nous les empêcherons de dormir ! Nous devons montrer à tous les pro-aéroport, dans les institutions et dans les conseils d’administration, que nous sommes nombreuses et nombreux et prêt-e-s à nous organiser afin d’empêcher toute évacuation de la ZAD.


La Fédération Anarchiste, dont certains groupes et militant-e-s sont impliqué-e-s dans les collectifs locaux, soutient cet appel et participera à la mobilisation. Rendez-vous sur la ZAD de NDDL le 27 février, afin d’enterrer définitivement tout projet d’aéroport et d’évacuation de la ZAD !

La ZAD vivra ! La ZAD vaincra ! ZAD Partout !


Des anarchistes demandent officiellement au président de la république française d’être déchus de la nationalité française

24-01-2016

À l’initiative de quelques militants de la Fédération Anarchiste, au vu des derniers tripatouillages politicards d’un gouvernement qui joue avec les allumettes de l’état d’urgence et de la déchéance de nationalité, une dizaine de personnes demandent à être déchues de la nationalité française et se réclament d’une citoyenneté du monde.
La Fédération Anarchiste qui est, par essence, internationaliste et a-nationaliste, soutient cette initiative et appelle à l’amplifier.
Ci dessous le texte de l’appel.
À l’heure de la mondialisation économique capitaliste, une autre mondialisation est possible. Mieux, elle est nécessaire !

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F.T.P. (Francs tireurs Partisans d’une citoyenneté mondiale)
35 allée de l’Angle
Chaucre                                                                                                 le 22 janvier 2016
17190 St Georges d’Oléron
Tel : 05 46 76 73 10
Adresse électronique : editionslibertaires@wanadoo.fr


Objet : Demande de déchéance de la nationalité française



À Mr le président de la république française.



Mr le Président, nous vous faisons une lettre que vous lirez peut-être si vous avez le temps.
Nous sommes nés dans ce pays, la France, par hasard. Nous n’avons choisi ni de naître, ni de naître en France. Il en va ainsi de tous les êtres humains.
Jusqu’à présent, ce non-choix ne nous posait pas de trop gros problèmes. Nous aurions pu tomber plus mal.
Depuis déjà quelque temps, cependant, entre Notre-Dame-des-Landes et la condamnation de syndicalistes à de la prison ferme, nous avions quelques doutes sur votre capacité à faire rêver d’une France dite pays des droits de l’homme. Vous nous accorderez de ne même pas parler de socialisme.
Avec votre dernier tripatouillage politicard à propos de la déchéance du droit de nationalité, les choses sont claires. Vous jouez avec les allumettes. Vous savez que les terroristes se moquent comme de leur première chemise d’être déchus ou non de… Et pourtant, vous êtes en train de mettre en place un arsenal juridique démagogue qui assigne aujourd’hui à résidence des écolos et des syndicalistes  et qui, demain, se retournera contre vous..
Rappelez-vous, Martin Niemöller. Libéré des camps par la chute du régime nazi, en 1945. Il est l’auteur de Quand ils sont venus chercher… faussement attribué à Bertold Brecht. Il disait : « Lorsque les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit,… je n’étais pas communiste. Lorsqu’ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit,… je n’étais pas syndicaliste. Lorsqu’ils sont venus chercher les juifs, je n’ai rien dit,… je n’étais pas juif. Lorsqu’ils sont venus me chercher, …il ne restait plus personne pour protester. »
Monsieur le Président, demain, quand ceux que vous prétendez combattre seront au pouvoir, ils se contenteront d’appliquer vos lois. Comment ne comprenez-vous pas cela ?
Par voie de conséquence, comme nous le permet encore la Constitution, nous nous déclarons en situation d’insurrection.
Par la présente, veuillez recevoir notre demande de déchéance de la nationalité française. Pourquoi ?
Nous autres, Français de hasard, ne voulons plus être français tant que vous incarnerez cette idée de la France.
Par la présente, nous vous informons également de notre volonté de créer dans les plus brefs délais une carte d’identité et un passeport de citoyen du monde.
Monsieur le président, prévenez vos gens d’armes, que nous serons lourdement armés de ces armes de destruction massive que sont l’intelligence, la non-violence, l’honneur et… l’humour. Et que nous n’hésiterons pas à tirer ! Avec ces armes là !

Jean-Marc Raynaud, Dominique Lestrat, Yannick Thébault, Stephane Troplain, Paul Boino, Annie Arroyo, Laurent Conduché, Thyde Rosell, Claudie Annereau, Thierry Sassi

Goodyear :L’État au secours du capital

17-01-2016

C’est l’histoire de 1 300 salariés d’une multinationale, qui se battent depuis sept ans pour ne pas perdre leur emploi. Parce qu’un conglomérat d’actionnaires avait mandaté leurs sbires pour fermer l’usine, deux d’entre eux ont été séquestrés 30 heures. Fallait bien essayer de leur faire entendre raison ; juste séquestrés, pas violentés ; même s’ils mettaient le feu à la vie de plus de mille salariés. Que de retenue !

Après ces faits, une plainte est déposée par la direction et les séquestrés. L’accord de fin de conflit imposant l’abandon de toutes les poursuites judiciaires, elle est retirée. Mais l’État, dans son rôle habituel de protecteur des puissants, représenté par le Procureur de la République, a maintenu sa plainte. Et voilà donc huit des prolétaires dont on a détruit la vie qui se retrouvent face à une peine de 9 mois de prison ferme. Uniquement pour avoir défendu leur droit de vivre dignement. Il s’agit bien là d’un choix politique puisque précédemment le ministère du travail a autorisé le licenciement de délégués syndicaux Goodyear, refusé par l’inspecteur du travail.

F. Hollande, alors candidat, avait promis aux Goodyear de faire voter une « loi contre les licenciements économiquement injustifiés ». Une fois élu, son seul geste sera de s’en remettre à Morry Taylor, patron américain du groupe Titan, pour sauvegarder quelques 300 emplois. Pour imposer ses conditions celui-ci avait déclaré : « Les ouvriers français sont très bien payés et ne travaillent que 3 heures par jour, passant le reste du temps devant la machine à café. Je peux installer mes usines en Inde ou en Chine, pour un salaire de moins d’un euro de l’heure et 10 à 12 heures de travail par jour ».

Depuis plusieurs années les luttes, notamment les plus radicales, Molex, Continental, Fralib, Florange... font face à la violence policière et patronale. À Goodyear une direction de combat n’a pas hésité à utiliser des vigiles et des hommes de main dans les ateliers. L’État fait le choix de museler le mouvement social en tentant d’étouffer toute initiative, en détruisant ceux qui luttent et en les jetant en prison. Comme le souligne la CGT Goodyear : « Le but est de faire peur aux syndicalistes pour qu’ils cessent de se battre pendant que le gouvernement propose la suppression de la moitié du Code du travail ».

Plus que jamais, la Fédération Anarchiste est aux côtés de ceux qui luttent contre les oppresseurs patronaux. Plus que jamais nous réaffirmons que la lutte sociale n’est qu’une juste réponse à la violence patronale.

Nous exigeons l’annulation de la condamnation des salariés, et nous mettrons tout en œuvre pour l’obtenir, notamment en participant au grand rassemblement solidaire « Nous sommes tous des Goodyear ».

Ni État, ni patron ! Autogestion à tous les étages ! Et que vive l’anarchie !

Fédération anarchiste

Communiqué de la Fédération anarchiste

16-11-2015

Vendredi 13 novembre, au fil des événements, l’inquiétude grandissante a peu à peu laissé la place à la consternation la plus profonde et à la colère face au bilan sans cesse plus lourd des attentats qui ont eu lieu à Paris : un bain de sang inutile, atroce, nauséabond, rappelant les pires exactions dont l’humanité sait malheureusement se montrer capable.


Les adhérent.e.s et sympathisant.e.s de la Fédération anarchiste sont révolté.e.s contre ces actes de la barbarie. Nous adressons toute notre sympathie aux personnes qui ont subi ces violences, à leurs familles, à leurs ami.e.s, à ceux et celles qui y sont resté.e.s et à celles et ceux qui ont heureusement sauvé leur peau.


Des assassins intoxiqués par une idéologie délirante ont fait régner la terreur à Paris comme ils la font régner au Moyen-orient et en Afrique. Ils peuvent se réclamer d’un dieu ou de la souffrance des populations en Syrie, en Palestine ou ailleurs. Ils ne sont que des meurtriers qui tentent dérisoirement de donner une justification à leurs actes. Ils n’en ont aucune.


Nous rejetons tout autant les tentatives d’amalgames qui n’ont pas manqué d’apparaître. L’essentiel de ce que l’on catégorise comme des populations musulmanes, sont des individus comme les autres : certains pratiquants, d’autres seulement croyants, d’autres encore athées, tous voulant simplement vivre en paix. Nous en avons tous et toutes le droit légitime.


Nous ne cautionnerons pas davantage les accents guerriers que ces exactions ont instantanément suscités. L’état d’urgence en France, la tentation de soutenir Bacher El-Assad, de redoubler les bombardements sur des objectifs soi-disant ciblés mais qui font toujours plus de victimes parmi des populations civiles prises en otage, déplacées, dépecées. La guerre engendre toujours la guerre.


Nous veillerons enfin à la mesure de nos moyens à ce que les migrant.e.s ne subissent pas les conséquences des exactions commises par ces fous de dieu qu’ils et elles ont fui en quittant leur pays dans des conditions extrêmes. C’est la solidarité sans faille de tous ceux et celles qui subissent l’oppression, qui permet l’émancipation.


Ni dieu, ni maître !
Fédération Anarchiste

Agression contre une librairie de la Fédération anarchiste

19-10-2015

 

Aujourd’hui c’est nous, mais demain... ?

Dans la nuit du 17 au 18 octobre 2015, vers 2h du matin, un groupe de cinq personnes, identifiées comme appartenant à la mouvance fasciste locale, a attaqué la librairie L’Autodidacte (5 rue Marulaz, à Besançon). Ce lieu est un espace de rencontres et de débats ouvert à l’ensemble du mouvement libertaire de la ville. C’est aussi la librairie du groupe Proudhon de la Fédération anarchiste.
Depuis des années, cet espace culturel et politique reste ouvert sur le quartier et abrite des projets ou des structures (syndicat, Amap, associations...) qui se veulent des alternatives au capitalisme. La librairie alimente la vie locale avec des débats, des concerts, des projections. C’est un outil de culture, populaire, alternative, combative et libertaire. Et c’est pour cette raison que les partisans de l’ordre ultra-autoritaire s’en sont pris à cet outil d’émancipation sociale.
Les volets de protection et la porte vitrée ont été cassés, les agresseurs n’ont pas eu le temps de s’en prendre à l’intérieur de la librairie. La haine des assaillants a été courageusement stoppée par des personnes qui participaient à des rencontres d’Alternatiba et qui se sont interposées. Nous les en remercions.

Cette réaction est exactement ce qui doit nous guider. Lorsque les post-fascistes et leurs avatars s’en prennent à l’un-e d’entre nous, nous devons répondre collectivement sans attendre. C’est une forme d’autodéfense antifasciste qui doit devenir la règle, dans l’objectif de renvoyer les nostalgiques d’une « France de race blanche » aux poubelles de l’histoire. Les outils de la présence militante dans la rue, dans le mouvement social, le débat d’idées, la culture... sont autant de moyens pour ne pas laisser la violence brune s’imposer.

La police a interpellé deux des assaillants. Pour le moment, nous appelons le mouvement social à la vigilance, et suggérons l’entraide et la solidarité comme moyens d’autodéfense.

La Fédération anarchiste salue ses camarades de la Librairie l’Autodidacte de Besançon et les assure de son soutien le plus entier.

Paris le 19 octobre 2015

Air France : les habits neufs de l’empereur

18-10-2015

 

À Air France on annonce 2 900 suppressions d’emplois (300 pilotes, 900 hôtesses et stewards, 1 700 personnels au sol), 5 000 disparaîtraient après les élections de 2017. Une provocation.
 

Depuis la nomination de Xavier Broseta au poste de DRH en 2012, 5 500 postes ont déjà été supprimés afin d’augmenter la « productivité », ce qui a entraîné une hausse de 11 % des accidents du travail et met en danger les passagers et le personnel navigant. Ajoutons que les salaires sont bloqués depuis 4 ans.
 

Les images ont tournées en boucle. À 9h30, le lundi 5 octobre, le Comité central d’entreprise (CCE) débute. À 10h30 un cortège de manifestants rassemblant toutes les catégories de personnel solidaires et unies se tient devant le siège d’Air France. Le PDG Frédéric Gagey et le secrétaire de la CGC fuient par une porte dérobée. À 10h45, devant l’indifférence, les manifestants investissent le CCE en réclamant la démission du PDG d’Air France-KLM, Alexandre Juniac.
 

« On nous dit qu’il faut être transparents avec les clients mais vous est-ce que vous êtes transparents avec nous ? » interpelle une hôtesse avant d’ajouter : « On est pas venu chercher le conflit Messieurs, on est pas venu pour être violents, on est pas venu pour vous manquer de respect » mais pour « avoir le sentiment, l’impression d’être pris en considération, juste ça. Mais même ça vous ne pouvez pas nous le donner ! » La colère monte. Le DRH Xavier Broseta s’enfuit torse nu après s’être fait arracher sa chemise. La liquette de Pierre Plissonnier, numéro deux du long-courrier de la compagnie et son DRH à Roissy est aussi malmenée.
 

Va se déployer un concert de réactions politiques et syndicales autour du thème de la violence. La CFDT, fidèle « partenaire social », « condamne sans réserve et avec la plus grande fermeté les violences indignes ». Mais que dire du secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, déplorant les violences et rappelant que « c’est la négociation qui doit l’emporter », ou du secrétaire général adjoint de la CGT-Air France prévenant préalablement la direction afin qu’elle mette plus de vigiles, alors que certains de leurs militants ont emmené des morceaux de liquette en trophée !
 

Choc ! Horreur ! On a essayé de mettre le roi à nu. Mais qui est le roi ? : l’État (actionnaire à 17 %) et le Capital qui contrôlent la compagnie. Qu’est-ce qu’une chemise quand on supprime 2900 emplois ? Deux dirigeants, deux chefs dont le torse a été mis à nu sont ainsi ramenés à leur simple condition d’hommes par des travailleurs, des femmes et des hommes qu’ils « gèrent » en tant que « ressource ». Où est la véritable humiliation ? Les salariés d’Air France ont esquissé un geste dans la seule direction qui puisse apporter une transformation réelle de la société : l’action directe, la rupture de la paix sociale sans s’en remettre aux élites et dirigeants, quels qu’ils soient.
 

La Fédération anarchiste soutient l’ensemble des salariés en lutte contre la férocité de ceux qui les dirigent. Elle appelle à la solidarité face à la répression qui risque de s’ensuivre et souhaite une riposte massive des travailleurs.

 

 

Vers la grève générale ! Préparons la riposte sociale et syndicale !

 

Vers un renforcement des luttes anti-nucléaires ?

23-06-2015

Fin mai 2015 le réseau « Sortir du nucléaire » a reconnu la nullité de l’éviction du Conseil d’administration (CA) et du licenciement d’un ancien porte-parole du réseau, Stéphane Lhomme, survenus en 2010.
Pour bien comprendre l’enjeu, il est nécessaire de faire un bref rappel historique.



Le réseau fut fondé en 1997. Les objectifs étaient de mutualiser les moyens et amplifier les luttes. Pendant dix ans, le réseau a su créer une réelle dynamique contestataire, appuyée sur près de 1 000 groupes et 80 000 personnes.
C’est dans cette période que la Fédération anarchiste a décidé d’intégrer le réseau, d’autant plus que beaucoup de ses militants participaient à ces luttes, certains depuis les premières actions en France contre le nucléaire militaire et civil - centrale de Bugey (1970-1971), fûts radioactifs fissurés à Saclay (1972), Plogoff (1978-1981) - à une époque où la plupart des organisations politiques appuyaient le choix nucléariste de l’État gaulliste. 



Mais le réseau s’est peu à peu transformé en une structure centralisée, dotée de moyens importants et s’appuyant sur une équipe de 17 salariés. Cette professionnalisation de l’action militante a conduit à dénaturer les dispositifs démocratiques internes et les objectifs du réseau.
Cette grave dérive s’est concrétisée en décembre 2009 quand le directeur du réseau, appuyé par la majorité des salariés, a décidé de licencier Stéphane Lhomme. En effet, celui-ci remettait en cause la décision du CA de signer un texte intitulé « L’ultimatum climatique » envoyé à Nicolas Sarkozy, demandant à celui-ci de « prendre la tête du combat contre le dérèglement du climat » et dans lequel ne figurait aucun rejet de l’énergie nucléaire.
Début février 2010, le CA refusant ce licenciement, une AG extraordinaire « soigneusement » préparée par la direction du réseau décide de révoquer le CA pour le remplacer par un Conseil plus docile. Ce nouveau CA licenciera Stéphane Lhomme.
Deux procédures furent alors engagées, une par Stéphane Lhomme devant les prudhommes, une autre devant la justice civile par 3 des administrateurs révoqués.



De nombreux groupes et organisations, dont la Fédération anarchiste, ont alors quitté le réseau, ne pouvant accepter ni ce fonctionnement interne ni ce changement de cap concernant le nucléaire. En effet, pouvait-on encore parler d’organisation antinucléaire lorsque, sous prétexte de lutte contre le réchauffement climatique, on abandonnait ce pourquoi on existait en signant un document compatible avec la stratégie sarkozyste pour qui le nucléaire était une énergie propre ? De plus, les anarchistes pensent que la critique du nucléaire ne se limite pas aux seuls aspects énergétique et climatique. Elle doit remettre en cause aussi bien l’armement nucléaire que l’organisation même de la Société, ses structures verticales et sécuritaires, aggravées dans le cadre d’une société nucléarisée.



Très affaibli et en proie à de graves difficultés financières, le réseau s’est alors replacé comme une composante du mouvement pour une transition énergétique et pour un soi-disant développement durable, nouveau nom, politiquement correct, du capitalisme. Cette stratégie lui a permis de se positionner sur le même terrain que le gouvernement et une partie des écologistes, pour rechercher des politiques acceptables par le système actuel.



Tout en condamnant ce qui s’était passé, un certain nombre de groupes étaient restés dans le réseau.  Lors de l’assemblée générale de février 2015, ils ont finalement obtenu l’élection de 6 membres du CA (sur 9) sur une position alternative. Ce nouveau CA a reconnu que l’AG de février 2010 avait  utilisé des accusations infondées et des méthodes inacceptables. Un compromis a été passé avec les 3 administrateurs révoqués et avec Stéphane Lhomme, qui ont retiré leurs plaintes.



Les anarchistes ne peuvent que se réjouir de ce retournement de situation. Pour le nucléaire, comme dans les autres domaines, ils soutiennent la coordination des luttes anti-nucléaires et l’organisation entre les structures de base qui les mènent. Mais organisation ne signifie pas centralisme et hiérarchie. Le fédéralisme permet justement de respecter la participation égalitaire de chacun dans les initiatives et les réflexions. La cohérence entre les moyens et les objectifs proclamés par une organisation est un témoignage fort de sa sincérité et de son efficacité.
La Fédération anarchiste espère que ce changement au sein du réseau sera durable et permettra un renforcement du mouvement anti-nucléaire.



Fédération anarchiste

#occupy DGSI

16-06-2015

Après l’Assemblée nationale, la loi sur le renseignement a donc été validée par le Sénat à une forte majorité. Les lois scélérates sont toujours votées à de « larges majorités ». C’est quelques années plus tard que l’on s’avise de l’erreur commise. Quand il est trop tard. Quand le mal est fait, et entré dans les mœurs.

La loi sur le renseignement, c’est l’entrée dans l’après 11-Septembre avec quatorze ans de retard. Fort heureusement, nous avons pu voir ce que cela donnait, depuis le temps. Nous sommes déjà plus d’une décennie après la « loi sur le renseignement ».

Donner aux services de renseignement le pouvoir d’intercepter tout ce que bon leur semble, cela donne la NSA et donc Snowden, la NSA et le scandale de la NSA.
C’est un fait désormais établi : les milliards d’interceptions du programme PRISM ont permis en tout et pour tout de déjouer « peut-être un » attentat, et en réalité aucun. C’est donc que le but de la surveillance de masse n’est pas de déjouer des « attentats terroristes », mais la surveillance de masse elle-même ; le « terrorisme » sert de prétexte à une tout autre politique.

L’étrange raisonnement qui consiste à dire « puisque la police a telle ou telle pratique illégale, autant la légaliser » plutôt que d’en déduire, ce qui serait tout de même plus logique, qu’elle doit cesser d’avoir ces pratiques, relève d’une sidérante démission devant la souveraineté policière. Si la sous-direction antiterroriste se mettait à régulièrement torturer des suspects « afin de déjouer des attentats », « pour la bonne cause » en somme, dirait-on : « il n’y a qu’à légaliser la torture » ? Dire oui, c’est la guerre d’Algérie. Ou les extraordinary renditions de la CIA après le 11-Septembre, dont le Sénat américain a jugé à l’automne dernier que les États-Unis y avaient « perdu leurs valeurs ». C’est, à l’autre bout, la même logique devenue folle qui fait conclure à des parlementaires que pour éviter que des manifestants ne soient blessés par la police, il n’y a qu’à leur interdire de manifester.

Avant de donner un pouvoir sans contrepartie aux services de renseignement, avant de mettre la police antiterroriste à l’abri de tout contrôle et de tout recours, il n’est pas mauvais d’écouter ce que ces gens-là disent de leur « métier ». Ainsi cet Alain Chouet, qui dirigea le Service de renseignement de sécurité de la DGSE : « C’est ne rien comprendre que d’accuser les services secrets de faire « dans l’illégalité ». Bien sûr qu’ils font « dans l’illégalité ». Ils ne font même que cela. C’est leur vocation et leur raison d’être. Le renseignement se recueille en violant ou en faisant violer la loi des autres. (…) Considérant cette fin, il va de soi que les moyens mis en œuvre seront en rapport : manipulation, séduction, corruption, violence, menace, chantage, au terme d’un processus qui aura mis à nu toutes les facettes de l’objectif visé, pénétré son intimité, exploité toutes ses vulnérabilités ». Sommes-nous sûrs de vouloir faire un chèque en blanc à ce genre d’individu, comme le fait la loi sur le renseignement ?

Depuis que la DCRI existe, on n’a connu d’elle que des scandales, des ratages et des mensonges sur ses ratages. Elle a même dû se rebaptiser DGSI pour faire oublier la si mauvaise réputation qu’elle s’était faite en si peu d’années d’existence. La loi sur le renseignement est essentiellement faite pour que de futurs scandales à son sujet ne sortent pas, et pour verrouiller une situation sociale métastable, un contexte politique tendant vers l’ingouvernable. Le train de lois et de propositions de lois toujours plus féroces que le gouvernement multiplie depuis les attentats de janvier s’apparente à une offensive omnilatérale profitant de l’état de choc de la population. Une conseillère du ministre du Commerce britannique, n’écrivit-elle pas à ses collègues, dans l’heure qui suivit l’attentat du 11-Septembre : « C’est un très bon jour pour faire ressortir et passer en douce toutes les mesures que nous devons prendre » ?

Loi Macron, Rebsamen, sur le renseignement, réforme du droit d’asile, etc., font système. Elles sont autant de fronts ouverts simultanément dans une sorte de blitzkrieg social. Dans ce dispositif, la loi sur le renseignement fonctionne comme un verrou ; et puisque c’est la DGSI qui sera en charge de « gérer » les mouvements naissants, les dissidences potentielles et les futures interdictions de manifester, c’est devant ses locaux que nous proposons de manifester le jour de la fête de la musique. Allons voir où sont ceux qui nous surveillent ! Prenons la rue à ceux qui nous préfèrent chacun chez soi ! Faisons connaissance chez ceux qui nous connaissent si bien !

Nous appelons donc tous ceux qui luttent contre les nouvelles lois, et tous ceux qui refusent de simplement subir l’offensive gouvernementale actuelle, à se réunir pour un banquet et une vaste assemblée populaire au pied du siège de la DGSI (84, rue de Villiers, Levallois-Perret), de midi à 18 heures, le dimanche 21 juin.

N’hésitez pas à ramener de quoi partager un repas, et vos instruments de musique.

Confédération Paysanne
Solidaires
Syndicat de la magistrature
Ligue des droits de l’homme
Fédération anarchiste
Parti de gauche
Alternative libertaire
Syndicat des avocats de France
Syndicat national des journalistes

Fusillade à Charlie hebdo

07-01-2015

La Fédération anarchiste apprend avec horreur la tuerie perpétrée dans les locaux du journal satirique Charlie Hebdo, qui a laissé 12 morts et 11 blessés.

Nous partageons l’émoi, l’indignation, et la peine des familles, des amis, des collègues après ce crime odieux. Parmi les victimes, certains ont contribué un temps au Monde libertaire, et si nos positions ont pu diverger par la suite, ils resteront au souvenir de nombreux camarades.

Cet attentat doit nous rappeler que l’obscurantisme religieux comme politique est meurtrier.

Nous condamnons les assassins, mais nous restons également vigilants face aux réactions de l’extrême droite ou au dispositif policier de l’état.

Nous continuerons à combattre l’oppression, l’autoritarisme et l’intolérance, qu’ils se cachent derrière la religion, la nation ou l’ordre sécuritaire.



Fédération anarchiste, 07 janvier 2015

Décès d’André Devriendt

06-01-2015

La Fédération anarchiste a l’immense douleur de vous faire part du décès d’André Devriendt à l’âge de quatre vingt quatorze ans.

Militant anarchiste et syndicaliste il aura été depuis la Libération de tous les combats du mouvement social. A la reconstruction de la FA en 1954,  à la responsabilité du Monde libertaire et de Publico comme à la Mutuelle de la presse et au secrétariat du syndicat des correcteurs CGT.

A son épouse, à sa famille nous adressons nos plus sincères condoléances.

Le cynisme patronal n’a pas de limites

30-11-2014

            Du 1er au 5 décembre, le Medef, la CGPME et quelques autres organisations patronales appellent les entrepreneurs à se mobiliser dans la France entière pour « libérer l’entreprise ».

 

            Les patrons ont compris qu’ils pouvaient attendre beaucoup du gouvernement en place. Ils ne comptent pas se contenter des 30 milliards d’euros de cadeaux fiscaux déjà engrangés suite au crédit impôt compétitivité emploi (CICE) de 2012 et au pacte de responsabilité de 2014. Ni, d’ailleurs, des avantages qu’ils tirent déjà de la flexi-sécurité instaurée comme mode de gestion du marché du travail par l’accord national interprofessionnel de 2013 (faciliter les licenciements pour faciliter les embauches, disent-ils...). Ils réclament donc désormais d’aller plus loin, pour obtenir davantage de baisse de cotisations et une simplification du Code du travail (dernier rempart à leurs abus).

 

            Cette mobilisation d’ampleur s’inscrit plus largement dans une campagne politico-médiatique qui, depuis des mois, nous assène sur les ondes, les écrans et dans les journaux que les patrons seraient les victimes de l’injustice des lois sociales aujourd’hui en vigueur. Et tandis qu’ils geignent, trouvant des échos favorables dans les médias bourgeois, ils ne tiennent pas les promesses faites et maintes fois renouvelées, à savoir la création d’un million d’emplois en échange de ce qu’ils ont déjà obtenu en matière de cadeaux fiscaux. De fait, le chômage ne cesse d’augmenter, franchissant désormais le cap des 3 400 000 demandeurs d’emploi.

 

            Nous, anarchistes, ne croyons de toute façon pas en leur politique du plein-emploi, qui n’est jamais qu’un leurre, un mirage destiné à nous faire accepter les conditions de l’exploitation économique et l’oppressante morale basée sur le travail. Dans l’immédiat, nous considérons comme impératif de défendre les derniers acquis sociaux et de construire des luttes pour en obtenir de nouveaux. Rien n’est jamais acquis dans la lutte des classes ! Et elle demeurera tant que nous ne nous serons pas débarrassés des patrons parasites qui créent et administrent la misère sociale en captant les richesses produites par les travailleurs.

 

 

Fédération anarchiste

30 novembre 2014

La mort de Rémi Fraisse est un crime d’État

04-11-2014

Le 25 octobre, Rémi Fraisse mourait lors d’une manifestation d’opposition à un projet de barrage à Sivens, dans le Tarn. Il a succombé à l’explosion d’une grenade offensive lancée par la gendarmerie.

La Fédération anarchiste dénonce ici un assassinat. Les forces répressives de l’État et du Capital portent la responsabilité de la mort du jeune homme.

Dans ce sens, nous dénonçons les interventions politiques honteuses concernant cet événement. Le retournement effectué nie à Rémi Fraisse le statut de victime d’un crime policier en le posant coupable d’avoir participé à une manifestation jugée violente.

De plus, nous exprimons notre inquiétude vis à vis de cette situation inédite où le ministre de l’Intérieur assume cet assassinat, soutenu en cela par nombre de parlementaires. La prochaine victime des forces de l’ordre lors d’une manifestation, une grève, une expulsion, un contrôle d’identité,... sera-t-elle considérée comme responsable de sa propre mort pour sa potentielle participation à un acte illégal ?

A propos des mobilisations légitimes qui ont suivi l’événement, nous condamnons les provocations et intimidations étatiques, via le déploiement policier digne d’un état totalitaire, et la campagne mensongère menée dans les médias .

Contre l’impunité de la police

Contre les projets inutiles

Nous n’abandonnerons pas le combat

Fédération anarchiste, le 04/11/14

Contre le Medef et l’État, défendons notre droit à la santé et à la protection sociale

01-11-2014

En France, les patrons ont bien compris que le gouvernement de François Hollande était en mesure de répondre à tous leurs caprices. Et après près de 30 milliards d’euros de cadeaux fiscaux de la part du gouvernement en trois ans, le patronat entend désormais imposer ses vues en matière de réforme de la Sécurité sociale. Diminution ou suppression des allocations familiales, exonérations toujours plus importantes de cotisations sociales, individualisation de la protection, privatisation du système de santé, déremboursement des médicaments et capitalisation de la retraite : autant d’idées portées par le néolibéralisme pour boucher le fameux « trou » de la Sécu.

Des idées pour une réforme qui, une fois de plus, se fera au détriment des travailleurs, des plus pauvres et des plus précaires, alors même que les récentes largesses du gouvernement « socialiste » en faveur du patronat (pacte de responsabilité) amputent la Sécu de plusieurs dizaines de milliards d’euros.

Ces attaques contre ce système de protection sociale solidaire – certes insuffisant mais bien plus satisfaisant que ceux en vogue dans la plupart des autres pays – ne sont pas nouvelles. Mais à l’heure où l’Assemblée nationale débat du financement de la Sécu, il est plus que jamais nécessaire d’entrer dans la bataille idéologique pour dénoncer les tromperies (car c’est un fait : les réductions de cotisations sociales n’arrangent rien, et creusent même les déficits) et parer à toute attaque en la matière de la part d’un gouvernement aux bottes du Medef.

Pour nous, anarchistes, la question ne se réglera pas dans l’hémicycle avec un débat parlementaire, mais dans la rue et sur nos lieux de travail, par la grève et l’action directe. La riposte sociale est urgente, ne les laissons pas spéculer sur notre santé et notre bien-être.

Anarchiste et féministe, toujours !

18-06-2014

Depuis les années 1990, la Fédération anarchiste intervient de façon assez régulière dans le champ des luttes féministes. Plusieurs brochures ont été publiées sur le sujet.
En 1992, lors de la Rencontre internationale anarcha-féministe à Paris, les féministes anarchistes réaffirmèrent leur combat, y compris dans le mouvement libertaire, et la nécessité de repenser le rapport au politique, de féminiser le mouvement libertaire et d’anarchiser les pratiques féministes.
En 2012, lors des Rencontres internationales de l’anarchisme de Saint-Imier (Suisse), des espaces de réflexions anarcha-féministes ont été systématiquement proposés et organisés. Des services de sérénité et des « safer space » ont également été expérimentés en vue de gérer les possibles situations de violence.
Si nous devons noter une progression positive de la prise en compte de ces thématiques par le mouvement anarchiste en général, ces expérimentations sont à poursuivre et à améliorer pour devenir une évidence, dans nos pratiques et nos mentalités. Par exemple, des attitudes virilistes lors des manifestations libertaires doivent être interrogées en vue de leur disparition. Le mouvement féministe, fort de sa capacité d’innovation face à l’adversité, a su développer une grande diversité de pratiques ; dérision, mise en scène, détournement, provocation, autodéfense, qui ne peuvent qu’enrichir notre militantisme.
Notre investissement politique se manifeste aussi au sein des organisations syndicales et associatives et nous y portons des analyses et des pratiques libertaires. Nous pouvons agir au sein de collectifs féministes larges, pour la défense de l’avortement par exemple ou contre le publisexisme. Nous dénonçons également le rôle et l’influence de toutes les religions, qui maintiennent et justifient l’oppression patriarcale et les violences sexistes.
Dans tous les cas, nous dénonçons aussi la croyance que l’État serait un instrument neutre. Si nous saluons les lois « progressistes » en termes d’égalité des droits, nous ne nous satisfaisons pas de cet état de fait.
L’exploitation et la violence au travail, dans la rue, au domicile sont le résultat d’une pression sociale, de fonctionnements patriarcaux, de discriminations sexistes, homophobes et transphobes. Il s’agit donc bien « d’anarchiser les pratiques féministes » tout en luttant au sein et/ou aux côtés des collectifs.
Nous affirmons notre engagement anarchiste, antipatriarcal et féministe dans les luttes :

  • Contre les violences, dont la culture du viol. L’écoute de la parole des victimes est fondamentale.
  • Contre le masculinisme.
  • Pour le droit à l’avortement et l’accès à la contraception, libres et gratuits.
  • Pour une société sans prostitution, sans prohibition ni répression, sans esclavage ni trafic d’êtres humains.
  • Contre l’ordre moral et le puritanisme.
  • Contre toutes les inégalités et les discriminations (origines ethniques, handicap…).
  • Pour l’intersectionnalité des luttes.


Sur cette base et en lien avec notre fédéralisme libertaire et la diversité de nos tactiques, nous sommes en capacité d’évoluer sur les questions portées par les luttes féministes.
Un monde sans dominations est possible. À nous de le faire vivre.


Motion adoptée lors du 72e congrès réuni à Saint-Imier les 7, 8 et 9 juin 2014.

Fédération anarchiste

Contre la machine libérale de la social-démocratie

17-06-2014

Loin de freiner les attaques antisociales entreprises par près de vingt ans de droite au pouvoir, l’arrivée du Parti socialiste à la présidence de la République, en 2012, les a même accélérées. Sans doute le patronat n’avait-il jamais été aussi bien servi depuis de longues années. Du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (2012) au pacte dit de « responsabilité » (2014), ce sont plusieurs dizaines de milliards d’euros de cadeaux fiscaux que le gouvernement socialiste a offert au capital.
Mais les largesses de François Hollande et sa clique ministérielle ne se sont pas limitées au seul porte-monnaie des exploiteurs. Répondant à quelques vieux désirs nourris par le Medef depuis des années, le nouveau gouvernement a entrepris de s’attaquer au Code du travail et à certains statuts salariés. Ainsi, l’accord national interprofessionnel (ANI) de janvier 2013 transposé en loi le 14 juin 2013 instaure-t-il la « flexisécurité » comme mode de gestion privilégié du marché du travail. En quoi cela consiste-t-il ? Rien moins qu’à faciliter considérablement les procédures de licenciement, au prétexte de rendre ainsi l’embauche plus aisée… Toujours des espérances et une confiance malsaine placée en Pierre Gattaz et ses affidés patronaux, qui n’en finissent plus de promettre en échange de mesures qu’ils obtiennent, eux, dès aujourd’hui. Il en va de même pour le statut des intermittents du spectacle, salement amoché depuis la signature, début 2014, de l’accord sur l’assurance chômage – lequel s’attaque aussi aux chômeurs, aux précaires et aux seniors pour financer le déficit de l’Unedic, tout en accordant au patronat 800 millions d’euros d’économies supplémentaires.
Ajoutons à cela : la poursuite de la destruction du statut de cheminot à travers la casse du service public ferroviaire ; les conséquences dramatiques de la libéralisation de la gestion de l’institution hospitalière (fermetures de structures, effondrement de la qualité de la prise en charge des patients par des personnels pressurisés et démunis) ; l’hypocrisie affichée à l’égard de l’industrie de la presse avec des aides exorbitantes offertes chaque année aux grands groupes pour financer des plans sociaux ; la volonté de supprimer les conseils de prud’hommes pour mettre encore plus de distance entre les salariés et le recours à la justice ; la remise en cause du droit à la formation (acquis en 1971) dans la loi du 5 mars 2014 par la suppression du 0,9 % alimentant le plan de formation, etc., et on se fera une idée de ce que signifie la social-démocratie au pouvoir pour les travailleurs et les travailleuses.
Cette série d’attaques en règle n’est pas du seul fait du gouvernement qui, seul, ne pourrait sans doute pas grand-chose. D’autres responsables sont à pointer du doigt, et en premier lieu la direction confédérale de la CFDT. Résolus à devenir le partenaire social numéro un du gouvernement « socialiste », les bureaucrates à la tête de cette centrale qui se réclamait jadis du projet autogestionnaire se sont montrés d’une servilité affligeante, disant « amen ! » à la plupart des projets évoqués ci-dessus. Mais les autres directions syndicales ne sont pas en reste. Bien qu’affichant une attitude de défiance à l’égard du locataire de l’Élysée, elles sont clairement coupables de n’avoir pas voulu organiser une conflictualité sociale digne de ce nom, préférant à la grève et aux stratégies de convergence quelques petites balades dans les rues (certaines allant même jusqu’à accompagner la CFDT dans la signature d’accords). Preuve, s’il en fallait encore, que nous n’avons pas grand-chose à attendre des bureaucraties de tous poils, et que si l’investissement sur le terrain de la lutte des classes via les syndicats demeure une option (notamment sur le terrain interprofessionnel), celui-ci doit se faire à la base et contre les stratégies des directions confédérales, en renouant avec les pratiques d’action directe (de la grève au sabotage).
Parallèlement, le gouvernement utilise son arsenal juridique et répressif pour écraser les mouvements sociaux déterminés (comme ceux de Notre-Dame-des-Landes et de la ferme des Mille Vaches) : violences policières, arrestations de militants et peines de prison ferme.
Face à cela, de manière générale, en investissant les syndicats ou en impulsant des comités de lutte, dans le monde du travail ou en dehors, dans les rues, il est primordial pour les anarchistes de se saisir de ces sujets et de participer à la construction d’une riposte sociale radicale. En ces temps électoraux de récupération partidaire des revendications légitimes du prolétariat, la réaffirmation de l’autonomie du mouvement social, qui doit se faire contre les partis politiques, est plus que jamais de mise, sans quoi nos révoltes auront leurs strapontins parlementaires pour tombeaux. Ne lâchons rien !


Motion adoptée lors du 72e congrès réuni à Saint-Imier les 7, 8 et 9 juin 2014.

Fédération anarchiste

Questionner le monde

16-06-2014

Les 7, 8 et 9 juin, la Fédération anarchiste a tenu son 72e congrès à Saint-Imier (Suisse). Un congrès de vérités fussent-elles dérangeantes, fussent-elles incomplètes mais où il a été a minima tenté de regarder les enjeux qui se posent à nous non pas au prisme d’une doxa confortable mais dans leur réalité et nécessairement dès lors dans leur complexité. Un congrès de mise en débat jamais totalement aboutie mais où ont pu s’exprimer, voire s’écouter et parfois se conjuguer les analyses et les propositions ainsi que les doutes et les interrogations de délégués unis par un même idéal mais également riches d’expériences sociales, territoriales, professionnelles ou encore militantes différentes. Un congrès de perspectives qui marque moins l’aboutissement d’une année militante qu’un jalon dans un processus d’élaboration de pensées et de pratiques collectives que nous aurons à poursuivre, à renforcer et à approfondir dans les semaines et les mois qui viennent avec tous ceux et toutes celles qui nous rejoindront en chemin.

Du développement protéiforme des populismes et autres identitarismes, en allant à la diversité d’origines, de pratiques et de revendications des mouvements qui se réclament désormais du féminisme ; de la montée de l’abstention et le rejet relatif de la classe politique et de la démocratie représentative que cela traduit à la situation économique et sociale, ses luttes salariales mais aussi le développement de mouvements interclassistes comme celui des Bonnets rouges ; ce sont à ces enjeux sociaux, économiques, politiques et environnementaux que notre congrès s’est attaché sinon à répondre du moins à traiter sans détour. Il en fut de même de la question de la pertinence et de la viabilité de notre projet politique, de nos modalités d’organisation et de nos outils comme notre journal et notre librairie par exemple.

De fait, ce congrès n’a pas débouché sur des analyses parfaitement abouties, ni des décisions entièrement stabilisées. Son apport est ailleurs, plus méthodologique que substantielle, plus humain et collectif qu’idéologique ou programmatique. En délaissant dans l’ensemble la langue de bois, les discours convenus et les anathèmes faciles, il a été la réaffirmation d’une Fédération anarchiste en mouvement, capable de questionner le monde dans lequel elle se situe mais aussi ses fondements et ses fonctionnements ; d’un collectif humain, pluraliste et uni, situé de plain-pied dans le monde réel non pour s’en satisfaire mais pour le changer ; d’une organisation générale des libertaires, qui ne prétend à aucun monopole, ni ne s’érige en avant-garde ou en gardien du temple, mais qui entend contribuer au développement d’une réponse concrète et plausible, aux désastres où nous entraînent le capitalisme et les États et cela non pas seul mais avec toutes les forces et tous les individus qui veulent eux aussi lutter pour l’émancipation sociale. Ce n’est pas une mince réussite pour un congrès que de nous placer de la sorte et de nous inventer à la suite à poursuivre et amplifier cette démarche.

Que nos camarades de la Fédération libertaire des montagnes, qui ont rendu matériellement possible ce congrès, les anciens mandatés qui l’ont organisé ainsi que l’ensemble des congressistes qui l’ont fait vivre en soient fraternellement remerciés. La nouvelle équipe de mandatés s’attachera à faire vivre et prospérer cet élan.
Fédération anarchiste

Non aux violences staliniennes dans les manifestations et ailleurs !

20-03-2013

Vendredi 8 mars, le cortège libertaire formé lors de la manifestation antisexiste – composée surtout de membres de la Fédération anarchiste – a été violemment pris à partie par le service d’ordre du Parti communiste français.

Alors que notre bloc, comme il était prévu, emboîtait le pas au cortège du 9e collectif des sans-papiers, le service d’ordre du Parti communiste s’est brutalement intercalé. Tout comme nous, le 9e collectif a alors protesté, proposant même aux membres du PCF de les laisser passer devant eux. Rien n’y fit : la manœuvre consistait, selon toute vraisemblance, à nous empêcher de marcher à la suite des sans-papiers, avec lesquels nous avons des liens. S’ensuivit une bousculade, quelques échanges de coups et des jets de gaz lacrymogène que plusieurs de nos compagnons reçurent en plein visage. Des insultes fusèrent, et quelques doigts d’honneur nous furent également adressés, de la part de ces « communistes » venus pourtant manifester à l’occasion de la journée des droits des femmes...

La Fédération anarchiste dénonce avec la plus grande fermeté ces pratiques dignes d’un autre âge. Elle exige, de la part des dirigeants du Parti communiste français, qu’à l’avenir, il tienne leurs chiens de garde en laisse !

Fédération anarchiste

Crise économique : toujours moins pour les salariés toujours plus pour le patronat

06-03-2013

La politique économique du gouvernement s’inscrit dans une continuité libérale. Tout d’abord, le gouvernement n’a pas de marge de manœuvre du fait du jeu des marchés, de ses liens avec le patronat et du faux fédéralisme qu’est l’Union européenne, qui place le pays en situation de contrainte, dominé par la direction allemande, représentée par la chancelière Merkel.
De plus, le gouvernement, dans ce contexte, applique une politique d’austérité. Il cherche à réduire les remboursements de la Sécurité sociale. Son plan de lutte contre la pauvreté sonne comme une insulte, une aumône : le RSA est augmenté de moins de 10 euros par mois et le smic a été augmenté de 3 à 4 euros par mois ! Mais il accorde 20 milliards d’euros au patronat et baisse ses charges sociales sur trois ans.
Ce gouvernement annonce une nouvelle réforme de la retraite qui réduira encore le pouvoir d’achat des retraités ou prolongera de quelques années l’obligation de travailler pour obtenir une retraite, parfois indécente. Hollande nous avait promis des sauvetages en nombre des entreprises en faillite. Que de promesses non tenues…
Que dire de la remise en cause du Code du travail visant à favoriser une flexibilité qui rend tout salaire aléatoire, qui instaure les baisses de revenus, rend obligatoire la mobilité, facilite les licenciements en cas de restructuration ? Drôle de gauche ! Mais rien de surprenant pour nous, anarchistes, qui n’avons aucune illusion sur la social-démocratie incarnée par le gouvernement Ayrault, ni sur l’État, bras droit du patronat.
Cette politique bénéficie de la complicité des directions syndicales – et surtout de la CFDT qui, depuis des années, entérine les lois rognant les acquis des salariés.
L’accord sur la « flexisécurité », c’est la généralisation d’une complémentaire santé misérable, une limitation bien faible du temps partiel. À cela s’ajoutent des droits « rechargeables » à l’assurance chômage, le patronat concédant une dérisoire augmentation des cotisations correspondantes. Nous soulignons que cette petite concession patronale n’est rien si l’on considère la masse financière des défiscalisations accumulées ces dernières décennies. Ces droits rechargeables seront surtout l’occasion de permettre aux patrons de payer encore moins les salariés à l’embauche, sous prétexte qu’ils continueront de percevoir des allocations.
L’État envisage un projet de loi fondé sur cet accord scélérat élaboré par la CFDT et le patronat sur la « flexisécurité » et validé aussi grâce à la CFE-CGC et la CFTC. Allons-nous rester les bras croisés ?
De son côté, la Fédération anarchiste soutiendra ceux qui se battent contre ce sabotage des droits acquis par les salariés, au prix d’âpres luttes, et qui annonce un salariat à la botte du patronat et une aggravation généralisée des conditions de vie du plus grand nombre.
De ce point de vue, sans se faire d’illusion sur les intérêts et manœuvres d’appareil, la Fédération anarchiste est attentive au rapprochement entre la CGT et FO (non signataires), auxquelles pourraient se joindre la FSU, Solidaires et la CNT. En effet, une telle évolution permettrait d’ouvrir une perspective pour les salariés et les chômeurs, à la base, afin d’imposer une véritable résistance sociale sans laquelle tout espoir de changement réel est vain.
Alors que le gouvernement se vante de vouloir réduire les dépenses publiques, pourquoi ne commence-t-il pas par attribuer les allocations familiales en fonction des revenus ? Ce gouvernement, dit de gauche, préfère, au nom de la compétitivité, s’en prendre à ceux qui sont déjà exploités.
La Fédération anarchiste appelle à la lutte contre ce gouvernement et sa politique économique, qui n’a de socialiste que le nom.
Non à la collusion entre des syndicats et le Medef ! Non à une politique d’austérité qui plonge dans la misère ceux qui sont, déjà, en grande difficulté !

Fédération anarchiste

M. Harlem Désir, un peu d’histoire

01-02-2013

Ignorance de l’histoire ou déni de l’histoire, les propos de Harlem Désir, le 21 janvier 2013, dans « Mots croisés », sur France 2, à propos de l’accueil réservé aux réfugiés espagnols en 1939, sont inacceptables. Comment oser dire que ces Espagnols étaient fiers de la solidarité de la France ?
Comparant la gratitude qui serait celle de Maliens de 2013 envers la France à une présupposée gratitude des Espagnols républicains de 1939 à l’adresse du même pays qui aurait été accueillant pour eux, Harlem Désir a tenu ces propos : « Juste avant cette émission, j’étais à Montreuil où nous organisions une réunion de solidarité avec le peuple malien et j’ai vu des hommes et des femmes, beaucoup de Maliens de France, qui étaient à la fois inquiets, pour leur pays, comme ont pu l’être des réfugiés, vous savez, des Espagnols ou autres qui ont été accueillis en France au moment où leur pays traversait des drames et des guerres, et qui en même temps étaient fiers de la solidarité de la France, qui étaient soulagés, qui étaient reconnaissants. »
Or, même si en 1936 et 1937, il y eut une petite solidarité envers les Républicains espagnols en guerre civile, celle-ci a vite été interrompue par le gouvernement de gauche.
La Fédération anarchiste tient à rappeler que, parmi les 500 000 réfugiés espagnols fuyant le franquisme, après avoir, pour nombre d’entre eux, mené un âpre combat contre les forces franquistes, mais aussi contre ses alliés nazis et les supplétifs de Salazar, au moins 330 000 se sont retrouvés dans des camps de concentration (appellation officielle).
La solidarité n’était pas de mise, sauf chez certains militants de gauche, des anarchistes et quelques entités caritatives. En métropole et au Sahara colonisé, le gouvernement recevait ces Espagnols antifascistes, sans l’avoir anticipé – alors que les événements présageaient une arrivée massive – dans les camps de la honte du sud du pays. Plus de 17 000 personnes y périrent, ne parvenant pas à lutter contre le vent froid, la pluie, l’insalubrité, le manque d’eau potable, l’insuffisance des équipements sanitaires, la typhoïde, la tuberculose, le paludisme, le désespoir. Au Sahara, les conditions de vie étaient encore pires et certains y croupirent jusqu’en 1942. Rappelons aussi que les révoltes étaient punies d’emprisonnement dans des espaces disciplinaires et que les punitions brutales pouvaient semer la mort.
Là, il est question de l’attitude du gouvernement républicain jusqu’en 1940. Quant à celui de Vichy, il a livré des Espagnols au régime franquiste et aux nazis qui les ont déportés dans les camps d’extermination.
Pour rendre la monnaie de la pièce de la solidarité à la France, nombre d’Espagnols exilés, dont de nombreux anarchistes, se sont battus contre l’occupation nazie, rejoignant la Résistance ou les Forces libres : les hommes de la 2e division blindée de Leclerc, commandée par le capitaine Raymond Dronne, la Nueve, qui, comme son nom l’indique, était composée en majorité d’Espagnols, ont été les premiers à entrer dans Paris, le 24 août 1944, au soir.
Aussi, M. Harlem Désir, la Fédération anarchiste vous invite à revisiter votre histoire de France, l’histoire de ces républiques et celle du comportement de ses représentants.
Fédération anarchiste

Une guerre mensongère de plus : terrorisme d’État et pillage des ressources au Mali

30-01-2013

Nous sommes mis en demeure de choisir notre camp. D’un côté des religieux armés qui rêvent d’établir le royaume de Dieu sur terre, de l’autre des forces armées techno-capitalistes qui déclarent venir rétablir les droits de l’homme et, au milieu, une population désarmée. C’est d’elle que nous nous sentons solidaires. Il n’existe pas de guerre juste ni de guerre propre. L’union sacrée autour du président va-t-en-guerre François Hollande, l’empressement de l’opération offensive et les discours médiatiques contrôlés, le renforcement du plan Vigipirate, le climat national anti terroriste, visent à nous bourrer le crâne sur le caractère inévitable de cette guerre et à la légitimer. En réalité les intérêts économiques aux relents colonialistes priment de loin sur les vies des populations locales. Les djihadistes ont été très utiles au pouvoir français pour intervenir le 11 janvier 2013.
La classe dirigeante malienne corrompue jusqu’à l’os, la France, l’Union européenne, les instances financières internationales (FMI, Banque mondiale, OMC) ne se sont pas souciées du profond délaissement économique, social et culturel de la population laissant place maintenant à l’urgence militariste. Pendant de longs mois ce fut la porte ouverte aux recrutements en nombre par les jihadistes au Nord-Mali par nécessité économique (jeunes chômeurs, voire des enfants). Il n’est pas exclu que l’intervention de la France, ancien pays colonisateur, renforce les groupes djihadistes par le biais d’une mobilisation et de recrutements qui prendraient une dimension emblématique de lutte contre l’Occident. À trop jouer la « croisade contre le terrorisme international » le boomerang islamiste intégriste n’est jamais loin. L’expérience de l’enlisement de la guerre en Afghanistan n’a pas servi de leçon bien que la France y ait participé.
La coopération militaire avec la Mauritanie, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Niger, le Tchad et les deux bases militaires d’Abidjan et de N’Djamena prouvent s’il en est besoin que la France n’a jamais voulu quitter cette région. Les troupes stationnées en Afrique n’y sont pas pour maintenir la paix mais bien pour intervenir rapidement et garantir les intérêts de grandes entreprises françaises de premier plan (Areva et son uranium, Total et son pétrole, Bouygues et Bolloré et leurs travaux publics, leur mainmise sur les ports et les bois précieux, Orange et ses infrastructures de télécommunication). Le gouvernement français, appuyé par l’Union européenne, semble décidément ne pas vouloir se défaire de ses réflexes colonialistes, ni des avantages que cette politique procure aux industriels français. Se draper de valeurs démocrates pacificatrices et de défense des droits des peuples d’Afrique… et on atteint le comble du cynisme néocolonialiste. Le secteur industriel de l’armement rapporte bien plus que n’importe quel autre (plus que le pétrole ou même le nucléaire). Le marché du nucléaire est autant un marché civil que militaire. Les groupes marchands d’armes comme Lagardère ou Dassault sont propriétaires d’une grande partie de la presse d’opinion française… on comprend mieux pourquoi le discours antimilitariste n’a que peu droit au chapitre dans nos médias.
Après plus d’une semaine d’intervention, près de 200 000 réfugiés fuient les zones de guerre en direction des pays voisins tandis que le Programme alimentaire mondial estime que, dans le contexte actuel de sécheresse et de famine, 5 à 7 millions d’habitants du Sahel auraient besoin d’une assistance immédiate. 230 000 personnes se sont déplacées à l’intérieur du pays. Face aux attaques des armées malienne et française au sol, les forces djihadistes adaptent leur stratégie et se cachent dans les villages. Au milieu, les populations vulnérables seront tôt ou tard les véritables victimes de ces conflits et en particulier les femmes et les enfants. Les risques de conflits larvés entre les communautés sont grands… la division, la stigmatisation sont à l’œuvre. Comment seront traités la majorité de touaregs n’ayant pas pris les armes ? et les Peuls qui n’ont pas intégré le Mujao ?
La guerre va coûter cher et durer longtemps. L’intervention militaire française est estimée à environ 400 000 euros par jour. La Mission internationale de soutien au Mali (Misma) qui va arriver coûtera 240 millions de dollars par an. Alors que la misère règne, les cordons de la bourse se relâchent quand il s’agit d’aller tuer avec des armes. De telles sommes trouveraient une légitimité dans l’amélioration des structures sanitaires et sociales dans la région du Nord-Mali. Cela serait la preuve d’une volonté de reconstruire à partir de l’existant. Seule la population malienne peut le faire sur la durée. Ce conflit armé d’envergure ne fera que repousser l’espoir d’un retour à un équilibre et d’une amélioration de la situation.
Pour continuer à exister en Afrique, le terrorisme d’État français fait la guerre au Mali et peu importe le nombre de victimes directes ou indirectes (37 otages tués, 29 assaillants abattus à In Amenas en Algérie). Les populations manquent cruellement de politiques sociales, éducatives et culturelles responsables mais au lieu de ça les classes dirigeantes là-bas et ici se lancent dans un conflit à l’issue plus qu’incertaine. Les pays européens emboîtent le pas et suivent la cadence. Ni les Maliens ni les habitants des autres pays africains ne pourront s’émanciper par eux-mêmes tant que le statu quo sous tutelle colonialiste sera la règle. Qui va reconstruire le pays une fois le conflit terminé ? Gageons que les entreprises françaises se tailleront la part du lion… Nous refusons que cette guerre soit menée en notre nom.
Solidarité avec les populations victimes de cette guerre ! Paix immédiate au Mali et dégage la Françafrique !
Fédération anarchiste

Halte à la discrimination des homosexuels et des lesbiennes

15-01-2013

La proposition de loi du gouvernement sur le mariage des homosexuels et des lesbiennes a conduit les homophobes de tous bords à s’exprimer, en déversant leurs propos haineux et sexistes. L’homophobie reste d’actualité en France où elle est loin d’être un phénomène marginal ; pour preuve, le taux de suicide des jeunes homosexuels est nettement supérieur à celui des hétérosexuels. Certains font l’objet de « viols correctifs », essuient des insultes et subissent le rejet de leur entourage.
Les homophobes confondent souvent, délibérément ou non, homosexualité et pédophilie. En première ligne, bien sûr, s’agitent les intégristes de toutes les religions et les sbires de l’extrême droite dont la vision simplifiée de la sexualité est uniquement la complémentarité entre hommes et femmes en vue de la reproduction. En parallèle, leur conception des rapports entre les sexes est souvent ancrée dans une division des rôles selon le sexe biologique. Or, nous, anarchistes, savons que le genre est une construction sociale qui attribue des rôles normés à chaque sexe, eux-mêmes fondés sur le modèle patriarcal.
Concernant le mariage, quoi que l’on pense de cette institution, il est surtout question ici d’égalité de droits. Nous ne parlons pas du mariage religieux – dont nous n’avons que faire –, mais du mariage civil, dont les représentants officiels – ou autoproclamés – des religions n’ont pas à se mêler.
Quand des personnes ne jouissent pas des mêmes droits que d’autres, il s’agit de discrimination. Depuis trop longtemps dans ce pays, les personnes d’une autre orientation sexuelle que la majorité sont la cible de discrimination.
La qualité de l’éducation et l’affection dont les enfants ont besoin ne dépendent pas du sexe biologique. Des études montrent que les enfants ne sont pas perturbés parce qu’ils vivent avec des parents du même sexe.
Faire un lien entre des perturbations d’enfants et le fait de grandir auprès des couples homosexuels ou lesbiens relève de la prise de position idéologique. La plupart du temps, cette opinion est fondée sur des dogmes religieux. D’ailleurs, ce qui peut nuire à l’épanouissement d’un individu est de grandir dans un milieu fermé, replié sur lui-même, quels que soient ses parents.
L’égalité entre les individus est le moins qu’on puisse exiger. Elle sera un vecteur d’évolution des mentalités pour qu’enfin tous les reliquats du patriarcat, sources de domination et de violence, disparaissent. Le mariage pour tous, le droit à l’adoption pour les homosexuels et à la procréation médicalement assistée pour les lesbiennes seraient des progrès, et ceci même si l’institution du mariage est en soi facteur de reproduction d’un modèle patriarcal.
Loi ou non, sans les luttes contre l’homophobie, les mentalités rétrogrades peuvent encore gagner du terrain. Ce n’est qu’en exprimant notre solidarité et en condamnant tout discours et tout acte dévalorisants que nous pourrons les faire disparaître.
Nous dénonçons tous les propos qui hiérarchisent les individus selon leur genre ou leur orientation sexuelle.
Nous exigeons l’égalité des droits pour tous les humains, ici et de par le monde.

Fédération anarchiste

À Notre-Dame-des-Landes, la lutte continue

10-12-2012

Dans le bocage de Notre-Dame-des-Landes, les occupants de la ZAD (zone à défendre), depuis presque cinq?ans pour certains, avaient déjà donné un visage particulier à la lutte contre le projet d’aéroport et contre le monde qu’il représente. Au-delà des analyses sur les répercussions écologiques et les dommages sociaux du projet, au-delà de la contestation d’une forme d’aménagement du territoire et d’une manière de décider (l’autoritarisme déguisé en une pseudo démocratie), c’est une leçon de vivre ensemble qui se construit sur ces terres. Là, a été adoptée une forme de vie autogestionnaire. Elle est fondée sur des assemblées générales souveraines, et donc la prise de décision est collective pour tous les aspects de la lutte comme pour la gestion du quotidien (production et partage de nourriture, habitat, moyens de transport, culture…).
Cet îlot de résistance et de vie autrement a été considéré par le pouvoir (politique et économique) comme une alternative potentiellement subversive, à plus large échelle, un « kyste », pour le ministre de l’Intérieur. C’est ce qui explique le déploiement hallucinant de forces de l’ordre pour qui tout doit disparaître et le plus vite possible. Elles n’ont pas rechigné à la violence et n’ont pas hésité à détruire des lieux de vie ainsi que des biens (vélos, lits…) des habitants.
Les zadistes (terme générique recouvrant de multiples individualités aux visions diverses) ont su tisser des liens avec leurs voisins et construire un réseau de personnes concernées alentour. Aussi, dès que la répression a commencé, la résistance s’est organisée et a bénéficié de soutiens de plus en plus larges. La détermination des zadistes face aux forces de l’ordre et le modèle alternatif qu’ils montrent ont séduit, bien au-delà des clivages politiques actuels.
Malgré certaines manœuvres, les partis politiques n’ont pas de prise sur ces personnes et ils n’apparaissent qu’en renfort. Le gouvernement tente toujours – en vain – de séparer les bons opposants des méchants « anarcho autonomes », « spécialistes de la guérilla urbaine » Alors que, de fait, l’ensemble des contestataires fait front commun.
Le succès de la manifestation du 17 novembre en témoigne. Au-delà du nombre (plus de 40 000 manifestants), c’est la créativité de l’événement qui a marqué : nombreux panneaux de personnages aux messages poético-politiques, innombrables chansons et slogans conçus pour l’occasion. Surtout, il y a eu la construction collective, en autogestion, des maisons et abris en bois et paille.
Le fonctionnement autogestionnaire mis en place par les zadistes bouleverse la donne politique. Nous rencontrons de plus en plus de personnes, initialement méfiantes quant aux capacités autogestionnaires des humains, qui reconsidèrent leur point de vue. Elles s’enthousiasment même pour cette forme de vie collective, respectueuse de l’individualité, dans laquelle chacun participe selon ses moyens et envies.
De fait, les collectifs de soutien se sont multipliés dans toute la France, et même au-delà, chacun prenant des initiatives autonomes, sans attendre les consignes d’un centre quelconque. La ZAD, par son mode d’existence et sa résistance, a transfiguré les conditions de la lutte. Ceux qui se battaient isolés dans leur coin voient affluer de partout de nombreux soutiens.
Même au-delà des soutiens actifs, une bonne partie de la population qui ne suit que de loin ce qui se passe sympathise avec cette lutte. En effet, la destruction de terres agricoles, de bocages, et surtout les partenariats public-privé qui illustrent parfaitement l’entourloupe capitaliste permettant au privé d’obtenir des profits alors que la prise en charge des pertes est assurée par les collectivités publiques, ont de plus en plus de mal à passer dans l’opinion publique.
Le combat autogestionnaire à la ZAD avec l’entraide qui y est développée montre que l’on peut coordonner des activités, assurer une certaine justice sans avoir recours à l’État.
La répression policière et gendarmesque menée par l’État pour défendre les intérêts du groupe privé Vinci, constructeur et concessionnaire de l’aéroport, confirme, s’il était besoin, le slogan « gendarmerie et police nationales = milices du Capital ».
Le Premier ministre de l’État français, Jean-Marc Ayrault a pu déclarer : « Nous ne nous laisserons donc pas dicter une vision du monde qui n’est pas la nôtre » façon de dire qu’il voudrait nous dicter la sienne ! De fait, nous ne partageons pas la même vision du monde. Nous ne voulons pas du monde de l’exploitation et du profit, de la destruction de la nature et des animaux. Nous voulons construire un monde sans hiérarchies fondé sur l’entraide, où il fait bon vivre.
La Fédération anarchiste dénonce, évidemment, la violence étatique et soutient l’opposition à l’aéroport, telle qu’elle est engagée par la ZAD et ses amis. Utilisant tous ses réseaux (ses groupes de militants, sa radio, sa presse), la Fédération anarchiste appuie pleinement la lutte en cours et se fera toujours l’écho des alternatives autogestionnaires mises en place ici, à la ZAD, et partout ailleurs, en France et dans le monde.
La Fédération anarchiste appelle à rejoindre la lutte sur le terrain, à participer partout aux initiatives de soutien ou à en créer là où il n’y en a pas encore.
Fédération anarchiste

Notre-Dame-des-Landes, zone à défendre

04-11-2012

L’information circulait depuis quelques jours : le gouvernement socialo-écologiste mobilisait des troupes de gardes mobiles et de CRS (plusieurs centaines), des tractopelles pour déloger les occupants et occupantes installés, un peu partout, sur la zone d’aménagement différé, faite de bocages, de terres agricoles, destinée à construire le futur aéroport international de Notre-Dame-des-Landes, en Loire-Atlantique.
Si, pour le moment, ne sont visés que les occupants considérés comme illégaux par les tribunaux, les procédures sont en cours pour expulser les propriétaires, les locataires et paysans concernés de la zone.
Cet endroit avait été rebaptisé Zone à défendre (ZAD) par les résistants et résistantes opposés à l’aménagement capitaliste du territoire, à un projet ruineux qui ne répond pas aux besoins de la population, mais à des ambitions politico-financières, et qui saccagerait l’environnement. Il y a quarante ans que ce projet existe et que les premières expropriations ont débuté.
Cette zone à défendre appartient, légalement, à la multinationale Vinci, chargée de construire et gérer ensuite cet aéroport, dans le cadre d’un partenariat public-privé, très avantageux pour le groupe financier. En effet, les collectivités locales s’engagent à compenser les éventuelles pertes qui pourraient survenir… durant cinquante-cinq ans !
Mais cette ZAD est aussi devenue, depuis plus de trois ans, le lieu d’expériences alternatives et autogérées très intéressantes pour plus d’une centaine de personnes y résidant et pour les milliers qui y sont passées, appréciant la créativité : terres maraîchères défrichées collectivement, construction de cabanes, de fours à pain, cuisines collectives, rencontres, échanges de savoir (de la sérigraphie à la découverte des plantes sauvages comestibles), concerts à prix libre, radio locale (Radio Klaxon), revue (Lèse béton), etc.
Ce projet d’aéroport est porté, en particulier, par l’actuel Premier ministre Jean-Marc Ayrault (ex-maire de Nantes et ex-député, conseiller municipal de Nantes et conseiller communautaire de Nantes Métropole depuis le 21 juin 2012), qui en fait une affaire personnelle, sans doute afin de laisser son nom glorieux dans l’histoire des « grands chantiers ». Nul ne peut donc être surpris du déploiement massif de forces de l’ordre pour satisfaire les intérêts d’un potentat local, des partis politiques alliés officiellement dans cette affaire (PS et UMP) et de ceux qui le sont, de fait, comme EELV, en tant que cogestionnaire au gouvernement et au Parlement. Les soi-disant écologistes de EELV, une fois de plus, retournent leur veste – malgré leurs rodomontades préélectorales contre l’aéroport – pour le confort de quelques ministères.
Ainsi, mardi 16 octobre, les forces de l’État ont commencé, tôt le matin, à déloger des habitants de la ZAD, détruisant des habitations, en murant d’autres. Bien prétentieux et décalé, le préfet annonçait, dès 10 h 30, que la mission était accomplie. Or, si certains lieux d’habitation ont été démolis, fermés, la résistance continue de plus belle et reçoit de plus en plus de soutiens !
La Fédération anarchiste se déclare entièrement solidaire de la lutte des résistants et résistantes à l’aéroport et au monde glacé du Capital et de l’État. En un mot : au pouvoir. La Fédération anarchiste apportera toute l’aide qu’elle peut, à la mesure de ses moyens, pour que ceux et celles qui y habitent puissent continuer à faire vivre cette zone à défendre.

Secrétariat aux relations extérieures

Fédération anarchiste

Soutien aux anarchistes turcs

12-06-2012

Suite à l’arrestation massive de 60 anarchistes le 14 mai à Istanbul, sous prétexte de dégradations lors de la manifestation du 1er mai, la Fédération anarchiste tient à assurer les camarades de Turquie de son soutien et de sa solidarité.

Nous tenons à rappeler que, pour nous anarchistes, le 1er mai est l’occasion d’une journée de mobilisation contre le salariat et contre toutes les formes d’oppression, lors de laquelle les diverses actions de résistance ont pleinement leur place.

Nous condamnons fermement les méthodes répressives mises en place par l’État turc à l’encontre des militants anarchistes et du mouvement social. La stratégie bien connue d’assimilation des militants anarchistes au terrorisme cherche à légitimer une répression ciblée : actes de violences sur les militants, arrestations massives, perquisitions à domicile, sans autres charges que des discussions entre militants de sensibilités anarchistes sur internet.

Elles relèvent clairement d’une stigmatisation ayant pour but d’intimider et de décrédibiliser toute forme de résistance et de lutte sociale. La condamnation et l’emprisonnement de 9 camarades visent à faire pression et à briser l’anarchisme et les anarchistes qui luttent. La Fédération anarchiste mettra tout en œuvre pour apporter son soutien de manière concrète aux anarchistes turcs.
Fédération anarchiste

Répression tous azimuts

11-03-2012

1664PlaymobilLe 8 mars 2012 au soir, quatre militantes et militants de la Fédération anarchiste, ainsi que sept autres camarades d’Action antifasciste, du NPA et d’Alternative libertaire ont été arrêtés à Paris et placés en garde à vue. Il leur est reproché de s’être livrés à des dégradations en réunion. En réalité, leur action était un collage destiné à refuser la banalisation de l’extrême droite et à informer sur la tenue des « Assises nationales de la nationalité, de la citoyenneté et de l’identité », prévues pour le samedi 10 mars. Cette manifestation, à visée prétendument citoyenne, est déjà la deuxième du genre.?Elle véhicule ouvertement, pour le compte du Bloc identitaire, les prises de position xénophobes et racistes les plus abjectes.
Dans cette affaire, les forces de répression de l’État ont clairement indiqué quel était leur camp naturel. La garde à vue a été prolongée jusqu’au samedi 10 mars à 22 heures, l’emprisonnement a duré jusqu’au dimanche 11 dans l’après-midi, sans aucun fondement juridique aux termes du droit bourgeois. Les rassemblements organisés en soutien ont été neutralisés avec l’efficacité qu’on connaît à la police de ce pays quand il s’agit d’écraser les luttes sociales. De toute évidence, le pouvoir d’État a décidé de frapper fort et d’envoyer un message d’encouragement aux fascistes de tout poil. Mise en relation avec les déclarations récentes du ministre de l’Intérieur et la tonalité générale de la campagne électorale, cette série de gardes à vue prouve, s’il en était besoin, que l’extrémisme de droite est un rouage essentiel à la stabilité du capitalisme et de l’État et qu’on ne s’en débarrassera définitivement qu’en détruisant le système économique et politique qui lui accorde sa protection.
La Fédération anarchiste soutient l’action des militants arrêtés et exige l’arrêt des poursuites engagées contre eux. Elle dénonce une atteinte à la liberté d’expression et le caractère inédit des mesures de garde à vue suivie de détention pour collage d’affiches. La Fédération anarchiste remercie l’ensemble des personnes qui ont manifesté leur soutien immédiat sans céder aux intimidations policières. D’ores et déjà, la solidarité s’organise : une souscription est ouverte. Il suffit, pour cela, d’envoyer un chèque à l’adresse suivante : Publico, 145, rue Amelot, 75 011 Paris, à l’ordre de « Publications libertaires », en rajoutant la mention « Solidarité 8 mars » au dos. Les informations sur les différentes initiatives de soutien à venir seront communiquées au fur et à mesure.

Dimanche 11 mars

Fédération anarchiste

Ils intimident, ils incendient... Ne les laissons plus faire !

07-11-2011

Plus les violences du capitalisme se font précises, et plus la chasse aux prétendus responsables de la crise prend le visage de l’intolérance et du fascisme : on en veut pour preuve trois faits d’actualité. Le premier n’a pas fait la une des média, et pourtant l’incendie aux cocktails Molotov de la Maison des Roms, le 24 octobre (163, rue des Pyrénées à Paris), a causé la mort de Ion Salagean, qui n’avait commis d’autre crime que de fuir la misère et le racisme dont souffrent les Roms. Le second est la mobilisation de la mouvance catholique (Civitas)?– pour qui la proximité de l’extrême-droite tombe sous le sens – contre la pièce de Romeo Castellucci, Sur le concept du visage du fils de Dieu, taxée de « christianophobe », terme calqué sur celui d’« islamophobe », vocable forgé par les Frères mususulmans pour faire passer pour opprimés ceux dont le but n’est autre que de contrôler chaque instant de la vie humaine, dans le carcan du rite religieux. Il est à noter que, lorsqu’il s’agit de pratiquer l’intolérance et de détruire la liberté de création artistique, les religions concurrentes s’entendent comme larrons en foire pour crier au blasphème, puisqu’aux côtés de la soutane, on a pu voir barbus et femmes intégralement voilées. Le troisième est l’incendie, à l’aide de cocktails Molotov, de la rédaction de Charlie Hebdo au moment même où il se «?baptisait?» provisoirement Charia Hebdo et prenait, comme rédacteur en chef, un individu qu’on n’est pas sensé pouvoir représenter. Pour la Fédération anarchiste, ces récents événements montrent que les violences fascistes et religieuses prospèrent sur le terreau de l’exploitation capitaliste, et qu’on ne peut espérer les voir disparaître sans s’attaquer aux racines du problème. Tant qu’un modèle économique inégalitaire sera protégé par un modèle politique étatique et délégataire, les solidarités de classe, celles qui transcendent les frontières, et les libertés individuelles, y compris, et surtout, celle de blasphémer, seront menacées par les religions, fanatiques par définition, et par le fascisme.

Fédération anarchiste

La dette, c’est le vol !

01-11-2011

Face à la vaste entreprise de conditionnement que subissent les exploités ces dernières semaines, la Fédération anarchiste dénonce le règne de la pensée unique et appelle à pratiquer l’autodéfense intellectuelle.
Asséner sans sourciller que payer une dette est un devoir impérieux revient à passer sous silence que, comme la propriété privée des moyens de production et de distribution, la dette est un vol. Le même vol que celui qui consiste à empocher à la place des exploités la plus-value créée par le travail lui-même ; lorsqu’un prêteur accorde une somme donnée, il sait que c’est par le travail de l’emprunteur qu’il pourra recouvrer les intérêts dans un premier temps, le capital en second lieu. C’est la preuve incontestable que l’intérêt financier est un prélèvement de plus sur la force de travail. C’est sur ce principe qu’a pu se construire et se complexifier le système du crédit, jusqu’à aboutir en 2008 à la crise dite des subprimes : des millions d’Américains se retrouvent jetés à la rue parce que la variabilité de leur taux d’intérêt est en faveur des organismes de prêt, et qu’ils ne peuvent faire face à des engagements intenables. On n’insistera jamais trop sur le rôle de contrôle social que joue l’emprunt dans l’économie capitaliste : quand le prolétaire paye son logement, il y réfléchit à deux fois avant de faire grève, avant de se syndiquer, avant d’être solidaire de ceux qui luttent autour de lui ; pour les possédants, le système n’a donc que des avantages !
Concernant la dette dite publique, contractée par l’État et ses déclinaisons locales que sont les régions et les départements, on cherche à nous faire croire que l’argent emprunté le serait pour une bonne cause : assurer à chacun l’accès aux services publics qui caractérisent l’État-providence ; c’est oublier que, si l’on prend l’exemple de la sécurité sociale, ce n’est pas l’État qui finance les caisses, mais les salariés, qui payent à la fois pour eux et pour le patronat (dont les cotisations, on ne le rappellera jamais assez, proviennent de la plus-value dégagée par le travail). C’est oublier que l’indemnisation du chômage n’est pas davantage payée par l’État, que les entreprises dites « publiques », rapportent davantage qu’elles ne coûtent, et que les salariés des trois fonctions publiques font les frais de la rigueur salariale depuis qu’en 1983 le gouvernement Fabius a montré par la désindexation des salaires par rapport à l’inflation le vrai visage du socialisme de gouvernement, qui change la vie, mais au seul profit de la bourgeoisie…
Que fait l’État de l’argent qu’il ventile dans son budget, si ça n’est pas, comme voudraient nous le faire croire les bien-pensants de la gauche réformiste, pour redistribuer les richesses ? Réponse : il attribue le premier poste au service de sa dette, il rembourse du capital, un peu, mais, surtout, il paye les intérêts des intérêts de tout ce qu’il a pu emprunter depuis que le monde est monde… Ainsi, pour 2010, l’État français a dû rajouter à un déficit budgétaire de 149,7 milliards d’euros (dont 42,5 milliards d’euros d’intérêts), les « amortissements » des dettes à moyen et long terme arrivant à échéance en 2010 pour un montant de 83 milliards d’euros. Les intérêts à payer représentent 96 % des engagements financiers. En 2010, ce sont 125,5 milliards d’euros (83 de capital + 42,5 d’intérêts) que l’État nous fait rembourser, prix d’une austérité bien réelle, mais qui ne dit pas son nom. En 1995, le stock de la dette publique s’élevait à 431 milliards d’euros. Fin 2011, le total cumulé des intérêts servis et des capitaux remboursés s’élèvera lui, à 2 013 milliards d’euros, soit 4,6 fois plus qu’en 1995 ! Dans le même temps, la dette aura été élevée à 1 333 milliards d’euros, soit plus de 3 fois le montant de 1995. Les intérêts payés (658 milliards d’euros) représenteront plus du double du total des dépenses du budget général (285,7 milliards d’euros pour 2011). La dette publique représente 37 % des dépenses publiques !
De tels chiffres peuvent donner le vertige à tous ceux qui survivent avec leur RSA : ainsi, ce dont ont peur les marchés, c’est la simple perspective qu’une partie infime de la dette d’un État puisse ne pas être remboursée, et c’est là que le système dévoile toute sa perversité : les organismes financiers ont tout intérêt à maintenir leurs débiteurs en état de dépendance, autrement dit, ils pratiquent avec les États le plus grand credit revolving du monde, ils prêtent pour rendre possible le remboursement de ce qu’ils ont déjà prêté parce que l’État est une sorte de super-huissier qui possède tous les moyens coercitifs : loi, police, armée, pour persuader la classe laborieuse de payer toujours plus…
La grande originalité de la situation qui se dessine en cet automne 2011, c’est qu’elle révèle à ceux qui ne veulent pas l’admettre l’extrême similitude des problèmes qui se posent au prolétariat où qu’il soit dans le monde : les exploités, salariés ou sans emploi, des pays dits « développés » connaissent à leur tour les difficultés que vivent depuis des dizaines d’années leurs camarades du tiers-monde, écrasés sous la dette dans l’indifférence générale. En Grèce, en Italie, en Islande, en Espagne, au Royaume-Uni, aux USA, en France, le couperet est financier, mais c’est toujours un couperet, comme celui qui naît du renchérissement des matières premières agricoles, et qui a poussé dans la rue l’ensemble des travailleurs d’Afrique du Nord.
Face à cette avalanche de mauvais coups, il est impératif de réagir. Qu’on ne compte pas sur la Fédération anarchiste pour bêler avec ceux, de gauche ou d’extrême-gauche, qui, tout en déplorant la lourdeur de la dette, ne remettent pas en cause le vol caractérisé qu’elle constitue ; qu’on ne compte pas sur la Fédération anarchiste pour souscrire à une déclaration de collaboration de classe comme celle qu’a publiée le 18 août 2011 l’intersyndicale nationale, qui, en appelant aux journées d’action machines-à-perdre, s’affirme soucieuse de sauver l’Europe et de réduire les déficits publics, ou pour exonérer de leurs responsabilités les organisations syndicales qui n’en font pas partie. Le seul mot d’ordre pour réagir au chaos capitaliste, c’est : « Faut pas payer ! » Cela suppose, dans le cadre d’une grève générale expropriatrice et gestionnaire, l’effacement pur et simple de toutes les dettes : privées pour soustraire les salariés à la mainmise de la classe possédante, publique par destruction de l’État en tant que structuration politique destinée à faire perdurer le capitalisme. Une phase transitoire avant la disparition de l’économie monétariste pourrait consister en la mise en place d’un service public autogéré de crédit gratuit sur la base des principes proposés par Proudhon. On comprend dans ces conditions qu’il est encore plus illusoire que jamais d’attendre un quelconque changement des élections à venir.

Fédération anarchiste

Pour l’autogestion de l’énergie. Contre le nucléaire

01-11-2011

La question de la production et de l’accès à l’énergie est un enjeu essentiel pour le capitalisme globalisé, pour les États modernes autant que pour les collectivités humaines. L’épuisement annoncé des énergies fossiles et nucléaires, les évolutions technologiques, la pression exercée par la catastrophe écologique de l’effet de serre, la nécessité de décroissance de la consommation, les évolutions politiques des États qui régionalisent dans une optique économique libérale, la fin des monopoles d’État du secteur énergétique… amènent une situation nouvelle sur ces questions. En France, la privatisation forcée des compagnies EDF, GDF et RTE, les aides octroyées par l’État, la marche forcée de l’Europe vers un bouquet énergétique sans dégagement de CO2, le potentiel de déconcentration des productions énergétiques… encouragent la spéculation qui fait de la production des énergies renouvelables un nouveau filon grâce à l’instauration de la taxe carbone. Petits producteurs ou firmes multinationales, pétrolifères ou nucléocrates, françaises ou étrangères, tout ce petit monde transforme le rêve de l’énergie naturelle gratuite des premiers mouvements écologistes en nouvel eldorado spéculatif et politiquement correct. Le vent, le soleil, le méthane, ne sont plus gratuits. On encourage les particuliers à alléger leurs propres crédits en produisant et revendant de l’énergie renouvelable. Chacun, à la plus petite échelle, est donc encouragé à spéculer sur une énergie pourtant patrimoine de l’humanité, au même titre que l’eau : il s’agit là d’une véritable marchandisation de ce qui est un bien commun et inaliénable. Cette évolution contradictoire sur les énergies renouvelables doit être l’opportunité d’innover politiquement en faveur d’une production énergétique sans nucléaire, non polluante, déconcentrée, accessible à tous et autogérée sous la forme d’un service public où usagers (individus et collectivités) et travailleurs de ces filières seraient associés. Déjà, outre le secteur de l’eau, on voit des collectivités s’organiser en régies pour produire une partie au moins de l’énergie consommée. De nombreuses associations œuvrent en faveur d’une production d’énergie décentralisée, au plus près des lieux de consommation, et l’opinion publique semble sensible à ces questions qui sont autant politiques que techniques. L’autonomie semble être un objectif en matière de production et de consommation d’énergies, mais elle n’est pas toujours possible, ni souhaitable. Outre que les conditions climatiques rendent les collectivités humaines inégales, l’autogestion ne peut pas s’exprimer autrement qu’à travers la solidarité, la complémentarité, et à un niveau de production qui permette d’apporter des réponses collectives d’échelle, sans interdire les réponses techniques à petite échelle. On peut produire localement, sans État qui centralise et contrôle et sans patrons qui s’approprient ce qui nous appartient, mais il faut aussi construire et fournir un réseau solidaire de dimension régionale voire au-delà. Le réseau privatisé Réseau transport d’électricité peut ainsi devenir le réseau de service public d’une fédération d’unités de production d’énergie renouvelable. Ces unités de production, gérées par les collectivités, à travers régies ou coopératives de service public – entreprises sans buts lucratifs –, doivent associer travailleurs, usagers (particuliers ou entreprises) et collectivités pour devenir un service public de l’énergie sans nucléaire, et autogéré. Sa proximité des lieux de consommation devrait pouvoir réduire les coûts et les pertes liées au transport d’énergie sur longue distance, faciliter la sensibilisation aux économies d’énergies et à la décroissance de leur consommation, et faciliter l’intérêt des populations pour sa gestion associée. Dans ce combat, les personnels des services de l’énergie autant que les réseaux d’associations antinucléaires devront être informés et sollicités. Les enjeux sont essentiels et reposent sur trois pistes :
  1. Création d’un service public de production et de distribution autogéré sans nucléaire, de proximité ;
  2. Empêcher la marchandisation et le caractère spéculatif de la production énergétique renouvelable ;
  3. Procéder à l’expropriation des firmes privées de ce secteur pour imposer des productions sous formes de régies ou de coopératives de production autogérées, sans but lucratif. Sans une forte pression de l’opinion publique dans cette direction, la lutte contre les nouvelles constructions de centrales nucléaires et pour le démantèlement de celles qui sont vétustes, quelle que soit sa radicalité, n’a quasiment aucune chance d’aboutir.
Fédération anarchiste

Répression contre le mouvement social en Grèce

26-05-2011

Le 11 mai, un appel à la grève générale a été lancé en Grèce. La manifestation a été brutalement réprimée à Athènes. Cette attaque policière survient dans un climat de tension : inculpation de trois militants pour des faits qui se sont passés le 5 mai dernier (mort de trois employés de banque dans un incendie suite à une manifestation contre la crise et les mesures d’austérité), attaque par les fascistes des lieux occupés. Lorsque la manifestation, regroupant plusieurs dizaines de milliers de personnes, a débuté, la police a attaqué violemment le cortège libertaire et les syndicats de base. Il y a eu plusieurs blessés et des dizaines d’arrestations. Un manifestant est entre la vie et la mort. Le gouvernement grec est accusé de tentative de meurtre par les manifestants. La Fédération anarchiste apporte son soutien aux manifestants, aux mouvements sociaux et aux groupes anarchistes impliqués dans la lutte contre les mesures de régression sociale imposées par le gouvernement grec et le FMI. Nous condamnons la répression policière et la violence étatique. Nous soutenons le mouvement anarchiste grec qui, comme dans d’autres pays, construit les nouvelles formes de résistance sociale.
Fédération anarchiste

Arrêt immédiat du nucléaire

30-03-2011

Depuis la spoliation par Areva de ressources naturelles dont les habitants de pays comme le Niger ne tirent aucun bien-être jusqu’à la répression policière des actions contre les trains de déchets, en passant par la culture du secret qui avait fait s’arrêter le nuage de Tchernobyl à la frontière de l’État français, le nucléaire illustre de façon sinistre les relations incestueuses entre capital et État.
Comme si les conséquences du séisme qui vient de causer la mort de dizaines de milliers de personnes au Japon ne suffisaient pas, l’horreur nucléaire vient se surajouter à la désolation. Comme leurs homologues après les catastrophes de Three Mile Island, de Tchernobyl, les autorités japonaises ont choisi de minimiser l’importance du danger, sacrifiant ainsi aux intérêts présents du lobby nucléaire la santé des générations futures. Combien d’autres événements du même ordre devront-ils se reproduire pour que cessent les mensonges ? Combien de cancers de la thyroïde tueront-ils les irradiés de mars 2011, et ceux qui les suivront ? Combien d’hectares de terres agricoles seront-ils contaminés pour des milliers d’années ? Combien de personnes devra-t-on déplacer, combien d’autres, trop pauvres, mourront-elles à petit feu sur place ? Ainsi, les populations japonaises expérimentent les deux faces de la nocivité de l’énergie atomique : le traumatisme causé par le nucléaire militaire américain à la fin de la Seconde Guerre mondiale égale en horreur celui des conséquences prévisibles de l’accident de la centrale civile de Fukushima. Pour la Fédération anarchiste, le nucléaire génère des sociétés fondées sur l’autoritarisme policier et dessaisit les populations du libre choix de leur mode de vie, de leur façon de produire et d’utiliser l’énergie. Les Japonais y sont hostiles, tout comme une immense majorité des opinions publiques mondiales, il est donc plus que temps que s’étende à l’échelle globale la lutte contre les apprentis sorciers qui imposent l’atome à ceux qui n’en veulent pas. Les problèmes énergétiques ne peuvent se résoudre que par la disparition du système économique qui les engendre, qui fait que certains gaspillent l’énergie alors que d’autres en manquent cruellement. Seule une révolution sociale peut faire disparaître Areva et ses protecteurs étatiques, seule une révolution sociale peut créer les conditions d’une utilisation autogérée plus rationnelle et plus sobre des ressources naturelles. La Fédération anarchiste continuera à œuvrer en ce sens.

Fédération anarchiste

Libye : pour la révolution, contre l’intervention militaire

28-03-2011

La Fédération anarchiste condamne l’intervention des forces aériennes britannique, états-unienne et française en Libye, sans pour autant soutenir la dictature de Kadhafi. Pour elle, l’attachement des belligérants à la liberté des libyens est en effet plus que suspect, il ressemble davantage à un souci très terre à terre de pouvoir continuer les affaires avec les successeurs de l’actuel régime, et de pouvoir se garantir l’approvisionnement en pétrole libyen en virant Kadhafi sans toucher aux autres dictatures pétrolières où la révolte gronde aussi mais où les potentats sont plus sûrs et/ou mieux contrôlés.
Est-il besoin de rappeler que ceux qui ont vendu les armes dont se sont servis les miliciens du tyran libyen sont les mêmes que ceux qui font parler la poudre depuis le 19 mars 2011 ? Faut-il rappeler que la France, s’agissant de la révolution tunisienne offrait récemment ses services répressifs à Ben Ali ?

Ce sont ceux qui se font passer pour des libérateurs qui ont contribué des années durant au maintien de Kadhafi au pouvoir, qui lui ont confié la gestion des flux migratoires en direction de l’Europe, ce dont il s’est acquitté avec zèle, qui ont d’autant plus commercé avec lui qu’il était devenu plus fréquentable après avoir renoncé à son programme nucléaire. Ce sont les mêmes qui, au prétexte de frapper l’ennemi, allongeront l’interminable liste des bavures militaires, pudiquement rebaptisées « dégâts collatéraux », les travailleurs libyens n’ont pas besoin d’eux !
Arrêt immédiat de l’intervention !
Solidarité internationale avec tous les révoltés !
Fédération anarchiste

Tunisie : la jeunesse se lève

18-01-2011

Depuis plusieurs semaines, la révolte gronde et s’exprime dans les rues de Tunisie, mais aussi en Algérie. Ces émeutes ont pris une ampleur plus particulière suite à la mort de Mohamed Bouazizi qui s’est immolé pour protester contre la hargne des flics et de l’administration à son endroit. Son cas est révélateur de l’extrême précarité dans laquelle vit la population, et les jeunes notamment. En Algérie, au Maroc, en Tunisie, la jeunesse diplômée est au chômage condamnée à de petits boulots, à vivre entre la corruption et la violence policière. La jeunesse, et avec elle la population entière, est donc descendue dans la rue pour crier son malaise, sa souffrance et son rejet de cette politique corrompue. Le gouvernement, lui, utilise la seule réponse qu’il connaisse : la répression violente, faisant plusieurs dizaines de morts et des centaines de blessés. Cette répression se passe dans l’indifférence des États occidentaux, dont la France. Ces derniers sont les soutiens des gouvernements autocratiques du Maghreb, qui se targuent de faire rempart à la menace islamiste, tout en asservissant les populations auxquelles ils dénient le droit de vivre libres et dignes. L’avenir de la jeunesse tunisienne, mais aussi des populations du Maghreb, doivent se construire contre le pouvoir étatique et religieux. La Fédération anarchiste apporte tout son soutien aux manifestants et condamne avec la plus vive détermination les violences policières, la corruption et le silence assassin des « démocraties » bourgeoises. Partout dans le monde, la jeunesse se met en mouvement contre la pauvreté et la limitation des libertés. Ensemble, nous n’avons plus peur !
Fédération anarchiste

Retraites : y a-t-il d’autre solution que la grève ?

14-09-2010

Communiqué de la Fédération anarchiste.
1604GrevesAprès une journée de manifestations massives le 7 septembre, les directions syndicales ont tout fait pour que le mouvement social ne puisse pousser l’avantage, résultat des courses : seize longs jours au cours desquels il ne doit pas – c’est du moins ce qu’elles espèrent – se passer grand-chose, et surtout pas la seule chose qui pourrait faire plier le gouvernement, à savoir le blocage du pays par la grève générale. Ainsi, elles laissent le champ libre au jeu parlementaire et se comportent davantage en supplétifs de la social-démocratie qu’en organisations de défense des intérêts matériels et moraux de la classe ouvrière et du salariat dans son ensemble. En agissant de cette manière, elles œuvrent non seulement à la démoralisation de leurs propres troupes, à qui elles voudraient bien faire gober qu’il est trop tard et que tout est bouclé, mais elles assurent également leurs arrières, prises qu’elles sont dans le bourbier de la loi Chérèque-Thibaut-MEDEF du 21 août 2008 sur la représentativité des « partenaires sociaux » qui réserve des pactoles d’argent public à ceux qui oublieraient définitivement la lutte pour se lancer dans la cogestion et l’écriture des textes scélérats. Ce qui se passe actuellement n’est rien d’autre que bonne vieille méthode qui a fait ses preuves depuis 2003, celles des temps forts qui encadrent des temps morts et qui, sans qu’on s’en aperçoive, trimbale le pays jusqu’à la trêve estivale ; dégueu mais efficace…

Pour la Fédération anarchiste, il est bien sûr capital d’obtenir d’abord et avant tout le retrait du projet gouvernemental : en premier lieu parce qu’il constituerait un premier coup d’arrêt à la longue série de revers qu’a essuyés le mouvement social ces dernières années, mais aussi parce qu’il permettrait d’éviter l’aggravation prévisible de la contre-réforme de 2010 : Fillon n’a rien annoncé d’autre le 9 septembre en confiant à l’antenne de France 2 : « il faudra forcément réaliser des adaptations au cours de la mise en œuvre de cette réforme. Il n’y aura jamais de réforme définitive ». Nous voilà donc prévenu-e-s ! Ce sera donc, graduellement, 63, 65,70,80 ans pour l’âge de départ avec 42, 45, 50, 60 annuités de cotisation, le tout jusqu’à ce que mort s’ensuive à se faire exploiter au travail ! Patronat et gouvernement nous préparent la retraite des morts sous le regard passif et bienveillant des roitelets syndicaux et nous ne serions pas en grève ?

Cependant, obtenir le retrait sans remettre en cause radicalement le lien des conditions de ressources avec le travail reviendrait à s’arrêter au milieu du gué. Pour nous, anarchistes, qui militons pour l’égalité sociale, conditionner le confort d’une fin de vie à la durée de l’aliénation au travail équivaut à prolonger tout au long de l’existence les injustices dues à l’écart des salaires dont se sert le patronat pour asseoir sa domination sur le monde du travail. Nous sommes donc partisans d’une société d’où auraient disparu les parasites les plus nuisibles qu’ait connus l’humanité : le capitalisme et le relais politique chargé de le protéger des mouvements révolutionnaires, à savoir l’État flanqué d’une démocratie parlementaire. En ce sens, on peut dire que l’abolition du salariat sera la fin des injustices de l’actuel fonctionnement de la retraite. Par la gestion directe de ce qu’il produit, l’homme sera le mieux à même de mettre en place des systèmes de solidarité tout au long de la vie, et pas seulement lors de la vieillesse, qui consisteront à socialiser la part des richesses produites nécessaires à ce qu’aucun sur la planète ne crève de faim, ne manque d’un toit, ne soit emporté par la maladie faute d’un système de santé, c’est-à-dire exactement l’inverse de ce que réussit à faire le capitalisme…
Mais parvenir à ce résultat suppose que la bataille commence enfin, que la lutte s’organise par la base, selon les modalités de l’autonomie du mouvement social, sur le principe des assemblées générales souveraines et du mandat impératif et révocable ; la question la plus importante n’est donc pas de savoir combien de personnes seront dans la rue le 23, mais combien ne reprendront pas le travail le 24.
Fédération anarchiste

Balayons les affameurs, sortons de l’impasse suicidaire du capitalisme

01-06-2010

En France comme ailleurs, les grands patrons ne s’en cachent même plus : ils mènent une véritable guerre de classe contre le monde du travail et mettent tout en œuvre pour la gagner avec la complicité active des États.
Ils font payer aux salarié-e-s, chômeur-se-s, jeunes, retraité-e-s, etc., l’addition de la crise de leur système économique et financier, le système capitaliste, liquidant ainsi un siècle de conquêtes sociales. Ils affirment leur volonté de maintenir et d’augmenter sans cesse leurs profits et de récupérer ce qu’ils ont été obligés de céder.
À les entendre, il n’y aurait plus d’argent pour le service public, les retraites, les aides sociales, alors même que des milliards d’euros ont été trouvés pour les banques et certains secteurs du capitalisme ; et que 30 milliards d’exonération sont accordés par an aux patrons, au prix du pillage de notre Sécurité sociale, fondée sur nos salaires directs et différés.
La propagande gouvernementale et le matraquage médiatique ne changeront pas les faits : la spéculation et les profits explosent alors que parallèlement la pauvreté, la précarité, l’exploitation forcenée se développent partout et que les tentatives de résistance sont criminalisées (lutte des sans-papiers, grévistes soi-disant preneurs d’otages, etc.).
Aucune solution ne viendra des combinaisons politiciennes. L’abstention massive aux dernières élections, notamment dans les quartiers populaires, montre que les exploité-e-s n’espèrent rien de ce qui constitue, pour les anarchistes, une impasse.
Dans le même temps, les bureaucraties syndicales mènent un véritable travail de sape, d’émiettement (journées d’action sans perspective) et d’anesthésie des luttes sociales et accompagnent plus ou moins directement les contre-réformes en cours ou en projet, comme celle des retraites. L’unité d’action absolument nécessaire n’a de sens que sur des bases décidées et organisées par ceux et celles qui luttent.
Face au consensus politico-syndical qui tente de tout verrouiller, face à la résignation entretenue par l’idée fausse que le capitalisme est indépassable, les militants et militantes de la Fédération anarchiste s’engagent résolument dans la bagarre avec tous ceux et celles qui veulent se réapproprier leurs luttes ou faire vivre les alternatives en actes, notamment avec les luttes sur les transports gratuits, la réappropriation des logements, l’éducation populaire… Ils opposent à la résignation la volonté de comprendre et d’agir.
Nous décidons d’expliquer notre point de vue le plus largement possible, avec d’autres organisations lorsque les conditions le permettent.
Nos analyses, nos propositions, notre projet de société seront présentés et débattus lors de réunions, débats, meetings, qui seront organisés partout en France et diffusés avec tous les moyens d’information dont la Fédération anarchiste dispose (Le Monde libertaire, Radio libertaire, etc.).

Fédération anarchiste
Motion adoptée au 67e congrès de la Fédération anarchiste réuni à Rennes les 22, 23 et 24 mai 2010.

Ni religion, ni racisme, ni xénophobie

01-06-2010

La lutte antireligieuse est plus que jamais à mener face au retour en force des communautarismes religieux, à la revendication d’une « laïcité ouverte » ou « laïcité positive », où hiérarchies et appareils religieux interviendraient directement dans les institutions, face aux attaques contre le droit à l’avortement orchestrées par des lobbys religieux, aux financements publics des institutions religieuses notamment dans l’Éducation, etc.
De plus, le gouvernement utilise le combat pour la laïcité, celle qui retire aux religieux leur droit d’action obscurantiste et irrationnel, notamment contre les plus jeunes, afin de faire des amalgames xénophobes contre certaines personnes, de confessions et plus généralement de cultures différentes.
D’une part, l’État instrumentalise les fondamentalismes religieux afin d’instaurer sa politique sécuritaire, d’autre part, il veut faire croire que ces mêmes religions dans leurs versions « soft » seraient nécessaires à la société. Selon nous, le retour du religieux révèle surtout de l’exclusion croissante d’une part importante de la société.

En conséquence la Fédération anarchiste rappelle :
  • qu’elle combat, a combattu et combattra toujours toutes les religions quelles qu’elles soient ;
  • que les religions n’ont jamais, ne sont pas et ne seront jamais des facteurs d’émancipation : qu’elles instaurent un rapport de domination politique, sexuelle, économique et nationaliste.


Pour cette même raison :

  • nous refusons tout amalgame entre les religions et les origines ;
  • nous affirmons que les interdictions et répressions perpétrées par l’État contre certaines religions, qui sont souvent le prétexte à des politiques xénophobes, ne peuvent être un moyen souhaitable de combattre la religion ;
  • nous affirmons que ceux qui, sous couvert d’un nécessaire combat antireligieux, véhiculent des idées racistes, xénophobes et nauséabondes, seront toujours les ennemis de la Fédération anarchiste.
Fédération anarchiste
Motion adoptée au 67e congrès de la Fédération anarchiste réuni à Rennes les 22, 23 et 24 mai 2010.

Succès antifasciste

20-05-2010

Ce 9 mai 2010, à l’appel d’une quinzaine d’organisations, plus de 700 antifascistes ont défilé à travers Paris, de Belleville à la place du Châtelet. La marche a débuté par un vibrant hommage aux FTP-MOI, accompagné de portraits des fusillés de l’Affiche rouge. À République, une intervention a rappelé la raison de notre présence dans la rue. Depuis de trop nombreuses années, l’extrême droite radicale tente, avec plus ou moins de succès, de se réunir le 9 mai dans les rues de Paris, au prétexte de la mort d’un de ses militants en 1994. Depuis sept ans, nous nous mobilisons contre cette présence dans la rue. Aujourd’hui, nous nous sommes à nouveau mobilisés pour ne pas leur laisser le champ libre et pour rappeler que ces fascistes sont les mêmes qui attaquent et agressent, en supplétifs du gouvernement, les jeunes, les étrangers, les sans-papiers et le mouvement social.

À proximité du métro Arts-et-Métiers, le collectif d’organisations souhaitait rappeler qu’actuellement l’extrême droite électorale et radicale prospère sur la crise économique. Les plans de licenciements, la précarité ou le chômage de masse imposent au mouvement antifasciste de construire une riposte anticapitaliste. Avant de se disperser, les manifestants ont été invités à jeter 200 roses dans la Seine en souvenir des victimes de l’État français du 17 octobre 1961.

Notre manifestation était la conclusion d’un week-end de mobilisation contre l’extrême droite et ses idées. La veille, plus de 120 personnes ont participé au débat « Comment lutter contre l’extrême droite sur le terrain social » organisé au Salon du livre libertaire. Ce débat fut l’occasion pour un public de tout âge d’échanger sur la situation de l’extrême droite française, de discuter de la manière dont nous pouvons articuler la lutte antifasciste avec les luttes sociales. Karim Chafi, acteur associatif de Chauny, en a profité pour revenir sur les agressions racistes menées par des nazi-skins dans sa ville, tandis que Didier Bernard, syndicaliste à Continental, a saisi cette occasion pour dénoncer les tentatives de récupération des luttes ouvrières par l’extrême droite.
Les forces antifascistes mobilisées ce week-end à Paris n’en resteront pas là !
Fédération anarchiste

Répression contre les indiens du Mexique

06-05-2010

Nous venons d’apprendre que des compagnons de VOCAL (Voix oaxaquègnes construisant l’autonomie et la liberté) participant, avec des membres de l’APPO (Assemblée populaire des peuples d’Oaxaca), à une caravane de solidarité au peuple triqui harcelé par des paramilitaires, ont été agressés par armes à feu. Il y a eu deux morts, plusieurs blessés et trois de nos compagnons ont disparu (dont David Venegas, un des fondateurs de VOCAL), ce qui fait craindre le pire.

La caravane humanitaire se dirigeait vers le village autonome de San Juan Copala. Celui-ci vit actuellement une situation d’isolement organisée par des paramilitaires dont tout porte à croire qu’ils sont téléguidés par le PRI (Parti révolutionnaire institutionnel, conservateur).
La Fédération anarchiste tient à exprimer sa solidarité avec ceux qui luttent pour leur autonomie face à un gouvernement dont la fonction évidente est de favoriser l’essor de multinationales, et appelle tous ceux qui ont compris l’importance de cette lutte à rejoindre les manifestations de solidarités. Nous resterons vigilants et continuerons à dénoncer tous les actes d’agressions dont sont victimes ceux qui résistent à la colonisation bourgeoise.
Fédération anarchiste

Antifascistes dans la rue

19-11-2009

Le lundi 9 novembre 2009, une action initiée par la Fédération anarchiste a eu lieu à Paris. Nous avons momentanément, sans violence mais avec détermination, effectué une distribution de tracts, déroulé une banderole et lancé des slogans.
Nous avions ainsi choisi de nous inscrire dans la journée européenne d’action antifasciste. Le lieu choisi, la maison de l’Europe, était un lieu choisi pour donner une dimension symbolique à notre intervention.
Cette action s’inscrivait dans cette lutte antifasciste internationale, mais aussi dans la campagne internationale contre les centres de rétention menée par l’Internationale des Fédérations anarchistes.
À tous et à toutes, salutations antifascistes et anarchistes !
Voilà le communiqué qui a été distribué :
« Aujourd’hui comme hier, ici comme ailleurs, solidarité antifasciste !
Aujourd’hui, lundi 9 novembre 2009, la Fédération anarchiste est dans les locaux de la Maison de l’Europe, à Paris.
Le 9 novembre, car il y a 20 ans tombait le mur de Berlin.
Le 9 novembre, car il y a 71 ans c’était la nuit de Cristal.
Le 9 novembre, car, dans toute l’Europe, en ce jour symbolique, les antifascistes se mobilisent pour que jamais une telle tragédie ne puisse se reproduire.
Des années après ces événements, peu de chose a réellement changé. Si les frontières à l’intérieur de l’Europe sont officiellement ouvertes, elles sont plus que jamais fermées à celles et ceux qui viennent de pays plus pauvres.
Elles sont également réactivées lorsque les mouvements sociaux veulent s’unir au-delà des nations pour lutter contre ceux qui les oppressent.
Si le régime nazi est relégué aux poubelles de l’histoire, il existe encore des partis et des mouvements s’en réclamant. Dans certains pays européens, les antifascistes risquent et parfois perdent la vie en luttant contre eux.
Le fascisme n’est plus une marionnette grotesque que l’on remue pour effrayer la population: ses idées sont désormais en passe d’être intégrées aux rouages de l’État qui n’a plus besoin de se revendiquer de cet héritage pour mettre en place ses politiques racistes et xénophobes. Si le mur de Berlin est tombé, bien des frontières se sont construites autour du continent alors même qu’à l’intérieur les sans-papiers sont traqués, placés en CRA et expulsés.
En France, les gouvernements successifs, de droite comme de gauche, poursuivent cette politique et expulsent à tour de bras, promulguant des lois sécuritaires et faisant un amalgame malsain entre immigration et délinquance : les récents propos du ministre de l’Intérieur le prouvent une fois de plus.
Aujourd’hui, en ce jour de mémoire, la Fédération anarchiste rappelle à tous que nous serons toujours présents pour lutter contre le fascisme et le racisme, qu’ils soient dans la rue ou dans les hautes sphères de l’État.
Aujourd’hui, nous saluons nos camarades antifascistes du monde entier. Et nous rappelons à celles et ceux qui subissent de plein fouet les politiques racistes et xénophobes que nous serons toujours à leurs côtés.
Ici comme ailleurs, aujourd’hui comme hier, combattons le fascisme et le racisme !

Fédération anarchiste

Non à l’EPR !, non à la société nucléaire !

01-04-2006

mobilisation antinucléaire des 15 et 16 avril 2006 à Cherbourg

L’EPR, réacteur européen à eau sous pression, est le résultat d’une alliance franco-allemande. L’objectif est de remplacer le parc électro-nucléaire français, et d’exporter le réacteur au moment où la crise énergétique affole les opinions publiques.

Entériné au cours du pseudo-débat sur l’énergie (2003) et de la loi d’orientation sur l’énergie votée le 1er juin 2004 à l’Assemblée, Villepin annonce en octobre 2005 « qu’au vu des conclusions du débat public en cours, EDF construira le premier réacteur EPR à Flamanville (Manche) ». Pourtant, EDF avait déjà lancé des appels d’offre et le « débat public sur l’EPR » débutait le... 3 novembre 2005 !

L’EPR soulève de nombreuses critiques. Avec son rendement faible (33%), un rendement au kilowatt-heure supérieur de 10% à peine par rapport à ses aînés, il reste émetteur de chaleur (effet de serre) et gros consommateur d’eau, et surtout, il génère des déchets radioactifs dont on ne sait toujours que faire, dangereux pour des milliers d’années. Ajoutons à cela que son caractère indestructible est douteux depuis l’attentat des Twin towers, et que ce projet n’a jamais été soumis à une contre expertise technique et financière. Il coûterait 3 milliards d’euros, et viendrait conforter la surproduction électronucléaire française alors qu’aucune tranche supplémentaire n’est nécessaire avant quinze ans. Alors pourquoi ce passage en force ?

L’EPR, au service de qui ?

Les vraies raisons de l’adhésion des politiques et des industriels à l’EPR sont ailleurs. En réalité, selon un rapport d’EDF, ce projet EPR est rendu nécessaire pour assurer le maintien industriel et intellectuel des filières industrielle et scientifique liées au nucléaire. Le secteur industriel est mis à mal par l’absence de nouvelle construction, l’entretien des installations ne lui suffisant pas. EPR viendrait à point nommé (s’il ne tarde pas trop !) pour relancer aussi la recherche, assurer l’entretien du niveau des connaissances acquises et surtout le recrutement de chercheurs qui emprunteraient une filière qui se tarit (départs en retraite), et qui ne jouit pas d’une bonne image dans l’opinion publique, car considérée sans avenir et dangereuse. Enfin, les exploitants allemands se voyant interdire toute construction de tranche nucléaire dans leur pays, resteraient présents sur ce marché, mais en France, en attendant que l’État allemand change d’opinion.

Une politique globale de destruction

À y bien regarder, donc, l’EPR nous est imposé pour des raisons qui sont propres aux maîtres d’œuvre de cette industrie dangereuse, et qui n’a rien à voir avec des besoins réels, ou une aspiration librement exprimée et partagée. À ce titre, il convient de mettre en perspective cet épisode EPR avec le sort des populations et le respect des ressources naturelles dans le développement incontrôlable de l’organisation capitaliste. En prédateur forcené, le système basé sur la recherche de profits croissants fait main basse sur des ressources qui appartiennent pourtant à tous et toutes, pour les piller, puis les rejeter lorsque la courbe des bénéfices devient descendante, sans autre planification que celle des comptes en banque des actionnaires privés ou d’État. La gabegie, l’incitation à la consommation outrancière et déresponsabilisante, la pollution, le mensonge, la collusion avec les pouvoirs politiques, les mauvais traitements infligés aux salarié-es et aux populations gênantes et à leur cadre de vie... sont monnaies courantes dans le secteur du nucléaire, comme des énergies en général. Et l’on pourrait évoquer aussi le sujet des OGM, de l’amiante, de la déforestation des pays du Sud, l’industrialisation sauvage, etc.

Puisque l’État, encore au service des intérêts privés, cherche à nous imposer EPR, comme il nous a imposé la filière nucléaire, civile et militaire, il nous revient d’exprimer un refus indépendant des politiciens verts[[D. Voynet a récemment déclaré que la fibre antinucléaire n’était pas dans sa culture écologiste. Les élus régionaux Verts de Basse Normandie se sont abstenus lors de la décision d’implanter EPR dans la Manche. Enfin, Verts, Alternatifs et LCR s’associent aux très nucléocrates PC et PS sans y voir d’incompatibilité des moyens de faire de la politique...]] et autres courants voisins -- qui sont « au service de » et soumis à la logique de cet État.

S’opposer au nucléaire, pourquoi ?

Le nucléaire a ses soutiens... et ses opposantEs. Pour les premiers, c’est une énergie « propre » car sans effet de serre, seule à même de garantir le confort d’une société développée moderne et l’indépendance nationale. Pour les autres, dont nous sommes, un regard critique est nécessaire sur de tels enjeux de société.

La plupart des médias ont relayé l’idée que le nucléaire était une énergie sans dangers. Bon exemple, l’an passé, l’emballement suscité dans toute la presse devant le projet pharaonique ITER, gouffre financier aux risques énormes (dont la prolifération de tritium, composant clé des bombes atomiques). Ceci est révélateur de l’absence d’expression critique dans les médias, verrouillés par leurs liens financier avec le lobby nucléaire ou leur idéologie scientiste.

Le nucléaire et la liberté

Produire de l’électricité nucléaire implique un pouvoir centralisé et un contrôle policier, voire militaire (contre les risques terroristes entre autres). Avec les attentats du 11 septembre 2001, nous avons pu apprendre que l’éventualité d’un crash de gros avions sur une centrale n’avait pas été envisagée. Qui peut se vanter de tout prévoir ? Aucun système n’est infaillible. Dans cette logique, la concentration d’une source énergétique dangereuse et sa haute technicité éloignent toute possibilité de contrôle direct par la population, rendent dépendantes et fragiles des régions entières qui restent sous le joug de l’État central.

Plus grave, trop mis en sourdine, le risque de catastrophe en cas d’accident est bien réel et de plus en plus accentué avec le vieillissement des centrales.. Un accident nucléaire grave, c’est une région inhabitable pendant des milliers d’années et d’innombrables victimes. Il n’y a actuellement pas de remèdes... C’est pourquoi les Autorités travaillent... sur la gestion des turbulences sociales potentielles qui pourraient en résulter, c’est-à-dire la colère et la panique des habitants !

De plus, la dissémination de pollution (rejets liquides, gazeux, transports, pollutions accidentelles, déchets ferreux refondus et mis en circulation..). ne peut pas ne pas avoir d’effets sur la santé et l’environnement. La question des déchets est toujours sans solution. Ainsi si le nucléaire produit peu de gaz à effet de serre directement, il contamine la terre et produit des déchets pour des milliers d’années.

Logiques de pouvoir et de guerres

Nucléaire civil et militaire sont intimement liés. Le nucléaire civil permet en effet de créer les matières nécessaires à la production des bombes atomiques. C’est d’ailleurs pour cette raison que les choix énergétiques français n’ont fait l’objet d’aucun débat réel dans la population. Qui dit militaire, dit culture du secret ! L’armée étant le bras armé de l’État, le personnel politique n’a guère eu de remords à toutes et tous nous engager dans cette production à risques... Le classement « secret défense » des informations relatives au nucléaire, promulgué en 2003 n’est donc pas étonnant mais cohérent avec la politique de l’État, quelle que ce soit la couleur du gouvernement à ses manettes. Le Président de la République, Jacques Chirac, après avoir brillé en 1995 en autorisant la reprise des essais nucléaires au mépris des populations de Moruroa, a déclaré lors de son voyage en janvier 2006 à l’Ile Longue près de Brest, que la force de frappe nucléaire pouvait être utilisée contre des villes ou des régions abritant des groupes pratiquant le terrorisme. Le Parti Socialiste a acquiescé. En extrapolant et en appliquant cette logique : en 1985, après l’attentat du Rainbow Warrior, aurait-il fallu que le gouvernement Néo Zélandais détruise la France ?

Le nucléaire prépare l’avenir ?

Après les crises pétrolières des années 70, les défenseurs du nucléaire ont avancé l’indépendance nationale comme critère de choix en faveur de cette énergie. Tordons le cou à ce mythe : les principales mines d’uranium ne sont pas en France ! La « culture du risque », chère aux idéologues libéraux, les travailleurs des mines d’uranium au Niger, exposés à la radioactivité et aux conditions de travail pénibles, connaissent... De plus, le secteur du transport, principal responsable de l’effet de serre et pilier de l’activité économique dépend toujours du pétrole.

Nucléaire et corruption

Les stratégies des nucléocrates face à l’opposition au nucléaire s’affinent. Tirant le bilan de l’opposition frontale rencontrée parfois en imposant des décisions qui engagent pour des années, l’État et les industriels du nucléaire organisent désormais des consultations... qui donnent l’illusion de participer à un processus démocratique. Or, un-e opposant-e au nucléaire conséquent-e ne saurait intégrer ces pseudos concertations car ces combines, même si elles peuvent séduire ?! ? en donnant l’impression qu’un avis ou vote peut avoir de l’importance, ne restent qu’une façade légaliste de plus aux magouilles. Il est évident que l’échelle des investissements et de la logistique industrielle du nucléaire -- qui implique des plans à 50 ans voire plus -- ne sauraient être modifiés en fonction de consultations. Dans ce domaine comme dans bien d’autres, les décisions sont déja prises avant d’être passées en « débat ».

Il y a en outre à interroger le syndicalisme quand il sort de la défense des intérêts matériels des travailleurs. S’il est important que les employés d’EDF aient un bon statut, que dire du soutien voire de l’adhésion des directions syndicales au développement nucléaire ? La caution syndicale verrouille le lien qui devrait être tracé entre mouvements écologistes et mouvement social. Pourtant la jonction est possible autour de la défense d’un service public des énergies : mutualisation des coûts, absence de recherche de profits, accès pour tous...

L’électricité nucléaire est en réalité très chère quand on prend en compte l’ensemble de ses coûts : recherche publique, construction et démantèlement des centrales, gestion des déchets... Raison pour laquelle du personnel intérimaire, peu formé, est de plus en plus utilisé comme main d’œuvre. De plus, l’énergie nucléaire accapare la majorité du budget recherche, limitant d’autant le développement potentiel des énergies renouvelables.

Le nucléaire et la sécurité

Le nucléaire ce n’est grave que si l’on a peur de mourir. Faut il en déduire qu’il ne faut pas confier le nucléaire à des militaires ? À des élites politiques disposant de bunkers en cas d’attaque ?

En tous cas, si l’on considère l’état du monde aujourd’hui, les prévisibles conflits à venir autour de la gestion des pénuries énergétiques, en eau potable voire alimentaires, on ne peut rêver pire cauchemar pour le futur que l’extension des connaissances dans le domaine nucléaire à l’ensemble des états de la planète.

Or il est évident que si la France crée l’EPR c’est pour le vendre. Considérons le peu d’intelligence dont l’État français a fait preuve pour le moment dans ce domaine (usines ou réacteurs en Israël, en Inde, Afrique du sud, Irak...) , l’action antinucléaire ne saurait se borner à réclamer plus de transparence ou un nucléaire sous contrôle citoyen. Ce qui nous a en partie protégés pour le moment c’est que la conception des armes et centrales nucléaires nécessite un rapport un minimum rationnel et athée à l’environnement. Elle nécessite un minimum de libertés publiques pour que les « cerveaux » puissent imaginer, se soutenir, créer des choses nouvelles hors d’une société de répétition, de traditions, de religion et de dogmes.

Si il s’est toujours trouvé des fous dans les pays nucléaires (comme le général Mac Arthur lors de la guerre USA/Corée, ou Jacques Chirac dernièrement!) pour vouloir employer les bombes atomiques à une échelle tactique, les conditions sociales et politiques nécessaires pour créer les technologies nucléaires ont heureusement pour le moment contenu l’usage catastrophique que l’on peut imaginer de ces armes.

Cependant, si la France continue d’exporter ses technologies d’enrichissement et de retraitement d’uranium celles ci vont à l’avenir passer dans les mains de sociétés dont le champ politique se limite à un dialogue avec dieu, à la pérennité de systèmes féodaux et racistes millénaires, à l’extension d’empires et qui ne gèreront ces technologies que comme un outil de plus pour poursuivre leurs traditions de guerre ou pour verrouiller leurs populations...

Dans ce cadre, nous le savons, les traités de non prolifération nucléaire des années 70 ne sont pas suffisants. Les pays sur le point d’acquérir la bombe -- tout comme l’état français d’ailleurs-- ne les ont jamais signés malgré les alternances politiques, la fin de la guerre froide et autres prétextes... Et pour cause! L’imbrication entre les lobbys militaro-nucléaires et l’État Français est totale, lutter contre le nucléaire c’est lutter contre l’État.

Lutter contre le nucléaire, comment ?

Dans le domaine uniquement nucléaire, il est évident que continuer sur les formes de luttes antinucléaires légalistes et passant par les élections n’est absolument pas à la hauteur de tels enjeux. Relevons que l’ex-ministre de l’environnement du gouvernement Jospin, la Verte D. Voynet, a elle même tiré un bilan très mitigé de son action sur le dossier du nucléaire. Notons que les seules régions Françaises sans réacteurs comme la Bretagne sont celles où historiquement l’action directe antinucléaire a été pratiquée régulièrement, violement, massivement et à grande échelle par la population (même si cette population est loin d’être composée uniquement d’anarchistes).

Se passer du nucléaire, civil et militaire, réellement et en totalité implique de remettre en cause le Pouvoir. Des pays pourtant capitalistes, par définition énergivores et de gaspillage, ont une faible part de nucléaire comme source énergétique. La consommation de masse moderne n’est donc pas le critère majeur du maintien du nucléaire. C’est la recherche de puissance qui motive cette fuite en avant.

Les minorités gestionnaires, qu’elles soient politiques, économiques ou technocratiques, n’ont pas l’intention de se laisser dépouiller de leurs privilèges. Ils/elles ne pourraient plus décider pour nous !

Passer aujourd’hui par les partis politiques pour espérer contenir le nucléaire continue d’être risible tant les moyens de l’État et particulièrement de l’armée ont traditionnellement été odieux sur ces sujets. Tant il est évident qu’on ne peut sortir du nucléaire en France sans bouleverser intégralement et irréversiblement le fonctionnement de l’économie. La seule attitude morale et durable que nous pouvons concevoir est de changer globalement de logique et de priorités dans le domaine économique. C’est une logique révolutionnaire qui ne saurait se borner à influer sur quelques points isolés de l’organisation sociale actuelle.

Alors quoi ? promettre de détruire des pans entiers de l’économie en stoppant la filière nucléaire mais néanmoins oublier de faire des projets pour vivre autrement qu’avec de la croissance et des enjeux militaires à tous les étages. Qui peut considérer sérieusement les courants politiques qui agitent de tels objectifs ?

Nucléaire et avenir énergétique

La question de l’énergie nucléaire, une nécessité absolue selon l’État, ne peut se poser que dans une société capitaliste où prime la consommation et les profits sur le bien-être de la population. Le débat des « mérites versus dangers » du nucléaire est faux car ancré dans un système qui refuse de remettre en cause notre relation avec les ressources de la planète.

Sans surprise, le gouvernement nous présente son projet nucléaire de façon trompeuse, sans aller au fond du problème sociétal qui fonde nos besoins énergétiques. La croissance énergétique aujourd’hui n’est plus justifiée par le bien être de l’individu, mais par le profit et le pouvoir : une société de production qui pousse à toujours plus de consommation. Nous n’avons pas besoin du nucléaire ; nous avons besoin de repenser nos relations à l’énergie. Notre planète arrivera au bout de ses capacités et nous devons impérativement nous pencher sur une décroissance énergétique qui envisage non pas une énergie nucléaire malhonnêtement dite « propre », mais plutôt une réorientation vers les énergies renouvelables, réellement propres et des économies.

Les alternatives énergétiques

Des alternatives concrètes existent, sont largement exploitables, et permettent d’équilibrer sur le long terme nos besoins en énergie avec les ressources de la planète. Aujourd’hui les énergies renouvelables ne couvrent que 20% de la consommation mondiale d’énergie, mais le potentiel de ces énergies est énorme car ce sont des ressources inépuisables telles la chaleur de la terre, le soleil, le vent, l’eau, les marées, et la croissance des végétaux ; celles-ci n’engendrant pas ou peu de déchets et d’émissions polluantes. Il n’y a pas mystère lorsque nous comparons ces énergies de « flux » aux énergies « stocks » avec leurs gisements limités de combustibles fossiles (pétrole, charbon, gaz, uranium) et les nombreuses guerres économiques et physiques qui ont été menées en leur nom ! Il n’y a pas mystère que derrière ces énergies stocks l’état et les multinationales ont trop investi pour pouvoir lâcher ces énergies polluantes et gaspilleuses en faveur d’énergies saines et renouvelables.

Concrètement, il faut envisager une décroissance énergétique et une adoption des énergies renouvelables d’un côté et de l’autre la fermeture des centrales nucléaires et l’abandon des centrales thermiques fonctionnant aux fioul et charbon. S’ajoutent à ceci un maintien du grand hydraulique (eau) à son niveau actuel et une augmentation modérée de la micro-hydraulique, envisageant un doublement de production par 2050. Le potentiel éolien (vent) pourrait augmenter par dix d’ici 2050 et dans cette même période la biomasse (végétaux, biocombustibles, déchets organiques) pourrait être multipliée par cinq. Le potentiel photovoltaïque (soleil) ne cesse d’augmenter avec la mise au point de technologies toujours plus efficaces de stockage, d’injection, ou d’utilisation directe. Tandis que l’énergie géothermique (terre) peut déjà être adoptée comme moyen de chauffage d’habitation, climatisation, et électricité injectée dans le réseau, son potentiel estimé est de 100 TWh par an.

La décroissance économique

Pour éviter d’aller droit dans le mur, nous devons exiger une décroissance énergétique, qui peut bien sûr commencer par nous, mais qui doit surtout aller au-delà du consommateur particulier et viser les entreprises et les états qui nous imposent leur capital au détriment de notre bien être physique et sociétal. Seule une stratégie de rupture avec le profit et la concentration capitalistes peut ouvrir des perspectives.

La destruction du capitalisme

La consommation mondiale d’énergie peut être réduite de moitié simplement en faisant des économies d’énergie, en changeant nos habitudes de transport, de construction... Hors comment changer ces habitudes en conservant l’organisation de la concurence guerrière propre au système capitaliste ?

La peur du chômage, les carrières basées sur l’argent, le système de formation/spécialisation professionnelle et le manque de temps libre conduisent à la multiplication des déplacements polluants. Comment réduire les transports quotidiens de personnes sans changer l’organisation actuelle du travail ? Comment réduire les transports internationaux tant que la logique de spécialisation des productions de l’économie est à l’œuvre ? Comment sortir l’architecture contemporaine des bâtiments publics de ses délires de verre et d’aluminium climatisés ? Comment réduire les transports de marchandises tant que la production est guidée par une logique de profit : Produits non durables, changés souvent, vendus « pas chers », souvent dans le cadre de besoins crées par la pub pour soutenir la croissance ? Nous en venons aujourd’hui à considérer qu’il est normal d’avoir chaud l’hiver et froid l’été... comment sortir de ces logiques sans casser une certaine idée du productivisme et l’idéologie scientiste de toute puissance sur l’environnement que l’ensemble des médias véhicule ? Comment changer nos modes de construction de logements tant que les populations qui ont le plus besoin de se loger sont celles qui ont le moins d’argent ? Tant que l’accès coûteux et dangereux au crédit privilégie de fait les économies à la construction sur les économies à l’usage ? Comment responsabiliser à l’environnement tant que les différences de capital financier autorisent à une « élite » une mobilité mondiale en cas de problème environnemental ?

Le débat ne porte pas sur les modalités de la technique, mais sur les conditions sociopolitiques, c’est-à-dire sur la maturité des populations, leur capacité à définir leurs propres besoins et à mettre en œuvre une organisation sociale apte à satisfaire...sans compromettre ceux des générations futures.

Le combat antinucléaire est un combat politique, jamais facile mais bien nécessaire, pour un projet de société opposé au productivisme et au capitalisme. La réappropriation de ce qui serait aux capitalistes et aux cliques d’État est la seule à même de nous permettre un développement technologique en lien réel avec nos besoins, notre cadre de vie, nos libertés. Au Nord comme au Sud de l’hémisphère, cette réappropriation passe entre autre par des actions concertées et coordonnées contre EPR et le nucléaire civil et militaire, tout en visant l’autonomie, l’autogestion, le fédéralisme, vers un projet social et écologique égalitaire, donc libertaire.

Militons pour l’abolition des armées, gouffres énormes en matières d’énergie et de matières premières, dont les dépenses mondiales dépassaient les 1 000 milliards de dollars en 2004.

Sortons du centralisme qui éloigne la production énergétique de ses consommateurs et au lieu produisons le plus localement possible des énergies renouvelables.

Il est temps de participer toutes et tous aux choix énergétiques qui nous concernent, de devenir gestionnaires de nos ressources et des décisions qui nous affectent ! Il est temps de rompre avec la passivité : reprenons nos vies des mains des entreprises et de l’état qui nous exploitent.

Décroissance énergétique et autogestion avant qu’il ne soit trop tard !

Fédération anarchiste

Le Sexisme, violence quotidienne

08-11-2004

Des constats communs

Dans le monde entier, bien qu’à des échelles différentes et sous des formes très diverses, les femmes vivent une oppression spécifique liée au seul fait d’être femmes. Cette situation résulte d’un système social archaïque et pourtant encore en vigueur qui organise la domination politique, économique, culturelle, sexuelle et sociale des hommes sur les femmes : le patriarcat. Initialement défini comme un régime social dans lequel le pouvoir est transmis de père en fils et où l’autorité du père est prépondérante dans la famille, le patriarcat se manifeste à travers les rapports entre individus d’une société par des pratiques de domination légitimées dont le but est de soumettre les femmes. Le patriarcat est omniprésent, il impose son ordre et ses normes.

Les actes de violence à l’encontre des femmes sont des conséquences de l’inégalité liée au patriarcat. Ces violences sont multiformes : coups, sévices sexuels, mutilations génitales, mariages forcés, menaces, chantages, violences domestiques, incestes, harcèlements sexuels et moraux, exploitation et marchandisation des corps (publicité, prostitution, pornographie), contraception interdite, inaccessible ou imposée, stérilisations et IVG forcées, meurtres.

Non à l’exploitation de l’homme par l’homme, non à l’exploitation des femmes par des hommes !

Le patriarcat ne connaît pas de frontières

La marchandisation du corps des femmes et des fillettes liée à la prostitution et au tourisme sexuel rapporte plus que le trafic de drogue ou d’armes !

La mondialisation du patriarcat, c’est aussi le travail des femmes dans les « sweatshops », hangars immenses voués à l’industrie, où les femmes gagnent des salaires de misère dans des conditions de travail proche de l’esclavagisme.

On retrouve aussi ses conséquences dans les infanticides perpétrés dans certains pays où il est considéré comme une vraie malédiction d’avoir un enfant de sexe féminin.

Dans d’autres pays, pour exercer un contrôle terrifiant sur le corps des femmes, on pratique l’infibulation et/ou l’ablation du clitoris qui a pour conséquence de rendre extrêmement douloureux tout rapport sexuel pour les femmes.

Le patriarcat est présent dans toutes les sphères et toutes les classes sociales et le capitalisme s’en sert sans vergogne !

En France, les femmes sont payées 19,5 % de moins que les hommes dont 13 % ne sont justifiés par aucune autre différence que le sexe.

Les femmes représentent 60 % des chômeurs et 80 % des travailleurs à temps partiel, et souvent ne l’ont pas choisi.

Dans les hôpitaux, il est encore difficile de pratiquer une IVG, entre moyens insuffisants, regards suspicieux et commandos fascistes.

Une grande part des violences faites aux femmes et aux filles l’est dans la sphère familiale ou proche. En France, 41% des viols sont commis sur des filles de moins de quinze ans, et 74% d’entre elles connaissent leur agresseur. Ce dernier n’est majoritairement pas un marginal dégénéré mais un homme ordinaire, parfaitement intégré à la société.

Au moins deux millions d’hommes en France battent leur compagne et, chaque année, 300 à 400 d’entre elles sont assassinées ; 48 000 viols sont aussi déclarés chaque année ; combien sont tus ?

L’État réprime et les religions oppriment !

Les lois étatiques imposent le mariage comme condition du droit au séjour ou d’une régularisation.

L’exigence du maintien de la vie commune pour la délivrance ou le renouvellement des titres de séjour pose des problèmes en cas de séparation, de violence conjugale, permet des abus de la part du mari et place les femmes en situation de dépendance.

Les lois religieuses dépossèdent les femmes d’elles-mêmes : elles imposent selon les religions, de se voiler, de rester vierge, de ne pas avorter, de ne pas avoir de rapports sexuels extra-conjugaux, elles condamnent de manière permanente l’IVG et la contraception, justifient la lapidation des femmes adultères, ou imposent la charia interdisant toutes pratiques culturelles, toutes relations affectives en public, toute vie sociale et politique. Le voile islamique (comme la mantille ou le chapeau il n’y a pas si longtemps dans les églises catholiques) est utilisé comme objet symbolique de la soumission des femmes ; l’excision, comme mutilation définitive, en est l’expression la plus irréversible et la plus violente.

De la nécessité d’une transformation libertaire et révolutionnaire de la société

Une loi ne servira à rien si les bases morales et économiques de la société qui génèrent et justifient l’oppression et la violence patriarcale ne sont pas renversées.

On ne peut que regretter l’évolution d’une partie du mouvement des femmes vers un féminisme institutionnel, réclamant aux puissants des lois illusoires comme la parité, l’égalité professionnelle, et être dubitatif devant l’application insatisfaisante des lois sur l’avortement ou la contraception.

C’est par la réalisation de la véritable égalité économique et sociale de tous les individus, que pourront régresser les violences machistes.

Ces objectifs ne pourront aboutir que si dans les milieux associatif, syndical, familial et professionnel, nous savons reconnaître et lutter contre toutes les formes d’inégalité.

C’est par la construction de rapports humains, individuels et collectifs, reposant sur le respect de chaque personne, quels que soient sa situation familiale ou matrimoniale et ses choix liés à la sexualité.

Seule la construction d’un rapport de force, s’appuyant sur des pratiques d’autogestion des luttes, d’action directe, de grève générale, de modes d’organisation alternatifs, etc., et non dans les parlements et les tribunaux, qu’une véritable alternative crédible au système capitaliste, patriarcal, religieux et étatique pourra voir le jour.

Pour une véritable égalité sociale et économique entre les individus, luttons contre le patriarcat et le capitalisme !

Fédération anarchiste

Censure déguisée

12-10-2004

Le FBI vient de museler une vingtaine de sites Indymédia de part le monde. En effet, le FBI vient d’émettre une injonction au bureau américain de Rackspace, un des fournisseurs d’accès Internet qui héberge de nombreux sites Indymédia, lui commandant de remettre les disques durs des serveurs Indymédia localisés dans les bureaux de Rackspace à Londres. Cette injonction des autorités US contre le fournisseur d’accès Internet et non pas contre Indymédia a été exécuté sans préavis et sans la moindre justification, ce qui a entraîné la fermeture immédiate d’une vingtaine de sites Indymédia. Rappelons que le réseau Indymédia (ou IMC pour Independant Media Center) qui recense plus d’une centaine de sites locaux de par le monde dont six en France (Paris, Lille, Marseille, Toulouse, Nice et Nantes) est né durant les manifestations de Seattle en 1999 contre le sommet de l’OMC sur la volonté de créer un réseau de collectifs indépendants, décentralisé et autonome, dont l’objectif déclaré est d’assurer à tous la liberté de créer et de diffuser de l’information, sans contrainte ni censure (publication libre).

Cet événement s’inscrit dans le cadre des nombreuses attaques qui ont été dirigées ces derniers mois contre les médias alternatifs et indépendants par le gouvernement fédéral des USA. En août, les services secrets ont employé une injonction afin d’essayer de perturber l’IMC New York City avant la Convention républicaine. Le mois dernier la Commission fédérale des communications US a fermé les stations radio communautaires à travers les USA. Il y a deux semaines, le FBI a demandé qu’Indymédia supprime un article sur IMC Nantes qui contenait une photo de policiers suisses démasqués, et des bénévoles d’IMC Seattle ont reçu la visite du FBI au même sujet.

Après de nombreuses intimidations, la censure contre l’expression libre et non marchande et les médias libres se manifeste à nouveau, la Fédération anarchiste s’insurge contre ces procédés totalitaires et dénonce la censure dont est aujourd’hui la cible le réseau Indymédia. Nous rappelons l’importance des médias libres et indépendants pour le développement de la conscience politique et de la capacité critique chez les individus, condition indispensable à la transformation sociale et morale de ce monde. Ceci est d’autant plus important à l’heure où les médias serviles se glorifient de fournir du temps de cerveau disponible pour la publicité. La Fédération anarchiste affirme son entière solidarité aux sites Indymédia bâillonnés et contribuera de toute ses forces à la défense de la liberté d’expression sur le net et ailleurs.

Fédération anarchiste

Du développement à la décroissance

07-06-2004

Motion du 61e congrès de la Fédération anarchiste

Le développement des forces « productives », conçu par le capitalisme comme la finalité de l’histoire, a engendré une nouvelle religion, celle de la croissance économique. Selon les promesses de l’idéologie libérale, le bonheur devait se mesurer à l’aune du PNB.

Après un demi-siècle de « progrès », le vaste chantier des « modernistes » prend des allures de ruines. L’homme est atteint dans sa chair et dans sa dignité : aliénation par le travail, chômage, précarité, stress, solitude, mal-être, etc. Les inégalités sociales, tant entre pays riches et pays pauvres qu’à l’intérieur de chaque nation, n’ont jamais été aussi fortes. Allumés et entretenus essentiellement pour des enjeux stratégiques, les conflits armés germent sur tous les continents.

Mais, surtout, parce qu’il met gravement en péril les générations futures, le bilan lié à l’environnement s’avère proprement désastreux. L’empreinte écologique globale de l’humanité (c’est-à-dire le niveau d’épuisement des ressources et de perturbation des mécanismes régulateurs) dépasse d’ores et déjà de 20% les capacités biologiques de la Terre. À plus ou moins long terme, si l’on maintenait les tendances actuelles, il nous faudrait des ressources équivalant à plusieurs planètes. La croissance n’est plus possible.

Pour remédier à cette situation, le « développement durable » est désigné par les détenteurs du pouvoir (politique, économique, médiatique, etc.), ainsi que par la fraction altermondialiste qui rêve d’« humaniser » le capitalisme, comme la panacée. Mais la supercherie ne résiste pas à une réflexion un peu sérieuse. L’ambiguïté même du terme en assure le succès : elle masque le problème en donnant l’impression de le résoudre. Pis, elle déplace un problème pour en créer un autre, plus épineux. Pour les bénéficiaires de la « mondialisation », il ne s’agit nullement de remettre en cause le principe d’économie libérale, mais de faire accepter les règles de l’Organisation mondiale du commerce, avec la perspective, pour quelques centaines de multinationales, de privatiser un peu plus des domaines vitaux comme l’eau, l’alimentation, la santé. Le marché est chargé de remédier à la destruction de la planète infligée par... le marché, la seule concession consistant à en atténuer les dégâts les plus visibles, pour autant que subsistent les profits.

Puisque l’impact écologique met en évidence un « sur-régime » par rapport aux ressources de la planète, il faut s’orienter vers une décroissance physique, c’est-à-dire réduire progressivement la quantité de matières premières et d’énergie mise enjeu. La décroissance n’est pas un choix idéologique ; elle est une nécessité absolue.

Si aucune société n’est écologiquement innocente, c’est-à-dire si le développement de l’humanité s’accompagne toujours d’une transformation du milieu, c’est bien la course au profit, à l’accumulation, avec la création continue de besoins artificiels, qui produit une accélération fulgurante de la dégradation des écosystèmes. Le préalable à la mise en œuvre de cette décroissance est donc la disparition du capitalisme. Parce que ce système a besoin d’une croissance pour survivre, parce que sa logique propre est une dynamique suicidaire, il ne peut accomplir cette décroissance... sauf à supprimer massivement les populations pauvres, c’est-à-dire à perpétrer des génocides.

La deuxième condition est la suppression de l’État, dans la mesure où cette dynamique capitaliste ne s’accélère qu’avec la collaboration des différents gouvernements : multiples subventions, mise en place d’infrastructures, prise en charge par la puissance publique de la formation, de la recherche, des coûts environnementaux, des pertes financières, cadre juridique sur mesure... Ne pas s’atteler à la disparition de l’État reviendrait à épargner un pilier fondamental du système et un adversaire redoutable, et donc à rendre impossible la transformation profonde de la société.

Toute solution qui ferait l’économie d’une redistribution des richesses serait fatalement vouée à l’échec. Pour que la décroissance puisse être maîtrisée par les différentes populations, pour qu’elle n’ouvre pas la voie à la barbarie des conflits pour l’appropriation des ressources ou aux mesures draconiennes d’un totalitarisme, le problème doit impérativement être posé dans une perspective d’égalité économique et sociale, la gratuité des services publics pouvant constituer un levier essentiel dans cette construction.

Si la démarche individuelle de simplicité volontaire, c’est-à-dire l’adoption d’un mode de vie différent peut représenter la base « philosophique » d’une société soucieuse des générations futures, il est clair que la somme des comportements individuels écologiquement « responsables » ne saurait suffire, loin s’en faut, à édifier une société de décroissance. Ne serait-ce que parce que les domaines les plus dévoreurs d’énergie et de matières premières (complexe militaro-industriel, transports, agriculture, etc.) relèvent de politiques globales, et donc de décisions collectives. Il serait illusoire de penser que nous pourrions faire l’économie d’une révolution.

Parce que la maîtrise par chacun de sa propre existence, parce que la définition par chacun de ses propres besoins ne peuvent en aucun cas justifier une production boulimique, source d’un travail aliénant, seule une société fédéraliste, autogestionnaire peut assurer conjointement l’égalité économique, la justice sociale et la préservation des ressources naturelles.

Fédération anarchiste

Libérez-vous de toutes les religions !

20-01-2004

Emboîtant le pas cadencé du sinistre Sarkozy et de tout son attirail répressif et liberticide, la vieille ganache bénite de Stasi commet un crime supplémentaire contre la raison en se fendant d’un rapport « pour la laïcité ». Soit dit en passant, le même Sarko met à mal ce nouvel épître de saint Faux-Cul en s’encanaillant un peu plus encore avec l’Office musulman de France ! Dans ce rapport-torchon réactionnaire sont énoncées des litanies à la « neutralité bienveillante de l’État », qui proscrit dans les établissements scolaires et les hôpitaux, tous signes ostensibles identifiant l’adhésion à une religion. Encore une fois, on ne veut que supprimer les manifestations extérieures du problème, sans s’attaquer à la cause : la religion elle-même.

Chirac, le grand bonimenteur aux paroles creuses, a refusé ce cadeau de donner un jour férié aux autres religions : il ne veut surtout pas déplaire à l’électorat catholique, majoritairement réactionnaire. Mais il ne faut pas s’y tromper : les seuls à être lésés dans cette histoire seront encore une fois les travailleurs.

Au moment où le duo Seillière-Raffarin massacre les derniers pans de la protection sociale, cloue sur une croix les intermittents du spectacle, envoie les chômeurs sur le bûcher des liquidités et des profits, voilà que le loup ancestral des croyances mortifères resurgit.

Et si Dieu existait, il faudrait s’en débarrasser !

Ce n’est pas aux croyantes et aux croyants de toute religion que les anarchistes s’opposent, mais à ce soi-disant message d’amour, de fraternité, baignant dans la contrition et la soumission à tous les ordres. Combien de guerres et de massacres au nom de ce message de « paix » ? C’est bien parce que nous respectons les êtres humains que nous nous battons pour leur réel affranchissement de tout pouvoir, physique, patriarcal, politique et supraterrestre.

Dieu, tu entends, nous te réduisons en poussière !

Par la voix de Jean-Paul la Bloblotte, l’Église catholique, mère bienheureuse de quelques pédophiles, condamne de manière permanente l’IVG, la contraception, la masturbation et autres voyages vers Sodome. La religion musulmane stigmatise l’écrasement des identités culturelles, pointe du doigt la colonisation sioniste, pour les retourner à son profit et cloîtrer les fidèles dans une prison hermétique : lapidation des femmes pour adultère, charia interdisant aux femmes toute pratique culturelle, toute relation affective en public, toute vie sociale et politique. Le judaïsme enserre ses pratiquantes et pratiquants dans un corset autoritaire, condamnant même parfois les mariages en dehors de la communauté juive, prêchant toute une Torah d’interdits et d’inhibitions mentales. Pour couronner le tout, les trois religions monothéistes et les sectes sont solidaires sur la question du voile : selon eux, il vaut mieux voir une femme voilée plutôt qu’en minijupe... ou en string. Mais pourquoi les curés, pasteurs, chamans, gourous, bonzes, mouftis et rabbins se préoccuperaient-ils de l’émancipation des femmes, alors que certains préfèrent mutiler filles et garçons (excision, circoncision) ?

Le voile, objet de soumission des femmes, ainsi que les autres signes religieux n’ont pas leur place à l’école. Même si elle est loin d’être neutre, car elle maintient en place le système dominant et la reproduction des inégalités sociales, l’école laïque est néanmoins un progrès sur le chemin de la libération des individus vis-à-vis de l’oppression religieuse.

Contre l’aliénation, pour la liberté

Il est insupportable de constater cette agonie des consciences. Rien n’est au-dessus de l’être humain : ni chef, ni patron, ni député, ni président de la République, ni religieux, ni dieu. Les seules frontières sont celles du corps, ses limites sont celles de l’esprit et de l’intelligence que seule une instruction indépendante de tout autoritarisme peut éclairer.

Toutes les découvertes avancées et les progrès sont dus à la recherche et aux travaux humains. Rien n’est dû à des forces surnaturelles, à un esprit soi-disant suprahumain. L’ignorance est le ferment où se développent les croyances, divines ou de supermarché. C’est uniquement pour courber l’être humain, l’humilier, le contrôler, au nom d’une théologie croisée avec des pouvoirs et intérêts terrestres, que ces superstitions ont été inventées. Le programme de ce carcan tombé du ciel ? Refuser la souveraineté de la femme et de l’homme, leur volonté de s’affranchir de toute loi, leur développement potentiel illimité.

Le projet anarchiste s’inscrit contre tout cela. Il réaffirme que les êtres humains doivent être absolument libres. Ils sont à libérer d’urgence de tous les jougs qu’ils subissent.

A-t-on froid sans religion ?

Alors, quand nous en aurons fini avec les croyances de tous types, que nous aurons traqué Dieu dans la stratosphère, nous changerons radicalement de société et la débarrasserons de tout système d’exploitation, de tout ordre moral, du pouvoir des hommes sur les femmes. De tous les pouvoirs pour une société sans Dieu ni foulards, pour une société d’êtres libres, égaux économiquement et socialement, pour une société enfin fraternelle, car libérée de tout ce qui l’entrave actuellement : religions, État, patrons, flics, religieux de tous poils, frontières et nationalismes.

Fédération anarchiste

Anarchistes contre le mur

12-01-2004

Israël

La Fédération anarchiste dénonce les tirs à balles réelles de l’armée israélienne contre nos camarades du « mouvement anarchiste contre le mur » qui ont organisé un camp international d’action contre le mur actuellement construit en Cisjordanie. Ces tirs ont fait deux blessés graves, un anarchiste israélien, Gil Naamati et un autre de ses camarades. Cet acte vient s’allonger à la longue liste de Palestiniens, d’Israéliens pacifistes et internationalistes et d’internationaux solidaires tués ou blessés dans l’indifférence internationale et médiatique, pour maintenir un cadre étatique et colonial qui ensanglante la région, en divisant les travailleurs et les travailleuses israélien.ne.s, palestinien.ne.s et arabes sur une base nationale, pour le plus grand profit des classes dirigeantes des États de la région.

Ce mouvement réunissant Palestiniens et Israéliens dans une action internationaliste contre le colonialisme israélien et contre les nationalismes et chauvinismes palestiniens et israéliens contribue à tracer avec les missions civiles en Palestine les jalons d’une réelle solidarité internationale entre les peuples, hors du cadre des États et du capitalisme, et d’une solution de paix, passant par l’abolition des États dans la région et la libre fédération des communes, la coexistence des populations quelles que soient leurs origines, avec pour condition l’abandon des logiques nationalistes, coloniales, militaristes et religieuses.

La Fédération anarchiste soutient toutes les initiatives internationalistes et laïques, israéliennes et palestiniennes, qui remettent en cause le colonialisme et le nationalisme et donnent ses lettres de noblesse à la solidarité entre les peuples, à travers les frontières et les murs que les chauvinismes et les États veulent dresser entre les peuples. Le mouvement des « anarchistes contre le mur », qui réunit Israéliens et Palestiniens dans une même action contre l’oppression, en est l’une des expressions les plus porteuses d’espoir. Nous lui assurons notre solidarité.

relations-exterieures@federation-anarchiste.org

État italien complice !

25-03-2003

Fascistes assassins

La Fédération anarchiste dénonce avec révolte l’assassinat de notre camarade antifasciste italien des centres sociaux Davide Cesari par une bande de skinheads néo-nazi lors d’une agression au cours de laquelle un autre camarade a également été blessé gravement à coup de couteau.

Nous dénonçons aussi l’incroyable répression dont ont fait l’objet la cinquantaine de camarades, et amis du centre social18 O.R.So, via Gola 16 Milano, dont le groupe parmi lequel se trouvait les deux victimes sortaient au moment de l’agression. La cinquantaine de personne rassemblée pour dénoncer la violence fasciste a ainsi été chargée par la police et violemment frappée (une personne a plus de 40 points de suture) à l’intérieur même du centre de secours, l’hôpital San Paolo, ce qui a entraîné l’intervention du personnel choqué par une telle violence, exercée contre les antifascistes alors même que leurs compagnons étaient entre la vie et la mort. Plusieurs personnes ont été grièvement blessées.

Nous dénonçons la violence fasciste, tout comme la complicité de l’État italien qui tout en tentant de vider cette affaire de son aspect politique en invoquant une « rixe entre jeunes », réprime les antifascistes avec des méthodes dignes des plus sombres heures de la stratégie de la tension et des événements de Gênes. Nous exprimons notre solidarité à nos camarades antifascistes italien(ne)s

Fédération anarchiste

Agir, Désobéir

24-03-2003

Contre les armées et le nationalisme

La Fédération anarchiste appelle à la mobilisation totale contre la guerre et à la désertion des postes guerriers ; sans quoi une fois de plus, le monde et les intérêts économiques et politiques des financiers et chefs d’États vont gagner en cynisme meurtrier ce que tous et toutes nous allons perdre en humanité.

Plus personne ne se leurre sur les motivations réelles des soi-disant « libérateurs », en Irak, Côte-d’Ivoire, Tchétchénie ou ailleurs. Comme toujours, ce sont les peuples qui font les frais des rivalités entre puissances : le monde qu’ils nous préparent fait bien peu cas des vies civiles, en temps de guerre comme de ce qu’ils appellent paix, et qui n’est que la paix de leurs intérêts.

Les marches pour la paix, aussi sincères qu’elles puissent être, ne pourront jamais empêcher les guerres et n’auront aucun effet sur celle qui écrase aujourd’hui l’Irak : à quoi cela sert-il « marcher tous ensemble pour refuser l’horreur de la guerre ! », sans proposer de remettre en question la société qui la produit ?

En appeler au pacifisme pour enrayer cette déferlante guerrière n’a pas plus de sens que de promouvoir la régulation ou le contrôle d’un système qui produit ses propres dérèglements. Une fois de plus, derrière la guerre, derrière toutes les guerres se cachent toujours les intérêts économiques, les prétentions impérialistes et les appétits militaristes. Il n’existe pas de guerre juste, ni de guerre humanitaire, pas plus que les « frappes chirurgicales » n’épargneront les civils. C’est un avenir de mort et de misère qui s’offre à tous les peuples opprimés.

Nous n’avons jamais encouragé la guerre entre les peuples. Les anarchistes ne cesseront jamais de dénoncer et de lutter contre les marchands de canons, les armées, les nationalistes, les États et les systèmes économiques générateurs d’oppression et de logique guerrière !

Fédération anarchiste

Contre toutes les guerres, contre toutes les armées

10-02-2003

Le peuple irakien subit depuis près de trois décennies l’une des dictatures les plus brutales. Saddam a déjà utilisé des armes chimiques contre son peuple, il a envoyé se faire tuer plus d’un million d’Irakiens dans une guerre sans vainqueur ni vaincu contre l’Iran. Il avait alors la bénédiction des États-Unis et de l’Occident qui cautionnaient son régime militaire et se servaient de lui pour faire barrage à la révolution islamique. La France, quant à elle, ne manquant jamais une occasion de faire tourner ses usines d’armement, armait les deux camps.

Il a massacré le peuple kurde et s’apprête aujourd’hui à utiliser la population irakienne comme bouclier humain.

Depuis la fin de la guerre du Golfe, les États-Unis et la Grande Bretagne n’ont jamais cessé les bombardements sur l’Irak. L’embargo imposé au peuple irakien depuis douze ans est responsable de plus d’un million et demi de victimes, surtout des enfants morts de malnutrition et d’absence de médicaments.

Saddam Hussein, seul tyran, seul responsable du sort subi par son peuple en a-t-il souffert ? Souffrira-t-il d’une invasion militaire des États-Unis et de leurs serviteurs ?

Non ! Seul le peuple irakien sera écrasé par des tonnes de bombes, tomahawks, missiles et pleurera ses morts au milieu des sacs de blé largués par avions, entre chaque bombardement.

Le sort des populations et leur émancipation n’a jamais été le souci des gouvernants, qu’ils soient américains ou européens, c’est de géopolitique, d’intérêts économiques et militaires dont les impérialistes sont investis.

Comme le disait le secrétaire d’État américain et prix Nobel de la paix Kissinger au début des années soixante-dix : « Le pétrole est une chose trop importante pour être laissé aux Arabes. » Ainsi, comme il y a un an, où le prétexte de vouloir libérer le peuple afghan a permis l’installation durable des armées occidentales et des sociétés pétrolières, un renversement du pouvoir en Irak permettrait de contrôler la quasi-totalité des réserves d’hydrocarbures dans le monde. Qui ignore l’appartenance des dirigeants politiques américains aux conseils d’administration des compagnies pétrolières ?

Bush, dont les attentats du 11 septembre lui ont été servis sur un plateau, s’arroge le droit de régner, d’imposer la force militaire en tout lieu et à tout moment. Que compte-t-il faire contre les dirigeants d’Israël qui depuis cinquante ans bafouent le droit du peuple palestinien et ce, en contradiction avec les résolutions de l’Onu ? Comme quoi l’Onu n’est utile, et ses résolutions suivies à la lettre, que lorsqu’elles rejoignent l’intérêt des impérialistes.

Un impérialisme peut en cacher un autre

Dans la guerre ethnique et économique opposant Laurent Gbagbo (père de « l’ivoirité », fumisterie raciste) aux « faux Ivoiriens », l’armée française, une fois de plus, cédant à ses vieux penchants colonialistes, débarque massivement pour rétablir l’ordre et la sécurité de ses ressortissants et de ses investissements. Gageons que les intérêts économiques de nos bourgeois néo-colonisateurs seront bien gardés, le cacao et les richesses minières ayant autrement plus d’importance aux yeux des petits roitelets et de leurs gendarmes français que les exactions racistes et xénophobes qui ensanglantent le pays comme en témoigne la découverte de charniers.

Le capitalisme, c’est la guerre permanente de tous contre tous

Une fois de plus, derrière la guerre, derrière toutes les guerres se cachent toujours les intérêts économiques, les prétentions impérialistes et les appétits militaristes. La conquête par la force armée du pouvoir et des richesses s’inscrit dans la logique et dans la continuation de la domination et de l’exploitation capitaliste sur le monde. Il n’existe pas de guerre juste ni de guerre humanitaire, pas plus que les « frappes chirurgicales » n’épargneront les civils. C’est un avenir de mort et de misère qui s’offre à tous les peuples opprimés.

La classe politique comme les médias et les « intellectuels » s’évertueront à nous faire accepter l’inacceptable. Nous n’avons jamais encouragé la guerre entre les peuples. Les anarchistes ne cesseront jamais de dénoncer et de lutter contre les marchands de canons, les armées, les nationalistes, les États et les systèmes économiques générateurs d’oppression et de logique guerrière !

Fédération anarchiste

Yves Peirat est libre

23-01-2003

La Fédération anarchiste se réjouit de la libération d’Yves Peirat, militant qui avait entre 1995 et 1999, avec le groupe Franc-Tireur Partisan (FTP), organisé une demi-douzaine d’actions anti-fascistes, notamment contre des locaux du Front national à Marseille. Arrêté en 1999, Yves Peirat fut condamné en février 2001 à cinq ans d’emprisonnement et à plus de 700 000 francs de dommages et intérêts.

La Fédération anarchiste rappelle les sanctions qu’avaient prises à son encontre les autorités suite à sa participation à la diffusion d’un tract signé « des détenus du CDR de Salon », et qui dénonçait les conditions déplorables de détention, demandait l’application de la loi sur le droits des malades pour les détenus gravement malades et âgés (rappelons que Papon venait d’être libéré). Yves Peirat avait été sanctionné pour avoir exercé sa liberté d’expression et dénoncé les conditions de vie des personnes incarcérées : mise en quartier d’isolement, sanctions injustes prises à son encontre et celle des « détenus du CDR » ?

À l’heure où il est démontré que la fonction politique de la prison est surtout liée aux conditions sociales (précarité, criminalisation des actes militants et de la pauvreté par des lois iniques) des prévenus ou condamnés, plus que jamais, abattons les murs des prisons.

Secrétariat aux relations extérieures

Fédération anarchiste

Concernant les violences commises à Gênes lors des manifestations anti-G8

16-09-2001

La Fédération anarchiste n’est pas restée inactive, en France, pendant les événements. Hors du terrain proprement médiatique, les libertaires ont protesté vigoureusement dans la rue, qui est notre terrain de prédilection, contre les violences policières commises à Gênes, en particulier l’assassinat le 20 juillet vers 17 h 30 de Carlo Giuliani. A Lille, à Clermont-Ferrand, Bordeaux, Strasbourg, à Lyon, et dans d’autres villes, les militants libertaires se sont mobilisés, seuls ou avec d’autres. Ils étaient près de 200 à Montpellier, 300 à Toulouse, 200 d’abord, puis 1 500 à Paris sous une pluie diluvienne. Dans le monde entier, des protestations ont eu lieu : Buenos Aires, Goettingen, Montréal, Hambourg, Sao Paulo, Barcelone, Madrid… Nous reproduisons ci-après un communiqué de presse, sorti « à chaud ». Notons que les médias français, si rapides à dénoncer les « anarchistes » comme responsables de tous les affrontements, et de tous les dégâts, ne se sont pas empressés de relayer notre réponse.

Face à des informations de la presse sur les violences commises à Gênes et qui tendent à décrédibiliser le mouvement anti-mondialisation, et particulièrement sa composante anarchiste, aux yeux de l’opinion publique, la Fédération anarchiste (France, Belgique) tient à exprimer sa position.
Tout d’abord, nous condamnons fermement l’ensemble des méthodes policières mises en œuvre pour contrôler les militants anti-mondialisation et en particulier, pour criminaliser les militants anarchistes. Les gouvernements ont visiblement choisi la stratégie de la tension et du harcèlement, avant le sommet (militants refoulés à la frontière, locaux anarchistes génois perquisitionnés plusieurs fois…), celui de la terreur et des armes à feu, pendant les journées de Gênes. Cette stratégie s’est révélée meurtrière. Ce sont bien les forces de l’ordre qui ont tiré à bout portant et à hauteur d’hommes, pour tuer. Pas les manifestants.
Pourtant, une partie de la presse désigne à l’opinion publique les anarchistes comme les responsables d’une telle situation, sans preuves. Cet amalgame douteux (la police tue, et ce seraient les anarchistes les responsables ?) a pour objet de diviser les protestataires entre eux.
En réalité, la première des provocations a été celle des États du G8 en convoquant un sommet de plus, alors que les précédents ont atteint des records de protestations et déjà fait une victime, en juin, à Göteborg. Le choix de l’Italie était particulièrement discutable puisque le mouvement anti-mondialisation y est très développé, laissant augurer les dizaines de milliers de protestataires au rendez-vous.
La police a tué un manifestant, un garçon de 20 ans. D’autres personnes sont grièvement blessées : tout ceci démontre pour la énième fois à qui appartient l’idéologie de la violence et la volonté de réprimer jusqu’à la mort. L’Etat italien, par l’intermédiaire de ses propres forces armées, entend assumer son rôle de casseur des conflits sociaux que le capitalisme mondial génère en Italie comme dans le reste du monde.
Dans la série de mobilisations entreprises par la plate-forme « anarchistes contre le G8 » par exemple et dont nous sommes signataires, il convient de préciser que le 16 juin, une manifestation à Gênes contre le G8, de 3 000 personnes, s’est déroulée sans aucun incident. Que la participation de 3 000 à 4 000 anarchistes dans la manifestation de jeudi à Gênes, en soutien aux immigrés sans papiers d’Europe, s’est faite sans le moindre problème. Que celle de vendredi après midi, appelée par les syndicats autogestionnaires italiens avec la participation d’un millier d’anarchistes fédéré(e)s, s’est déroulée sans incidents. Ces mobilisations anarchistes s’insèrent pleinement dans le cadre des mobilisations populaires, politiques et syndicales contre la tenue du Sommet du G8. Elles prouvent, s’il en était besoin, que nous n’appelons pas aux violences dont nous sommes accusés. Et nous déclarons qu’il y a d’autres violences bien plus condamnables que ces actions de rue : la misère sociale et économique dans toutes les régions du monde, la faim et l’asservissement des pays pauvres, les violations par les États des droits fondamentaux (circulation, logement…), la chasse et l’expulsion des étrangers sans papiers et la marchandisation de nos vies. Ces réalités quotidiennes sont vécues comme des violences sur la vie de millions de personnes, et elles sont les résultats des politiques mises en place lors de ces grandes réunions internationales. Et ce sont les anarchistes que l’on accuse de violences ?
Nous militons sur divers terrains, seuls, ou aux côtés d’autres structures (associations, syndicats…), mais toujours au grand jour. Ceux qui nous côtoient savent que l’on ne peut accuser « les anarchistes » de tous les incidents qui ont lieu à « Gênes » comme ailleurs.
Cette tactique du bouc émissaire vise à diviser le mouvement anti-mondialisation pour l’affaiblir. Les manifestations contre ces sommets ne datent pas de Seattle. Nous appelions déjà à manifester contre le sommet du G7 à Lyon en 1996. Aujourd’hui, la contestation s’est amplifiée et les gouvernements veulent détruire ce mouvement, par la répression, la criminalisation et la division. Cette réussite marquerait la fin d’un mouvement anticapitaliste renaissant, fort et international.
La Fédération anarchiste réfute les propos tendant à associer anarchistes à violent et qui tend à décrédibiliser tous les membres du mouvement libertaire.

Fédération anarchiste

La Justice contre la liberté d’expression ?

12-10-1998

«Le Monde libertaire» attaqué en justice par un maire socialiste

Après Le Pen qui n’aime pas nos dessins, après Debré qui n’aime pas nos commentaires sur la police, c’est au tour de Michel Pajon, maire et député PS de Noisy-le-Grand (en Seine-Saint-Denis), qui n’aime pas nos informations, de traîner Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste, devant les juges. C’est pourtant un fait, ce député-maire socialo a laissé l’extrême droite intégriste construire une chapelle dans sa commune, sans doute pour diviser la droite et conserver son trône de député-maire ! Préférant certainement organiser secrètement ces petites magouilles personnelles, Pajon s’estime diffamé. PS, extrême droite : mêmes méthodes ? Pour avoir dénoncé sa complaisance vis-à-vis de l’extrême droite, le Monde libertaire se voit une nouvelle fois menacé d’étouffement. Ce n’est en effet rien moins que 130 000 francs que Pajon réclame en guise de dommages et intérêts. Qui disait que la liberté d’expression n’a pas de prix ? On sait que sortir du consensus bien-pensant est un sport à risques pour la presse. L’acharnement judiciaire et donc la censure économique menacent en permanence les derniers journaux libres. L’extrême droite se fait un devoir de traîner Charlie-Hebdo de procès en procès, mais d’autres revues sont régulièrement visées, d’autant plus facilement qu’elles sont moins connues. Plus grave encore : ce garottage soft, mais efficace, des voix indésirables, fait des émules. Il y a eu les astreintes astronomiques contre un livre dénonçant les magouilles des chambres de commerces, il y a les biographies qu’on renonce à publier de peur de déplaire, il y a ce livre de photographies qu’un intégriste de la même secte que celle séjournant à Noisy-le-Grand a fait retirer de la vue des clients pas forcément choqués par les photos mais davantage peut-être par l’intégrisme, il y a désormais les élus locaux qui ne supportent pas la contestation chez eux. Non à la censure socialiste ! Radio libertaire, coupable d’exister en dépit de la déferlante des radios-fric. Quinze ans après cet épisode glorieux de socialisme responsable, Radio libertaire continue à faire entendre sa voix sans maître en région parisienne (et l’Administration pénitentiaire lui intente un procès, un de plus, pour la lecture d’une déplaisante lettre de détenu). Que les choses soient claires. Sur ce sujet, le PS aurait bien tort de s’illusionner. Même s’il peut croire que la sale intervention d’un Pajon coûte moins que celle de CRS en termes d’image et de sondages, nous n’avons aucunement l’intention de laisser notre hebdomadaire, Le Monde libertaire, qui défend depuis plus d’un siècle les idées, les analyses et les propositions anarchistes, sombrer sous la censure hypocrite de l’institution judiciaire sans réagir. Ne serait-ce qu’en dénonçant vivement les sales coups des socialistes contre la liberté d’expression. Audience le 19 octobre à 13 h 30 à la 17e chambre correctionnelle du Tribunal de Paris.
Fédération anarchiste

Monsieur Pajon, il est interdit d’interdire

10-06-1998

Michel Pajon, député-maire PS de Noisy-le-Grand, a porté plainte contre l’hebdomadaire Le Monde libertaire. L’article poursuivi rappelait son refus de faire nettoyer les inscriptions racistes des murs de «sa» ville et son rôle dans la construction d’une chapelle intégriste.

Se réfugiant sous l’autorité de la ville, M. Pajon demande 130 000 F de dommages et intérêts, il tend ainsi à compromettre l’existence d’un journal d’opinion créé il y a plus de cent ans.

Tous ceux qui sont attachés à la liberté d’expression ne peuvent admettre aujourd’hui que l’on puisse au moyen de l’argent refuser le débat d’idées en tuant la parole libre (cf. les dernières décisions de justice visant à asphyxier les éditeurs).

La Fédération anarchiste réunie en congrès condamne sans réserve cette atteinte à la liberté d’expression, ne se laissera pas bâillonner, et organise la riposte.

Fédération anarchiste

La France accueille le monde ! la gauche expulse ! tout le monde ?

01-06-1998

Coupe du Monde 1998

La France accueille la Coupe du monde 1998. À cette occasion, des équipes, des supporters de tous les pays afflueront dans les villes organisatrices. Cet événement de dimension planétaire symbolise officiellement, l’espace d’un mois «la fraternité entre les peuples» au pays des droits de l’homme. Parallèlement, le gouvernement de la gauche plurielle, continue d’expulser des sans-papiers.

1998, les institutions fêtent le cent cinquantième anniversaire de l’abolition de l’esclavage. Dans le même temps, des Africains, des Maghrébins sont bâillonnés, enchaînés dans les trains, les avions, les bateaux que les supporters emprunteront eux aussi ! Si la coupe remplira les stades, la gauche remplit les charters !

Aux clameurs des enceintes sportives bondées répondront les plaintes et le désespoir des expulsé(e)s dans les tribunaux administratifs et les centres de rétention. Pour la Fédération anarchiste, la Fraternité ne se réduit pas à un carré de pelouse. Cette «manifestation», déjà décrédibilisée par l’argent et le nationalisme exacerbé, ne sera en aucune manière une trêve.

Pendant ou après la coupe :


  • nous dénonçons le nationalisme, le mythe de l’identité nationale ;
  • nous condamnons la République qui s’accommode d’une égalité et d’une liberté démenties par les faits et les actes de ses gouvernements ;
  • nous revendiquons pour tous, la liberté de circulation et d’installation sans considération de frontière ;
  • nous continuerons les actions contre les expulsions de sans-papiers.

Fédération anarchiste

Si la misère favorise le racisme, ce sont les politiciens (de droite comme de gauche) qui engraissent le FN

02-04-1998

Comment ne pas dénoncer la droite et la gauche qui ont tout fait pour mettre le FN au centre de la «vie» politicienne ? Comment croire aux «indignations» contre l’élection de Jean-Pierre Soisson, alors que celui-ci a été le ministre de Mitterrand ? Comment croire au combat de Chirac contre le FN, alors qu’il y a peu, il dénonçait «le bruit et les odeurs dans les HLM» ?

Comment ne pas être enragé par un gouvernement qui tentait encore cette semaine d’expulser les boat-people de Nouméa ou des maliens dans un charter «déguisé» ? Si une partie de la droite collabore avec le FN, la gauche nous prend pour des cons.

Ils prétendent tous combattre le FN, alors que dans leur commune, leur département ou leur région ils appliquent déjà des idées de Jean-Marie Le Pen.

En votant les lois Pasqua-Debré-Chevènement ; en refoulant et en expulsant les sans-papiers ; en criminalisant le mouvement des chômeurs précaires ; la Gauche plurielle fait plus que renier ses promesses (ce qui était prévisible), elle prend à son compte une partie des idées véhiculées par la droite et l’extrême droite.

Pouvait-il en être autrement ?

Quand la loi Jospin-Chevènement désigne une fois de plus les immigrés comme responsables du chômage, c’est bien là toute la propagande du FN qui est crédibilisée et renforcée par l’action du gouvernement.

Comme pour les privatisations, les licenciements dans les grands groupes, les 35 heures, Jospin et son gouvernement n’ont pas «trahi». Il gère (avec tout le réalisme qui convient) un système qui ne lui permet pas de proposer une alternative aux logiques économiques du capitalisme. En acceptant le jeu du parlementarisme, la gauche accepte aussi les lois de «l’économie de marché». Ce gouvernement -- comme les autres -- est incapable d’enrayer la progression de la misère et de réduire le chômage. Il a donc besoin d’un bouc émissaire : l’immigration clandestine et d’un épouvantail électoral : le Front national.

Pour éliminer le FN combattons les racines du mal : le capitalisme

La misère engraisse le racisme et ceux qui en vivent. Pour faire reculer le fascisme, il faut combattre les logiques d’exploitation, de profits et amorcer une rupture fondamentale avec les politiques précédentes. Il est clair que nous n’avons rien à attendre d’un gouvernement, quel qu’il soit. C’est ce qu’ont compris les sans-papiers ou les chômeurs en restant maîtres de leur lutte. Pendant les manifestations les sans-papiers continueront de se battre contre l’arbitraire du gouvernement. Pour retrouver leur dignité, les chômeurs exigeront l’égalité sociale. Victimes de la course aux profits, d’autres lutteront contre leur licenciement, etc. C’est pourquoi les militants de la Fédération anarchiste n’entendent pas participer à une opération de propagande pro-gouvernementale. Dans nos quartiers, nos facs, sur notre lieu de travail, nous continuerons à développer des luttes, des pratiques débouchant sur plus de liberté et d’égalité pour les individus, plus de fraternité entre les peuples.

Fédération anarchiste

Déclaration de la Fédération anarchiste

26-01-1998

Congrès de Ras l’front, Lyon, 17-18 janvier 1998

Combattre le fascisme, ce n’est pas seulement combattre le FN mais tout le fascisme, qu’il soit ouvert ou larvé, qu’il soit brun ou rouge.

Or les deux piliers théoriques du fascisme que sont le nationalisme et la défense du capitalisme sont partagés par l’ensemble de la classe politique. Les nuances qui peuvent exister ne doivent pas masquer ce consensus sur le fond. Le FN n’est pas au pouvoir mais ses thèmes et ses politiques sont largement partagés, et repris par beaucoup d’autres.

Des lois racistes et xénophobes, même si elles sont appliquées par la gauche, restent des lois racistes et xénophobes. Désigner les immigrés comme étant responsables d’un certain nombre de problèmes socio-économiques ne peut que favoriser un climat et des politiques xénophobes. Désigner l’immigré légal et intégré comme «bon» et le clandestin comme «mauvais» divise artificiellement la question sociale, attise les haines et ne donne aucune solution. Ce triste jeu ne peut que profiter aux plus radicaux, les fascistes.

Mais n’oublions pas que le fascisme n’est pas totalement lié au thème de l’immigration, comme le montre l’exemple de l’Italie où le MSI néo-fasciste et l’Alliance Nationale post-fasciste n’en font pas leur principal cheval de bataille. L’arrivée au pouvoir de l’AN dans le gouvernement Berlusconi n’a d’ailleurs pas entraîné de grandes ruptures sur ce plan.

Le fascisme, néo ou post, et son avatar, le national-socialisme, signifient donc autre chose. Historiquement, ils sont liés aux conséquences de la première guerre mondiale, à l’exacerbation nationaliste, à la peur de la révolution sociale puis à la crise économique. De «contre-révolution préventive», le fascisme est devenu gestionnaire du système capitaliste, mêlant mesures libérales puis mesures étatistes et planificatrices.

Aujourd’hui, le capitalisme néo-libéral a-t-il besoin du fascisme ? La situation des États-Unis et du Japon, les deux premières puissances industrielles où le fascisme organisé est électoralement faible, nous inciterait à dire non. La situation française nous dirait plutôt «pas encore». Il ne faut donc pas se tromper de combat : au-delà de quelques percées électorales, parfois facilitées par des attitudes débiles de la gauche comme à Vitrolles où elle a osé présenter un candidat tricart face au fasciste Mégret, le danger du F.N. ne doit être ni sous-estimé, ni surestimé. Sa surestimation profite à tous les politiciens éreintés par le bilan socio-économique désastreux des quatorze ans du pétainophile et bousquetophile Mitterrand, et qui cherchent à se refaire une vertu politique au nom du grand front électoral antifasciste. Nous ne tomberons pas dans le panneau.

Nous, anarchistes organisés, sommes partout où nous le pouvons dans le combat antifasciste, comme nous l’avons fait au cours des révolutions russe, espagnole ou chinoise, payant alors un lourd tribut. Nous restons convaincus que l’égalité économique et sociale ainsi que la liberté sont les seules armes à opposer au fascisme. Nous encouragerons toutes les initiatives allant dans ce sens dans les quartiers comme dans les entreprises : auto-organisation des luttes, prise de décision en assemblée générale, mandatement impératif et contrôle des mandats.

Le combat actuel des chômeurs et des précaires montre bien que la xénophobie disparaît de l’actualité lorsque les exploités luttent au coude à coude ! Et, comme pendant le mouvement de novembre-décembre 1995, le FN rase alors les murs.

La société actuelle, fondée sur l’exploitation économique, l’oppression sociale et la domination culturelle, sur la soumission à l’autorité, ne peut combattre le fascisme. Au-delà, c’est bien la question du pouvoir qui se pose. Seule une société libérée du joug de l’État et du capital peut garantir la prospérité, la liberté et l’épanouissement de toutes et de tous. Vive l’autogestion !

pour la Fédération anarchiste, Philippe Pelletier

Fédération anarchiste

Manifestation «anti-bleu-blanc-rouge»

01-10-1997

La Fédération anarchiste n’a pas participé à la manifestation «unitaire» du 27 septembre [[Cette dernière, compte tenu de la soixantaine d’organisations signataires, n’a donné lieu qu’a une faible mobilisation. L’opération «détournement du mécontentement» lancée par le PCF sur l’épouvantail F.N. semble ne pas avoir fait recette. Comble du ridicule, le PCF défilait avec ses drapeaux bleu blanc rouge !]]. Nous n’avons pas défilé avec ceux qui prétendent combattre le FN, alors qu’au gouvernement, ils appliquent des idées de Jean-Marie Le Pen !

En n’abrogeant pas les lois Pasqua-Debré ; en lâchant les sans-papiers, la gauche fait plus que renier ses promesses (ce qui était prévisible), elle prend à son compte une partie des idées véhiculées par la droite et l’extrême droite.

Avec le projet de loi Jospin-Chevènement, la gauche désigne une fois de plus les immigrés comme responsables du chômage. C’est bien là toute la propagande du F.N. qui est crédibilisée et renforcée par l’action du gouvernement. C’est bien contre cette logique que des milliers d’hommes et de femmes avaient protesté lors du vote de la loi Debré !

Pouvait-il en être autrement ?

Comme pour les privatisations, la fermeture de l’usine de Villevorde, les 35 heures, Jospin et son gouvernement n’ont pas «trahi». Ils gèrent (avec tout le réalisme qui convient) un système qui ne leur permet pas de proposer une alternative aux logiques économiques du capitalisme. En acceptant le jeu du parlementarisme, la gauche accepte aussi les lois de «l’économie de marché».

Ce gouvernement (comme les autres) est incapable d’enrayer la progression de la misère et de réduire le chômage. Il a donc besoin d’un bouc émissaire : l’immigration clandestine et d’un épouvantail : le Front national.

Pour éliminer le FN, combattons les racines du mal : le capitalisme

La misère engraisse le racisme et ceux qui en vivent. Pour faire reculer le fascisme, il faut combattre les logiques d’exploitation, de profit et amorcer une rupture fondamentale avec les politiques précédentes. Il est clair que nous n’avons rien à attendre d’un gouvernement. C’est ce qu’ont compris les sans-papiers en restant maître de leur lutte. C’est en partie ce que les manifestants «anti-loi Debré» avaient amorcé.

Pour leur part, les militants de la Fédération anarchiste n’entendent pas participer à une opération de propagande progouvernementale. Dans les quartiers, les facs, sur les lieux de travail, nous continuerons à développer des luttes, des pratiques débouchant sur plus de liberté et d’égalité pour les individus, plus de fraternité entre les peuples.

Fédération anarchiste

Des stratégies d’intervention de la Fédération anarchiste

26-05-1997

Pour notre organisation il s’agit de définir une stratégie politique adaptée d’une part aux principes fondamentaux qui marquent la spécificité et l’ancrage de l’anarchisme et, d’autre part, aux manifestations particulières et aux mécanismes sociétaires :

*perte de confiance vis-à-vis de l’alternative politique,
*montée des exclusions et de la misère : économiques, sociales...,
*chute du «communisme»,
*critique de l’idéologie.

Mais avant tout, nous devons répondre collectivement et de manière unanime, en tant que militant(e)s de l’organisation politique «Fédération anarchiste»[[... Et non Fédération «des» anarchistes.]] à la question : «Est-il nécessaire de mettre en place une quelconque stratégie globale ?»

En effet, la stratégie nous renvoie explicitement à la science ou l’art de combiner les forces qui sont les nôtres, forces qui se trouvent impliquées dans la lutte sociale, afin de (les) (nous) mener à des résultats positifs, voire même à la victoire... [[De quelle victoire peut-il s’agir ? Peut-être celle qui consisterait à aider les individus à se passer des «professionnels» de la politique...]]

La stratégie est donc : action conjuguée, réfléchie et menée collectivement afin de réaliser un but commun défini lui-même collectivement.

La confrontation sociétaire (quelle que soit la nature profonde de cette confrontation) passe par des étapes et des moments qu’il n’est pas bon de subir mais plutôt de maîtriser.

La stratégie aide à approcher cette maîtrise nécessaire au cœur de la confrontation.

La tactique, les tactiques devrions-nous écrire, représentent la configuration des moyens employés et des différentes propositions faites en vue d’obtenir le maximum d’efficacité et ce, afin d’ancrer totalement notre stratégie dans le réel.

Stratégie et tactique (à un degré moindre) semblent donc répondre plus à une nécessité qu’à un besoin marginal.

Sauf à vouloir n’être que des témoins de notre temps, aptes seulement à indiquer à partir de la marge la voie à suivre, nous nous devons de mettre en œuvre les grands axes d’une stratégie anarchiste de transformation de la société.

Appliquons-nous donc à débattre de certains axes stratégiques fondamentaux :

*stratégie anarchiste alternative à l’électoralisme,
*stratégie anarchiste de lutte contre le fascisme,
*stratégie de développement d’un anarchisme «ouvrier».

Face à l’électoralisme

Il ne s’agit pas ici de redéfinir les différentes propositions idéologiques, philosophiques et historiques de l’anarchisme en matière d’anti-étatisme, d’antipolitisme, d’anti-électoralisme ou d’antiparlementarisme. Elles représentent notre patrimoine idéologique commun. Elles sont connues de toutes et de tous dans notre organisation et dans les organisations libertaires et les mouvances anti-autoritaires amies.

En revanche, il paraît nécessaire d’axer nos efforts d’information vers l’extérieur :

*campagne vers le «grand public»,
*campagne vers les médias d’information (nationalement, régionalement et localement),
*meetings et conférences de presse... intégrant des personnalités qui nous sont proches.

Idéologiquement notre anti-électoralisme doit passer du stade du simple rejet (même explicité) d’un système (acte à connotation négative), au stade de la proposition alternative : développement des initiatives «citoyennes» multiples, diversifiées qui assument officiellement en leur sein ce rejet : «Nous pratiquons cette forme alternative de l’engagement car nous nous refusons à reproduire un acte d’abandon de souveraineté : en l’occurrence voter...»

Voter un peu c’est abdiquer beaucoup !... pourrait s’avérer être un slogan intéressant qui indiquerait que l’individu se réapproprie sa souveraineté et se remet à «bouger» au moment où il abandonne l’acte de voter, acte d’abandon par excellence.

Un second point mérite d’être abordé. La propagande diffusée par la classe politique, toutes tendances confondues à gauche, propagande relayée le plus souvent par les médias, voire même les associations dites «citoyennes», s’emploie à dénoncer notre abstentionnisme comme étant de nature à favoriser le Front national.

Il n’est nullement question d’abandonner la plus petite parcelle de nos convictions anarchistes en matière d’anti-électoralisme. Il est en revanche nécessaire de répondre à nos détracteurs au moyen d’arguments différents de ceux employés en matière de perte de souveraineté individuelle ou collective.

Il est bon de montrer et de démontrer qu’historiquement, sociologiquement et même culturellement l’électoralisme conduit, par le jeu des alliances et des rapports de force inhérents à ce système, à une impasse : l’avènement à terme du totalitarisme politique. Ajoutons que le fascisme, «les» fascismes, se nourrissent de l’arithmétique politicienne tout en s’appuyant sur les déséquilibres sociaux.

L’alternative sociale tant prônée par les anarchistes et par notre fédération doit trouver un ancrage stratégique fort autour d’un vaste regroupement, à notre initiative, d’individus et de groupes locaux, régionaux et européens qui proposent de nouvelles formes de vie, sociales et culturelles...

Des individus et des groupes qui se regroupent sur la base de revendications intégrant des dimensions de dignité, de solidarité et d’égalité tels que :

*le droit à l’usage d’un logement pour chaque individu,
*le droit de se déplacer sans tracasseries administratives et policières à l’intérieur et à l’extérieur de la C.E.E.,
*la possibilité offerte à chacun de s’informer et de se former tout au long de son existence,
*le respect des droits fondamentaux des êtres humains et... notamment des enfants,
*la possibilité, offerte à chaque individu, de subvenir à ses besoins physiologiques, psychologiques et culturels,
*la possibilité pour chaque individu de se coaliser dans des comités de quartiers, d’usines, de villages, ou dans des lieux culturels.

La fédération de ces comités représente la véritable alternative fonctionnelle à la gestion administrative social-démocrate actuelle.

Notre anti-fascisme

Notre organisation doit, dans les circonstances actuelles, offrir le cadre d’une perspective antifasciste rupturiste :

*à l’éruption «civique» et populaire qui se développe,
*au retour vers le «politique» paradoxalement méfiant à l’égard des «politiques»...

La stratégie de notre organisation en matière d’antifascisme doit, en tout état de cause :

#ne pas limiter l’affrontement au seul Front national. Ce parti s’appuie en effet sur des valeurs identitaires, de fierté d’appartenance nationale, sur des valeurs d’ordre et de sécurité, sur des valeurs de hiérarchie et de méritocratie, sur des idées inscrites dans la «culture nationale». Or, ces valeurs sont assez largement partagées par des individus, groupes et partis au-delà du Front national.
#Ne pas tomber dans la politique de l’amalgame (théorique et idéologique) qui tend à ranger sur un même plan par exemple, le FN et le PS. Le FN n’est ni le jouet, ni la «création» du Parti socialiste (de l’ère mitterrandienne) pas plus que l’épouvantail agité par une droite revancharde...
Aussi devons-nous dénoncer simultanément et de matière différenciée :
**le programme xénophobe et antisocial du parti de l’extrême-droite,
**la politique économique et sociale du gouvernement actuel,
**les perspectives (ou plutôt l’absence de perspectives) du changement sociétaire réel, dans les divers programmes et propositions de la social-démocratie, humaniste ou dite «révolutionnaire».
#Éviter de réduire la lutte antifasciste à la seule lutte anti-capitaliste. Le fascisme recouvre des réalités diverses, des types de société qui peuvent être différents, même si, fondamentalement, ils reproduisent des fonctionnements similaires au quotidien : ... notamment l’absence de libertés individuelles et l’absence de respect de la personne humaine...

Nous devons :

*combattre le fascisme sur le terrain de l’idéologie et du programme,
*affirmer d’autres valeurs,
*reconstituer autour de ces valeurs un courant d’opinion large,
*mettre en place des pratiques alternatives...

Il ne faut pas reconstituer un Front uni des démocrates contre Le Pen, récurrence dans l’histoire d’une tradition antifasciste qui n’a réussi au mieux qu’à faire reculer les échéances de prises du pouvoir, mais jamais n’a opéré un réel barrage à ce même fascisme, pas même à sa légitimation populaire...

Nous devons proposer la fédération du niveau local jusqu’au niveau européen d’une force antifasciste :

#autour d’une plate-forme définissant des objectifs concrets évitant ainsi l’écueil des collectifs «unitaires» dans lesquels la largesse des idées vaut surtout pour absence d’idées et le flou idéologique gomme toute idée sérieuse de changement...
#autour de l’affirmation de l’identité libertaire, de nos analyses, de nos pratiques permettant ainsi de développer et renforcer le courant antifasciste libertaire en même temps que de nouveaux lieux et espaces d’intervention,
#capable de fournir à tout un ensemble de personnes qui rejettent consciemment ou inconsciemment le fascisme, un cadre concret et militant favorisant ce rejet tout en renouant avec le «politique» et l’idée d’action collective, autour de valeurs d’égalité, de solidarité, d’entraide...
#œuvrant pour des conquêtes sociales et culturelles qui investissent divers lieux de vie : associations, concerts, circuits indépendants, quartiers, villages, entreprises... Cette reconquête doit passer par un travail à l’intérieur des structures syndicales existantes afin d’y mener le débat et la confrontation des points de vue...
#susceptible d’éviter la compromission politicienne favorisée par les autres opérations antifascistes déjà existantes ou qui vont se créer à l’approche des échéances électorales à venir...
**en ne leur prêtant pas plus d’importance qu’à de simples opérations à caractère ou à but politicien,
**en ne s’associant que de manière conjoncturelle avec ces autres composantes de «l’antifascisme» (ou plutôt anti-lepénisme) afin de sauvegarder à l’intérieur de la lutte sociale des espaces d’intervention, d’information et de lutte radicaux.

L’anarchisme ouvrier

Nous avons choisi à dessein ce titre afin de bien établir ce que représente l’intervention anarchiste dans le monde du travail dans un premier temps et dans le mouvement ouvrier dans un second temps.

Le monde du travail est une réalité socio-économique évolutive. En revanche cette réalité reproduit depuis l’origine quelques récurrences susceptibles de retenir toute notre attention :

#le monde du travail regroupe deux mondes qui s’opposent sur la base d’intérêts divergents et irréconciliables : les exploiteurs et les exploités.
#la lutte qui s’en suit et qui oppose ces deux mondes peut prendre un caractère révolutionnaire dès lors que la classe des dépossédés se donne comme but le renversement du pouvoir des possédants et la mise en place d’un système débarrassé de toutes références aux notions de propriété, de hiérarchie, d’exploitation et de pouvoir.

Le mouvement ouvrier réalise le second objectif et tend à regrouper la classe de celles et ceux qui subissent (à des degrés divers) le salariat, l’humiliation du lien de subordination et de l’exploitation capitaliste. À tous ceux-là il faut ajouter celles et ceux qui, privés de salaires (les exclus du travail), subissent l’exploitation et l’humiliation du capitalisme de manière indirecte et l’humiliation quotidienne de l’État, garant de la paix sociale bourgeoise.

Le regroupement en syndicats ou bien en collectifs de travailleurs a suscité dans l’histoire (et il en va de même aujourd’hui), l’intérêt des anarchistes quant à la forme de la lutte à mener contre l’exploitation, contre le capitalisme, contre l’aliénation et contre l’Etat.

Le syndicalisme révolutionnaire de la fin du XIXe siècle (jusqu’en 1902), représente l’apport idéologique et pratique de l’anarchisme au mouvement ouvrier révolutionnaire.

Les limites du modèle syndicaliste révolutionnaire sont apparues avec le dévoiement des idées d’origine.

«Tout le pouvoir aux syndicats» [[La Révolution prolétarienne n° 168 et 169 - février 1934]] a même remplacé un temps «Tout le pouvoir au parti» n’offrant ainsi aux travailleurs révolutionnaires qu’une seule perspective : débattre uniquement des rôles respectifs des uns et des autres mais ne permettant aucunement de résoudre la quadrature du cercle : la gestion d’une société communiste libertaire une fois la révolution en marche...

L’expérience historique est là pour nous rappeler, si besoin était, que la lutte contre l’influence anarchiste dans le mouvement ouvrier a profité aux étatistes (social-démocrates de tous ordres) et a été facilitée entre 1918 et 1926 [[Création par P. Besnard de la C.G.T.-S.R.]] (et même ultérieurement) par une fraction d’hommes se réclamant du syndicalisme révolutionnaire, mais peu enclins à défendre une société communiste libertaire, anarchiste...

Le communisme libertaire, qui s’intéresse aux divers aspects de la vie en société aborde de manière globale la lutte révolutionnaire.

#Le syndicat peut être l’un des organes de lutte et de gestion dans le secteur de la production.
#La commune est l’organe de lutte et de gestion dans les secteurs de la distribution, de l’administration, de la culture, etc.

La fédération intelligente et opérationnelle de ces deux entités étroitement imbriquées peut éviter les déviations auxquelles ont abouti la plupart des parenthèses «révolutionnaires» opérées par le haut : Russie, Cuba, Chine, etc. [[Il s’agit de pays ou de régions du monde dans lesquels le système a changé (ça ne concerne pas l’Ukraine de 1917-1921 ou l’Espagne de 1936-37).]]

À partir de ces éléments, la Fédération anarchiste doit développer une stratégie pluri-directionnelle d’investissement du mouvement ouvrier (travailleurs et chômeurs compris).

#Nous devons favoriser le développement de toutes les expériences :
**qui tendent à mettre en avant l’autonomie de réflexion et d’action des salariés,
**qui dépassent le cadre de la simple revendication corporatiste ou catégorielle afin d’intégrer celui de l’agencement sociétaire.
#Nous devons renforcer (quand ils existent), les syndicats se réclamant expressément de l’anarcho-syndicalisme et rejetant l’électoralisme bourgeois sans aucune réserve, ainsi que l’ensemble des organisations adhérant aux finalités et fonctionnements libertaires.
#Dans la mesure où le mouvement révolutionnaire ouvrier nous offre des espaces militants de réflexion et de lutte, nous devons les investir individuellement et collectivement en tant que F.A. sans jamais omettre que la révolution sociale recouvre une multitude de remises en cause, dont certaines n’ont aucun lien objectif avec la question de la production.

Les anarchistes ont de ce fait une place centrale dans le combat ouvrier !

Nous devons :

*favoriser l’émergence de tous les aspects de la contestation sociale...
*nous opposer à toute forme de recomposition de l’État une fois la révolution sociale entamée...

Fédération anarchiste

Si les députés pouvaient supprimer la misère, les inégalités, depuis le temps... ça se verrait !

01-05-1997

Chirac avait à peine terminé son discours que les «guignols» se disputaient une future place au chaud à l’Assemblée. Rarement les hommes politiques n’ont donné une image plus caricaturale de leur inutilité. Les humoristes du Canard enchaîné, de Charlie Hebdo ou de Canal+ sont largement débordés par leurs modèles.

Rarement ces hommes et femmes n’auront paru si étrangers aux préoccupations réelles de ceux et celles qui en France se débattent avec la misère, les problèmes de logement, d’éducation, de qualité de vie, de liberté individuelle, de dignité humaine...

Rarement leurs chamailleries n’auront été si éloignées des revendications profondes révélées par les mouvements de novembre-décembre 1995, la lutte des sans-papiers, le rejet des lois Debré-Pasqua. Rarement la crédibilité de leur «programme» n’aura été si nulle aux yeux des citoyens. Notamment leur «volonté» de changer radicalement la politique économique et sociale qu’ils ont tous mise en œuvre depuis quinze ans. Par exemple : comment croire que la gauche fera reculer le chômage avec des mesures qui ont été votées en 1982 et/ou qu’elle n’a jamais mis en œuvre : les 35 heures de travail par semaine ? 700 000 emplois à créer ? Que penser d’écologistes ou de gauchistes qui signent un accord avec ceux qui ont saboté le Rainbow-Warrior, initié la guerre du Golfe, approuvé et développé la logique des lois Pasqua ? Comment croire encore à la réduction de la fracture sociale par ceux qui se sont vendus (au propre et au figuré) aux lois du libéralisme : privatisation des services publics, bradage de la sécu, licenciements massifs... Les députés n’ont cessé de réduire nos libertés, d’augmenter les profits et donc les inégalités sociales et, pour cacher leur échec, de désigner des boucs émissaires (les immigrés, les jeunes, les fonctionnaires, les femmes au travail).

Il faut agir au lieu d’élire

Il parait que ces élections constituent un choix de société. Si c’est le cas, il faut s’atteler aux causes réelles des problèmes. Il faut sans tarder démanteler les structures même de l’exploitation : le capitalisme et l’État. Si nous devons inverser les logiques qui nous ont conduit à cette situation catastrophique, c’est le système lui-même qu’il faut changer. Dans cette perspective, ces élections ne servent à rien car le capitalisme n’est pas réformable !

C’est pourquoi vous ne verrez pas les anarchistes s’agiter dans le cirque électoral pendant ces quelques semaines, mais vous nous trouverez à coup sûr aux côtés de tous ceux et celles qui luttent. Les combats à mener se trouvent ailleurs, là où nous travaillons, nous habitons, nous vivons. Nous n’avons pas besoins de prières ou d’élus, mais de luttes afin que plus personne ne décide à notre place, afin de construire dès maintenant une société développant la liberté des individus, l’égalité sociale et l’entraide entre les peuples. Certes, il y a du pain sur la planche, mais c’est le chemin le plus sûr pour nous débarrasser définitivement de ceux qui s’engraissent et vivent de la misère, de l’oppression.

Fédération anarchiste

Pour la paix, agir et désobéir

15-01-1991

Ça y est ! La logique de guerre a porté ses fruits : un conflit sanglant, dont nous ne pouvons pas encore prévoir toutes les conséquences a été enclenché.

Celte guerre, voulue et recherchée par les forces impérialistes occidentales, n’est pas celle du droit, mais du pétrole.

Une nouvelle fois, ce seront tout d’abord les populations civiles, qui feront les frais d’intérêts sordides.

Une nouvelle fois, les populations ont été placées au pied du mur : accepter le déclenchement de la guerre et s’en remettre au bon vouloir des autorités politiques et militaires, ou bien s’engager clairement et agir en conséquence contre le militarisme des États.

Plus que jamais l’unité d’action contre la guerre est nécessaire.

La simple pression sur les institutions de l’État n’est pas suffisante. Les députés de ce pays se sont prononcés pour le recours à la force. Plus que leur représentativité, c’est leur fonction qui est en cause.

L’action directe des travailleurs au -travers d’une mobilisation large- est aujourd’hui seule capable de mettre un terme aux hostilités.

La délégation de pouvoir est un danger constant pour les peuples. Ne faisons confiance qu’en nous-mêmes, par l’auto-organisation et l’autogestion.

La Fédération anarchiste appelle à se joindre à toutes les initiatives contre la guerre. L’agitation permanente et une présence constante dans les rues sont nécessaires, et elles doivent être les plus massives possibles. Par ailleurs, les travailleurs doivent se prononcer favorablement pour une cessation immédiate du travail et s’apprêter à déclencher par un vaste mouvement populaire la grève générale, dès que les conditions le permettront.

La Fédération anarchiste appelle à la création de comités anti-guerre... dans les quartiers et les entreprises, afin que s’impose la volonté réelle de l’opinion.

Nous exigeons le retrait immédiat des troupes françaises engagées dans le Golfe et la fin de l’agression impérialiste des USA.

Nous préconisons un règlement global des conflits de la région du Golfe ce qui ne saurait se produire sans l’action directe des populations elles-mêmes contre leur propre gouvernement.

La Fédération anarchiste se félicite de la décision de l’appel des 75 ainsi que de nombreuses organisations à soutenir tous les cas de désobéissance civile ou militaire.

Paris, le 17 janvier 1991
Fédération anarchiste

Projet Devaquet

04-12-1986

La lutte menée aujourd’hui par les étudiants en réaction au projet Devaquet trouve le soutien de la Fédération anarchiste, qui dénonce par là même cette scandaleuse sélection par l’argent et le caractère profondément élitiste de la formation universitaire à venir sous le gouvernement Chirac.
La réforme Chevènement faisait l’apologie de la mise en concurrence sauvage des établissements, de la productivité, de l’élitisme républicain, tentant de faire passer dans la population l’idéologie libérale. Aujourd’hui, avec la réforme Devaquet, c’est le libéralisme dans l’université qui est mis en place.
Le mouvement étudiant et lycéen qui, dans son écrasante majorité s’auto-organise de manière autonome, dépasse le cadre des organisations syndicales étudiantes dont les médias tentent de faire émerger des leaders fabriqués de toutes pièces. Derrière cette tentative, apparaît la volonté de certaines organisations de gauche de se refaire une virginité politique. La Fédération anarchiste dénonce cette manœuvre, soutient et soutiendra toute initiative du mouvement étudiant et lycéen pour s’y opposer.
Considérant que l’école et la formation doivent être au service exclusif des travailleurs et des enfants, la Fédération anarchiste appelle à résister à la mise en place de cette réforme.
La Fédération anarchiste réaffirme sa volonté de construire un système éducatif qui tend à la disparition de toute tutelle étatique, religieuse et bourgeoise, qui ne peut se réaliser qu’avec les parties concernées (enseignants, enseignés, parents) dans une société sans classe ni Etat.

Fédération anarchiste

Au peuple

01-05-1961

Faisant suite au remarquable verdict du procès des barricades un putsh militaire a eu lieu à Alger.

Ainsi que nous l’avons toujours dénoncé :

  • Le danger pour le pays c’est que le gouvernement paie et entretienne une armée, tremplin pour tous les apprentis dictateurs.
  • Le danger c’est qu’il fournit les hommes et l’argent grâce auquels elle tente de nous assassiner.
  • Le danger c’est qu’il engraisse des généraux par des soldes qui seraient mieux utilisées à l’amélioration de la condition sociale.

Travailleurs !

Le danger d’hier peut être celui de demain.

Pour en éviter le retour :

  • Imposez la Paix.
  • Exigez l’abrogation de la conscription.
  • Combattez pour la revalorisation des conditions sociales rendue possible par la fin de la stupide guerre qui a tué tant des vôtres et ruiné une économie qui dépend de vous.

La véritable sauvegarde du peuple c’est la vigilance du peuple lui-même.

Fédération anarchiste

La Rebellion de l’armée prend sa source dans la pourriture des cadres de l’État moderne

01-05-1961

une réforme des institutions ne suffira pas, seule une refonte complète de la société, la suppression de l’armée et la promotion du monde ouvrier mettront fin au danger fasciste

Nous vous ferons grâce d’un rappel historique d’événements que vous avez vécu comme nous. Il nous suffit de feuilleter l’histoire pour retrouver aux périodes de décadence des civilisations, ce climat de Bas-Empire qui annonce Byzance, l’Italie de la fin du Moyen-Âge, les soubresauts de l’empire Ottoman.

Le 13 mai, les janissaires avaient élu un roi. Le « 14 mai », c’est-à-dire deux ans et demi après, comme ces grenades qui au soleil d’Afrique murissent et déchirent brusquement l’écorce qui les enserrent, les mythes éculés, de la patrie, d’honneur militaire, de discipline, se sont déchirés laissant apparaitre le visage le plus repoussant du fascisme : celui des chefs de bande, des aventuriers, des prébandiers. Ce fut d’abord la stupeur. L’armée, la haute administration, la police, les corps vénérables de l’État, tout ce qu’on vous ordonne d’admirer, tout ce qu’on vous défend de discuter, tout ce que l’État chamarre d’hochets ridicules, se liquéfiait, se désagrégeait, passait à la dissidence ou pire encore et soulignant mieux la décadence, s’effaçait, disparaissait, attendant tapi dans l’ombre le jugment des combats pour se précipiter dans les bras du vainqueur avec la frénésie d’une catin que le « Jules » pousse sur le devant de la porte.

Et bien sur, cela n’est pas nouveau : au moment où du ciel d’orage une pluie de centurions risquait de crever, à l’appel angoissé de Debré, vous savez, ce Debré qui, quelques jours auparavant interdisait aux patrons d’augmenter les salaires, nous avons couru dans la nuit pour rassembler les hommes de cœur. Nous avons réclamé des armes, car la naïveté du peuple n’a d’égale que la canaillerie des hauts dignitaires, félons ou pleutres, nous avons jeté dans la balance le poids d’un monde du travail qui, dans les circonstances graves, conserve encore de « beaux restes ».

***

Dans cette bataille, notre Fédération anarchiste fut constamment pésente. Dès le premier jour de l’insurrection militaire, elle envoyait à la presse le communiqué que nous publions ci-après. Elle prenait les liaisons nécessaires avec les organisations syndicales, elle reconstituait autour d’elle le Comité de coordination, les organisations syndicalistes et libertaires, elle préparait une proclamation situant les responsabilités et appelant à la lutte pour la défense des libertés essentielles. Des permanences étaient ouvertes, une liaison avec nos camarades qui ayant une responsabilité syndicale restaient à leur poste, était assurée. Nous pouvons dire très tranquillement que dans le désarroi et la panique qui s’étaient emparés des esprits, les militants de notre Fédération, qu’entouraient un certain nombre de syndicalistes révolutionnaires et de militants de l’émigration antifasciste qui a trouvé sur notre sol un refuge, ont constitué une force certes réduite, mais des plus sure et des plus solidement organisée du monde du travail.

***

À Alger, la rébellion des généraux marquait le pas. Le pouvoir en la personne du général de Gaulle s’était enfin décidé à donner aux soldats du contingent l’ordre de désobéir que nous réclamions ici depuis le début de l’aventure militaire et qui, dès le treize mai, en isolant des officiers factieux le gros de l’armée issue du peuple, aurait rapidement mis fin aux espoirs nourris par les Bidault, les Soustelle, les Morice, et réduit l’aventure fasciste à des proportions négligeables. Ces hésitations du pouvoir nous les comprenons bien sur. Car cet ordre qui enfin a été donné, c’est le premier coup sérieux porté à la discipline imbécile sur laquelle depuis la révolution française sont bâties les armées permanentes. C’est l’aveu implicite que le militaire sous les drapeaux reste une conscience. Ce droit du refus reconnu, proclamé, encouragé, c’est le démantèlement d’une machine odieuse, inhumaine, contre nature.

Nous n’avons jamais dit autre chose ! Et c’est pour l’avoir crié que notre journal a été inculpé à trois reprises. En vérité, le seul reproche qu’à la lueur des événements le juge d’instruction soit en droit de nous faire, c’est d’avoir sous-estimé la pourriture qui avait gagné le coprs des officiers de l’armée d’Algérie.

Et, constatons-le, les proclamations qui ont suivi l’effondrement de la rébellion, par le porte-parole du gouvernement, qui se sont étendus sur l’armée « resté loyale », ont passé rapidement sur l’attitude du contingent ! Comme on les comprend ! « Crosses en l’air et rompons les rangs » résonne désagréablement aux oreilles des vainqueurs, partisans de la vieille armée archaïque et désuète qui viennent de l’emporter sur ceux qui avaient trop lu Mao Tsé-Toung.

Et cette volonté du contingent, comme la détermination de la population du pays ont été les facteurs psychologiques qui ont, nous ne dirons pas maintenu, mais ramené dans le devoir la grosse majorité des cadres qui aux premières heures avaient cédé à la tentation de la dissidence.

***

La rébellion militaire est écrasée, Challe est à la Santé, Salan, Zeller, Jouhaud sont en fuite ! Le gouvernement s’apprête à sévir. Et déjà le caractère des « petits bonhommes » qui passent pour de grands chefs se révèle sans véritable grandeur. (Gouraud qui fait dire qu’il est resté fidèle donne le ton !) Vous verrez que cette canaille fera école. Tous auront joué le double jeu, pour mieux tromper l’adversaire. Mais laissons-les régler ensemble leurs comptes avec ceux du gouvernement, ils sont comme ces familles turbulentes que des intérêts d’héritages opposent, mais qui savent bien recosntituer le clan lorsqu’il faut faire face à un danger tribal.

La première leçon qui se dégage de ce pronunciamento, c’est le caractère néfaste de cette guerre qui porte en elle-même tous les germes de pourrissement. Toutes les guerres portent en elles des relents de dictature. Mais celle-là plus particulièrement que les autres donne à ceux qui la font mauvaise conscience, car ils combattent chez l’adversaire un nationalisme qui est leur raison d’exister. Et seule la torture, la trique, le fracas parviennet à faire parler plus haut leur mythe. Si l’on veut que de telles aventures ne se renouvellent plus, il faut mettre fin à cette guerre.

Une seconde leçon se dégage qui pose nettement le problème de l’armée dans la société moderne, de sa discipline, des castes qui la dominent. Il faut le dire : l’armée aujourd’hui ne joue d’autre rôle dans la nation, que celui de force de police. Les techniques de destruction sont devenues telles que les petites guerres ne sont plus possibles qu’avec le consentement des « grands » et le monde étant divisé en deux blocs étroitement délimités, il ne reste plus guère d’espace pour que le sous-off’ de carrière conserve encore une chance de gagner ses galons d’adjudant-chef, presque officier (sic). Dans le pays, l’armée est inutile ! Il faut la supprimer. Même la bourgeoisie n’a plus d’intérêt à conserver une institution qui ne lui ouvre plus qu’une carrière déconsidérée et qui est allègrement en route pour s’aligner sur celle de Haïti ou de Saint-Dominique.

La troisième leçon s’adresse au peuple. Un fois de plus, on a fait appel à lui alors qu’il était lancé dans la bataille des salaires. Une fois de plus, le peuple a mis à l’écart ses intérêts particuliers pour se mêler à la querelle de ceux qui se disputent l’avantage de l’exploiter. Dans l’aventure, il perd plus encore, car le gouvernement en sort armé de pouvoirs étendus destinés à servir contre les généraux félons, mais qui, au cas échéant, pourraient bien, s’il n’y prend garde, se retourner contre lui-même.

La rébellion est écrasée, c’est bien ! Il faut maintenant rétablir les libertés, toutes les libertés, en octroyer d’autres puiqu’il s’avère qu’en dernier ressort, seul le peuple peut faire barrage, soit dans les casernes, soit dans les usines. Et tant qu’il existera des bandes factieuses, il faut laisser le peuple s’armer pour leur faire face.

Il faut également que le citoyen, rempart suprême de la société, partage équitablement et d’une façon égalitaire tous les revenus et toutes les ressources de la nation.

Oui, nous savons bien qu’aucun gouvernement ne donnera au peuple ce que nous réclamons pour lui ici. Nous ne sommes pas naïfs !

Alors , ce qu’on lui refuse, il faut que le peuple s’apprête à l’arracher.

Fédération anarchiste

Manifestation interdite

01-11-1960

La manifestation organisée par l’UNEF à la Bastille n’aura pas lieu. Le Parti Communiste, le Parti Socialiste, la CGT, pour une fois unis dans une même volonté de sabotage, ont poignardé la protestation de la jeunesse dressée contre la guerre d’Algérie.

La peur du communisme, la volonté de maintenir la protestation verbale dans l’enceinte décriée du Palais-Bourbon, ont poussé les socialistes et le bureau confédéral FO à abandonner la jeunesse des écoles et le monde du travail pour la première fois unis pour mettre fin au carnage.

Le Parti Communiste, qui sentait que le mouvement lui échappait, a montré à tous son vrai visage, entrainant dans son sillage une CGT domestiquée qui n’a pas hésité à renier la parole donnée aux organisateurs. Étrange destinée que celle de ce parti dont les tranches d’histoire sont encastrées dans les reniements et les trahisons.

Mais la lutte contre la guerre continue. Des forces neuves viennent de se dégager qui poursuivront l’action entreprise. De grosses organisations ont refusé de suivre les mots d’ordre de capitulation des capitulards : le syndicat des charpentiers en fer adhérant à la CGT, l’Union départementale Force Ouvrière, lé Fédération de l’Éducation nationale, etc.

La Fédération Anarchiste qui a été constamment présente dans toutes les luttes contre la guerre d’Algérie continuera le combat aurpès des travailleurs qui vont accentuer leur pression contre le colonialisme, l’armée et l’État.

Elle leur rappelle que les états-majors des partis politiques et des organisations syndicales n’ont plus d’autre ambition que de maitenir les bureaucrates, qui constituent leur appareil, dans leurs avantages ou de leur en gagner d’autres.

Seule l’union à la base des travailleurs contre les saboteurs, qui eux savent s’unir pour étrangler la protestation ouvrière, mettra non seulement fin à la guerre, mais aussi aux agissements de ceux qui la prolongent.

Fédération anarchiste

Protestation F.A.

19-07-1958

Une fois de plus, le Parti communiste a tué !

Imre Nagy porté au pouvoir par les travailleurs de Budapest, Pal Maleter l’animateur de l’insurrection ouvrière et nationale du peuple hongrois, et deux de leurs amis viennent d’être assassinés après une parodie de procès qui soulève le cœur de dégoût.
Le voile est déchiré, l’illusion tombe ! Le Parti de Khrouchtchev est resté le parti de Staline.

La Fédération Anarchiste dénonce le parti du mensonge, le parti de la délation, le parti des assassins, son mépris de la personne humaine étant la base de sa structure, et le caractère même de toutes les dictatures; de tous les fascismes !

La Fédération Anarchiste appelle les travailleurs à rompre tous contacts avec les dirigeants et leurs complices d’une des tyrannies les plus abominables de l’Histoire.

Paris, le 19 juin 1958.

Fédération anarchiste

En Grèce comme ailleurs, grève générale !

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Aujourd’hui, en 2010, la Grèce doit faire face à un endettement de plus de 120 % de son PIB et à un déficit budgétaire énorme. Si cette situation est le résultat des récentes crises financières et économiques mondiales, elle est aussi due aux mensonges et manipulations des classes dirigeantes grecques qui ont délibérément caché la réalité désastreuse de l’économie du pays. Concrètement, dans la vie sociale, cette crise se traduit par un chômage de plus de 10 % touchant principalement les jeunes (29 % d’entre eux sont aujourd’hui demandeurs d’emploi) et une inflation de plus de 2,8 %.
Pour surmonter cette crise, le gouvernement grec a passé un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) et l’Union économique et monétaire (UEM) qui prévoient d’accorder à la Grèce un prêt de 110 milliards d’euros contre la garantie d’un engagement de l’État grec à appliquer un certain nombre de mesures d’austérité pour diminuer et limiter considérablement ses dépenses. Mais au lieu de taxer et de prendre l’argent dans les caisses bien remplies du patronat, c’est une fois encore les classes populaires qui subissent le contrecoup de la crise capitaliste : augmentation de la TVA (qui passe de 21 % à 23 %), augmentation de 10 % des taxes sur le carburant, l’alcool et le tabac, gel des salaires et des retraites des fonctionnaires, et diminution considérable des aides sociales. Pour sauver le capital, c’est donc encore dans les poches du peuple que l’État va chercher les sous, et non dans celles des dirigeants politiques, des financiers et du patronat qui depuis des années s’enrichissent en exploitant le prolétariat et en spéculant à outrance sur les marchés.
Mais les Grecs n’entendent pas se laisser ainsi spolier et organisent une riposte sociale. Le 5 mai 2010, la grève générale est proclamée et paralyse le pays avec plus de 80 % de grévistes dans le secteur public et plus de 60 % dans le privé. Le jour même, plus de 50 000 Athéniens battaient le pavé de la capitale grecque pour protester contre les mesures d’austérité du gouvernement et appeler « les peuples d’Europe à se soulever ». Car la crise que connaît aujourd’hui la Grèce menace aussi les autres pays européens, notamment l’Espagne et le Portugal où les déficits budgétaires et les endettements sont aussi particulièrement conséquents. Nul doute que la réponse des gouvernements se traduira, là aussi, par une coupe dans les salaires et les retraites et par une augmentation considérable des impôts.
Pour mettre un terme à ces crises économiques chroniques et endémiques, nous devons sortir de ce qui les engendre et les porte, le système capitaliste. L’exemple grec nous a montré que l’État et les élus – de droite comme de gauche – n’auront pour seule préoccupation que de protéger les intérêts et les privilèges des riches et des puissants, en taxant et volant toujours plus les classes populaires. Pour nous sortir de ce système d’exploitation, nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes et sur les luttes que nous saurons construire et gérer collectivement.
La Fédération anarchiste soutient la révolte du peuple grec et appelle à la grève générale dans tous les autres pays du monde pour en finir avec le capitalisme et l’État qui, depuis trop longtemps, nous exploitent et nous oppriment.

Fédération anarchiste

Tous unis contre la criminalisation du mouvement social

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Face au G8 qui s’est déroulé à Évian du 31 mai au 2 juin, de nombreux collectifs, associations, organisations et individus ont décidé d’organiser plusieurs contre-sommets à Annemasse, Genève et Lausanne. Pendant toutes les manifestations, projections, débats et concerts, nous avons pu affirmer qu’un autre monde est non seulement possible, mais nécessaire.

Après six mois de préparation, une semaine d’actions du 28 mai au 3 juin, nous considérons notre apparition comme un succès. Effectivement, malgré toute la propagande policière annonçant que des hordes sauvages allaient déferler pendant le G8, nous avons côtoyé de nombreux Annemassiens heureux de nous rencontrer (un pique-nique gratuit a été organisé au Village alternatif, anticapitaliste et anti-guerre, le VAAAG, aux frais des manifestants, pour pouvoir discuter avec les habitants).

Toutefois, nous devons continuer à nous mobiliser pour dénoncer l’attitude des forces de l’ordre présentes (police nationale, gendarmerie, CRS et armée). Celles-ci, lors de manifestations pacifiques (sit-in, blocages, déambulations festives, etc.) n’ont pas hésité à répondre violemment aux manifestants (gaz lacrymogènes, balles en caoutchouc, canons à eau, charges de CRS et matraquages ciblés). De plus, des policiers étaient infiltrés dans les rangs des manifestants pour provoquer la violence (Libération du 5 juin 2003).

Aujourd’hui, nous constatons plus d’une soixantaine d’arrestations, deux saisies importantes de matériel informatique, des contrôles de police musclés et arbitraires en retour de manifestation, l’interdiction arbitraire de trois manifestations à Lausanne et à Genève, mais aussi les pleins pouvoirs donnés à la police suisse par le maire de Genève dès le 3 juin vers 14 heures.

Plus de mille photographies et films disponibles sur le site central d’Indymedia montrent ces violences. De plus, lors d’un blocage à Lausanne, un manifestant anglais a fait une chute de 20 mètres depuis un pont. La police présente sur les lieux a reconnu avoir « malencontreusement » coupé la corde à laquelle il était suspendu (nous précisons qu’au départ elle niait tout en bloc). Il souffre actuellement d’une fracture ouverte à la jambe et de nombreuses contusions.

C’est pourquoi, nous demandons :

  • La relaxe de tous les manifestants, Blacks Blocks et casseurs arrêtés avant et pendant le contre-sommet,
  • L’abandon de toutes les poursuites engagées à leur encontre,
  • Aucune arrestation suite au contre-G8 d’Évian (contrairement à celui de Gênes),
  • Que toute la lumière soit faite quant à la chute du manifestant, bien que nous n’ayons aucune espérance en cette justice au service du capital.

Enfin, nous tenons à rappeler que lorsque plusieurs milliers de salariés se retrouvent au chômage, lorsque le gouvernement refuse d’écouter des grévistes de plus de deux mois, lorsqu’il nie leur droit de grève, lorsqu’il entretient une guerre en Côte d’Ivoire pour s’assurer de l’investissement de ses intérêts dans le cacao, lorsqu’il vend des armes à l’Irak, lorsque la police française est responsable de dizaines de bavures meurtrières chaque année, etc., c’est aussi de la violence. Et, contrairement aux casseurs, Blacks Blocks et autres, qui ne touchent qu’au matériel, l’État et les patrons n’hésitent pas à briser des individus, des espoirs, pour leurs seuls intérêts : les profits et le pouvoir.

Fédération anarchiste